Attentat du 14 juillet - Dispositif de sécurité à Nice : retour sur une longue polémique en six actes.

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Attentat du 14 juillet - Dispositif de sécurité à Nice : retour sur une longue polémique en six actes.

Message  Alain Vasseur le Dim 24 Juil 2016 - 22:32

Des critiques de la droite sur le manque de mesures prises pour lutter contre le terrorisme à la passe d'armes entre Bernard Cazeneuve et Christian Estrosi ce dimanche, retour sur une semaine émaillée de controverses.

Failles supposées dans le dispositif de sécurité, polémique autour de la suppression des images de vidéosurveillances à Nice, les accusations à l'encontre de Bernard Cazeneuve se multiplient depuis l'attentat de Nice. C'est la première fois depuis qu'il a pris ses fonctions en avril 2014, succédant à Manuel Valls, que le ministre de l'Intérieur doit faire face à une telle avalanche de critiques. Retour sur une semaine sous haute tension.

Acte I: L'opposition de droite fustige le manque de mesures prises pour lutter contre le terrorisme

Les premières accusations viennent du camp de la droite. Au lendemain de l'attaque de Nice, l'opposition reproche à l'exécutif de n'avoir pas pris les mesures nécessaires contre le terrorisme depuis les attentats de 2015. «Tout ce qui aurait dû être fait depuis dix-huit mois ne l'a pas été», déclarait trois jours après l'attentat l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy. Le soir même, le premier ministre Manuel Valls et Bernard Cazeneuve dégainent un long communiqué en réponse aux accusations portées par la droite et énumèrent toutes les mesures prises par l'exécutif ces derniers mois. À la présidente du Front National qui avait demandé sa démission, Bernard Cazeneuve répond: «C'est précisément parce qu'elle me le demande que je ne le ferai pas et je le ferai d'autant moins que Marine Le Pen n'a voté aucune loi antiterroriste».

Acte II: la polémique autour du dispositif de sécurité enfle

Parallèlement, les questions autour du dispositif de sécurité en place sur la Promenade des Anglais le soir du drame surgissent dans le débat politique. Le premier à les soulever n'est autre que Christian Estrosi, adjoint Les Républicains au maire de Nice. 36 heures après l'attentat, l'élu a évoqué un «mensonge d'État» à propos des effectifs de la police nationale présents le soir du drame. Selon lui, les policiers nationaux étaient en nombre insuffisant et les chiffres avancés par le ministère de l'Intérieur sont faux. Il réitère ses accusations quelques jours plus tard dans Nice Matin. S'ensuit une bataille de chiffres entre l'Intérieur et l'adjoint au maire de Nice, le premier maintenant qu'il y avait bien 64 policiers nationaux sur place. Le gouvernement se défend aussi en affirmant que les services municipaux étaient parfaitement au courant du dispositif de sécurité puisqu'ils avaient participé aux réunions préparatoires avec la préfecture. D'autres interrogations viennent alimenter le débat : Le «barriérage» du public était-il insuffisant? Pourquoi ce camion circulait-il malgré l'interdiction de circuler un jour férié? Y avait-il trop d'événements organisés le même jour? Pourquoi n'y avait-il pas de chicanes en béton sur la promenade?

Acte III: Libération évoque «des failles et un «mensonge»

Mais c'est surtout une enquête du journal Libération, publiée le jeudi 21 juillet, qui va déstabiliser le locataire de la place Beauvau. Photos et témoignages à l'appui, le quotidien révèle qu'une seule voiture de la police municipale barrait l'entrée de la zone piétonne de la Promenade des Anglais, où est arrivé le camion utilisé pour l'attentat de Nice. En réalité, les policiers nationaux sont postés à plus de 370 mètres plus bas, là où ont lieu des concerts. Leurs voitures, stationnées le long de la chaussée, ne pouvaient en rien empêcher le passage du camion du terroriste. Or Bernard Cazeneuve avait assuré le 16 juillet que «des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade»… À nouveau, le ministre publie un communiqué pour «s'indigner des contre-vérités» de Libération. Mais la polémique ne s'essouffle pas. Dans le camp de la droite, le président du Sénat Gérard Larcher réclame «une enquête indépendante» et Christian Estrosi une enquête de l'Inspection générale de l'administration. Pour calmer l'orage, le ministre de l'Intérieur finit par saisir la police des polices (IGPN) à qui il demande une enquête administrative sur le dispositif de sécurité. «À aucun moment il n'y a eu mensonge des autorités», assène de son côté le préfet de la région tandis que le président François Hollande promet «vérité et transparence» sur le fameux dispositif et rappelle que Bernard Cazeneuve «a toute sa confiance».




Acte IV: La justice demande de supprimer 24 heures de vidéosurveillance, la ville refuse

L'information est révélée par Le Figaro: mercredi 20 juillet, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a demandé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville de Nice d'effacer 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais. Ces vidéos sont bien entendu sauvegardées dans le cadre de l'enquête. Cette requête vise en fait à empêcher la diffusion sauvage d'images extraites de ces bandes, par respect pour les victimes. Sauf que la demande passe mal au niveau local. Vendredi, l'avocat de la ville de Nice a indiqué que la municipalité refuserait de répondre à cette demande. Pendant ce temps-là, les médias décrivent un ministre de l'Intérieur «dans la tourmente», «en pleine tempête» et «sur la sellette».

» Nice refuse d'effacer les images de vidéosurveillance de l'attentat du 14 Juillet

Acte V: Une policière niçoise dénonce des «pressions» de l'Intérieur, Cazeneuve porte plainte

Ce dimanche, le locataire de la place Beauvau s'est à nouveau retrouvé dans la tourmente. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, la responsable du centre de supervision urbain (CSU) a mis en cause le ministère de l'Intérieur. Sandra Bertin a affirmé qu'elle aurait subi des pressions de la part d'un représentant de la place Beauvau dans la rédaction de son rapport sur la soirée meurtrière du 14-juillet. Bernard Cazeneuve s'est empressé de démentir ces «graves accusations» et a annoncé qu'il portait plainte pour diffamation. «Contrairement à ce que Mme Bertin affirme, ce n'est en aucun cas ‘le cabinet du ministre de l'Intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU' ou qui aurait eu des échanges avec elle», a déclaré la place Beauvau dans un communiqué. Le garde des Sceaux, le parquet de Paris et le patron de la police ont également apporté leur soutien au ministre dans la tourmente.

Dimanche soir, Sandra Bertin, qui est également responsable du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de la Métropole et de la Ville de Nice,a maintenu ses accusations dans un reportage diffusé sur France 2. Son avocat a précisé dans la foulée qu'elle allait faire un signalement au procureur pour faux en écriture publique. Invité de la chaîne public, le ministre de l'Intérieur a quant à lui affirmé qu'il était «serein». «La justice établira la vérité que je connais. Je sais qu'aucun membre de mon cabinet n'a été en contact avec Mme Bertin».

Acte VI: Passe d'armes entre Bernard Cazeneuve et Christian Estrosi

Dans le même communiqué, Bernard Cazeneuve s'en prenait aussi à «certains élus de Nice», à qui il reproche d'alimenter des «polémiques virulentes», «chaque jour depuis le terrible attentat du 14 juillet». Charge directement adressée à Christian Estrosi qui n'a pas manqué de réagir en fin de journée: «Avec Philippe Pradal (le maire de Nice, ndlr), nous rejetons les accusations scandaleuses du ministre d'instrumentalisation des propos d'un agent dans un contexte aussi terrible», a-t-il clamé sur Twitter.



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[ltr]Avec @p_pradal ns rejetons les accusations scandaleuses du ministre d'instrumentalisation des propos d'1 agent ds un contexte aussi terrible[/ltr]








17:50 - 24 Juil 2016





Toujours sur le réseau social, il a assuré que la municipalité avait découvert les propos de la policière dans le JDD. Cette dernière devra produire «l'ensemble des preuves dont elle dispose devant la justice», a écrit de son côté la municipalité dans un communiqué.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/24/01016-20160724ARTFIG00127-dispositif-de-securite-a-nice-retour-sur-une-polemique-en-cinq-actes.php

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/24/01016-20160724ARTFIG00073-cazeneuve-porte-plainte-apres-les-accusations-d-une-policiere-nicoise.php


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/07/24/97001-20160724FILWWW00177-la-policiere-de-nice-maintient-ses-accusations-contre-l-interieur.php


http://www.bfmtv.com/societe/attentat-de-nice-comprendre-la-polemique-autour-de-la-videosurveillance-1018821.html


http://www.bfmtv.com/societe/nice-la-policiere-qui-accuse-l-interieur-va-reveler-l-identite-de-la-personne-qui-l-aurait-harcelee-1018847.html


Dernière édition par Alain Vasseur le Mer 7 Juin 2017 - 17:55, édité 1 fois
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Attentat de Nice : le dispositif de sécurité était «adapté», assure l'IGPN.

Message  Alain Vasseur le Mer 27 Juil 2016 - 22:23

L'Inspection générale de la police nationale a rendu mercredi au ministre de l'Intérieur le rapport de sa «mission technique d'évaluation». Un document qui «ne saurait être suffisant» pour Christian Estrosi.

Objet de vives polémiques, le dispositif de sécurité sur la promenade des Anglais à Nice le soir de l'attentat du 14 juillet a fait l'objet d'une «mobilisation adaptée des effectifs»: telle est la conclusion de la «mission technique d'évaluation» de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) commandée par le ministère de l'Intérieur le 21 juillet.


Assurant que les polémiques «sont le fruit d'une mauvaise compréhension et interprétation des informations», sa directrice, Marie-France Moneger-Guyomarc'h, a confirmé le nombre de policiers nationaux (64) et municipaux (42) déployés pour l'occasion. Comme le souligne le rapport, il était acté que la police municipale était chargée des points de barrage à la circulation (Gambetta et Ile de Beauté) et la police nationale de trois points de contrôle (Meyerbeer, Verdun et Phocéens) délimitant la «Prom' party», zone dans laquelle circulaient aussi des policiers en patrouille.


«Il était donc normal de trouver à 21 heures à l'angle de la rue Gambetta et de la promenade des Anglais, deux policiers municipaux devant un barrage qui déviait la circulation», a considéré la cheffe de la «police des polices». «Traditionnellement la police municipale participe au défilé dans l'après-midi et les défilants sont invités à la garden-party du maire. Ce sont les policiers nationaux qui assurent pendant ce temps-là les points de circulation sur le périmètre des festivités et ils sont relevés à partir de 20h30 par les policiers municipaux qui reprennent leur mission de circulation», a-t-elle ajouté .


Le renfort de deux unités mobiles refusées



«En ce mois de juillet 2016, aucune cible n'a été signalée par le service du renseignement territorial, ni lors des réunions préparatoires au défilé, ni lors des réunions quotidiennes tenues par le DDSP, précise le document de l'IGPN. Dès lors, le dispositif a été bâti sur la base d'une appréciation globale de la menace terroriste privilégiant l'hypothèse d'agresseurs piétons et armés s'en prenant à la foule.» Par ailleurs, note le rapport, «les quatre réunions préparatoires ont permis aux différents acteurs d'acquérir une connaissance partagée et complète des dispositifs projetés» précisant que «la mairie y était associée et représentée».


«Quant à un possible forcement du dispositif par un véhicule bélier, ni la nature de l'événement ni la configuration des lieux, ni alertes d'aucune sorte, n'ont conduit la préfecture, la DDSP et la mairie à travailler sur cette hypothèse», a insisté la police des polices.


Le rapport révèle en outre que, dès le 27 juin, la préfecture avait demandé en vain le renfort de deux unités de forces mobiles, l'une au profit du district de Cannes, l'autre de Nice.


Les cinq unités de forces mobiles disponibles dans la région avaient été réparties à Marseille en raison de «risque de violences urbaines dans les quartiers nord», à Toulouse pour les «mêmes motifs de troubles à l'ordre public», à Montpellier «départ de la 12ème étape du Tour de France ce 14 juillet», à Carcassonne où «500.000 spectateurs attendus pour «l'embrasement» de la ville» et ainsi qu'à Avignon où se tient le festival.


«Pour compenser, le directeur départemental de la sécurité publique a augmenté les effectifs prévus de 20 unités» soit «par rapport à l'année passée, 50% supplémentaires», selon l'IGPN.


La «police des polices» a rencontré des «interlocuteurs très marqués par les événements» et qui «vivent très mal les polémiques» comme «une mise en cause injustifiée».


Rapport «insuffisant» selon Estrosi



Mercredi, le président (LR) de la région Paca, et 1er adjoint au maire de Nice, Christian Estrosi, et le maire de la ville, Philippe Pradal, ont jugé mercredi que le rapport de l'IGPN sur le dispositif policier déployé le 14 juillet à Nice «ne saurait être suffisant», déplorant «des questions qui demeurent». «Ce rapport n'est pas de nature à répondre aux questions qui restent en suspens et à notre volonté d'obtenir la manifestation de la vérité, a martelé l'élu. (...) Cette enquête (...) ne saurait être suffisante pour répondre aux interrogations légitimes des familles des victimes», ont déclaré l'ancien édile et le maire de Nice dans un communiqué commun.


«Lors d'une conférence de presse le 21 juillet dernier, soit sept jours après le drame, le Préfet des Alpes-Maritimes a indiqué que 39 effectifs de Police nationale étaient présents au moment de l'attentat, contredisant ce rapport de l'IGPN et les propos du ministre tenus le soir de l'attentat qui «évoquait 64 agents mobilisés sur zone», rappellent les deux élus niçois. Ces derniers interrogent: «Pourquoi le ministre a indiqué que nous avions validé le dispositif alors même que nous ne connaissions ni le nombre d'effectifs mobilisés, ni l'état de la menace qui n'était d'ailleurs pas non plus connue des services de l'État comme le révèle ce rapport?»
Dimanche, la chef du service pilotant la vidéosurveillance à la police municipale de Nice, Sandra Bertin, a également affirmé avoir subi des pressions du ministère de l'Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet.


Deux enquêtes ont été ouvertes par la justice après ces accusations: l'une à Nice pour «abus d'autorité» après la plainte de cette policière, l'autre à Paris pour «diffamation» après celle du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/27/01016-20160727ARTFIG00353-14-juillet-dispositif-adapte-a-nice-assure-l-igpn.php
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Alain Vasseur

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Attentat de Nice : les déclarations de la policière corroborées par des témoignages .

Message  Alain Vasseur le Jeu 28 Juil 2016 - 22:25

LE MONDE | 28.07.2016 à 12h06 • Mis à jour le 28.07.2016 à 17h42 | Par Julia Pascual


Le parquet de Nice a ouvert, mardi 26 juillet, une enquête préliminaire pour abus d’autorité, sur la base des déclarations de Sandra Bertin, la policière municipale qui dit avoir subi des pressions du ministère de l’intérieur pour changer son rapport sur la nuit du 14 juillet. Le Monde a pu consulter des attestations transmises à la justice qui corroborent la version de Mme Bertin.



« Je l’ai entendue dire je ne mettrai pas ce que je n’ai pas vu aux écrans », atteste ainsi une personne en fonction au centre opérationnel de commandement (COC) de Nice, qui héberge les écrans de vidéosurveillance du centre de sécurité urbaine.


Un autre membre du COC témoigne : « Le 15 juillet vers 15 h 30, je me trouvais en salle vidéo avec notre responsable, Sandra Bertin, lorsque son adjoint vient la chercher en salle vidéo, en lui disant qu’un commissaire de police venait la voir et qu’il était envoyé par le cabinet du ministère de l’intérieur. »


« Divergence d’opinion »



Sandra Bertin a déclaré que ce commissaire de la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, ainsi que le commandant qui l’a rapidement remplacé, lui ont relayé des ordres émanant de quelqu’un se revendiquant du cabinet ministériel au téléphone. Démentant les faits, Bernard Cazeneuve a porté plainte en diffamation mardi 26 juillet.

Il apparaît aujourd’hui que la personne au bout du fil était une commissaire de l’état-major de la direction centrale de la sécurité publique à Paris, l’une des directions centrales de la police nationale. Elle souhaitait obtenir un rapport sur le déroulé de l’attaque tel qu’il ressortait de l’exploitation de la vidéosurveillance. Cette procédure, qui vise à produire une note à l’attention du directeur général de la police, est sur le principe tout à fait normale.


Mais, étayant les déclarations de Mme Bertin, un employé municipal présent ce jour-là, se souvient : « Le fonctionnaire souhaitait obtenir le rapport de Sandra Bertin dans les meilleurs délais et souhaitait également y voir figurer des indications qu’il soumettait au fonctionnaire de police municipale (…), j’ai rapidement compris qu’il y avait divergence d’opinion sur la façon de rédiger le document. »


« Dans le brouillard »



Un cadre de la police rappelle le contexte de tension, voire de confusion qui règne ce jour-là : « On est quelques heures après l’attentat, tout le monde est dans le brouillard. La demande est urgente. » La commissaire de la DCSP aurait souhaité que le rapport fasse apparaître deux points de présence de la police nationale sur la promenade des Anglais. D’après nos informations, il s’agirait des intersections avec le boulevard Gambetta et la rue Meyerbeer.


Or, Mme Bertin ne visualise pas ces effectifs et refuse de les inscrire. La raison tient en deux points. D’abord, à partir du moment où l’alerte est donnée, les caméras se mettent à suivre la progression du camion. Or celle-ci s’effectue sur le trottoir dès après son arrivée sur la promenade par la rue Fabron, au niveau de l’hôpital Lenval. Pour cette raison, les images exploitées par Mme Bertin ne montrent pas les dispositifs policiers qui, eux, sont installés sur la chaussée.


Le rapport de la policière municipale, diffusé par la police auprès de la presse, ne fait pas apparaître ces barrages. En revanche, la note du 15 juillet émanant de la direction générale de la police nationale en évoque un au niveau de la zone piétonne. La note dit : « Il ressort de l’exploitation des images de vidéoprotection de la ville que (…) le chauffeur est obligé de se déporter sur le trottoir pour contourner les barrières qui obstruent les voies. » La note dit aussi que « l’angle de l’unique caméra orientée sur le barrage en question ne permet pas de voir la réaction de l’équipage présent ».

Comment une note censée être issue de l’exploitation des images de vidéosurveillance peut contredire le rapport effectué sur la base de ces images par la responsable de la vidéosurveillance ? On sait aujourd’hui que ce qu’énonce la note est faux. En effet, des policiers nationaux ont bien tenu des points de barrage dans la journée du 14 juillet mais, quand Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonce sur la foule, ce sont des policiers municipaux qui sont présents.


La haute fonctionnaire parisienne était-elle trop pressée pour l’entendre ? On peut penser aujourd’hui que c’est sur la base de sa note que les autorités de l’Etat ont communiqué les premiers jours qui ont suivi l’attentat, prêtant le flanc à des accusations de mensonge. Qui continuent de prospérer.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/07/28/attentat-de-nice-les-declarations-de-la-policiere-corroborees-par-des-temoignages_4975819_1653578.html#zoRL166QYDHJmHli.99



http://www.marianne.net/nice-les-dessous-attaque-contre-cazeneuve-reponse-igpn-100244706.html



http://www.atlantico.fr/pepites/attentat-nice-temoignages-soutiennent-version-policiere-municipale-2777703.html
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Alain Vasseur

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Attentat de Nice : une enquête de la police judiciaire contredit la version officielle.

Message  Alain Vasseur le Ven 30 Sep 2016 - 12:00

Un procès-verbal établi par la sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire concernant l'attentat du 14 juillet à Nice contredit la version des autorités, selon Quotidien diffusée par la chaîne française TMC. L'émission de Yann Barthès révèle également que ce ne sont pas les policiers qui ont entravé la course du camion, mais que le véhicule a calé.



Dans son édition du jeudi 29 septembre, Quotidien révèle de nouveaux éléments sur l’attentat perpétré par Mohamed Lahouaiej Bouhlel le 14 juillet, sur la promenade des Anglais, à Nice. Quatre-vingt-six personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées par la course d’un camion de 19 tonnes lancé dans une foule venue assister au feu d’artifice. 

Quotidien affirme que ce n’est pas l’intervention des policiers qui a mis un terme à la tuerie. C’est «un fait extérieur qui met fin à la course folle du camion», explique l’émission. Le rapport de la Sdat indique en effet que le camion s’arrête car il «cale». Quarante-trois secondes plus tard, les policiers «se trouvent derrière le camion». C’est à ce moment-là, seulement, que Mohamed Lahouaiej Bouhlel est abattu dans la cabine. Pour établir ce rapport, les enquêteurs se sont appuyés sur l’exploitation des images de vidéosurveillance, qu’ils ont saisies dans le cadre d’une réquisition judiciaire. 

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait déclaré que le poids lourd conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel qui avait commis l’attentat sur la promenade des Anglais avait été freiné par les autorités, permettant ainsi de "mettre un terme à sa course meurtrière", alors que le rapport révélé par la chaîne estime qu’un événement extérieur avait joué en faveur des forces de l'ordre. 

À "22 heures 34 minutes et 28 secondes", un véhicule de la police, sirène hurlante, monte sur la chaussée pour prendre en chasse le camion, mais très vite, la voiture des forces de l'ordre est bloquée par des personnes qui fuient la scène de crime, explique la même source, ajoutant que "la progression des policiers n'est donc pas aisée, devant 'zigzaguer' entre les personnes apeurées et blessées". 

"À 22 heures 34 minutes et 45 secondes : le véhicule de police est derrière le fourgon à une distance d'environ 60 mètres, bloqué", constate le rapport qui explique qu'un événement extérieur va jouer en faveur des forces de l'ordre. 

"À 22 heures 35 minutes et 46 secondes, constatons que le camion terroriste cale. Il ne repartira plus", poursuit le rapport, notant que l'incident technique permettra aux policiers d'atteindre le camion 43 secondes plus tard et de s'engager dans une fusillade avec le terroriste. Celle-ci durera 1 minute 15. "À 22 heures 37 minutes et 44 secondes, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est abattu par les policiers", conclut la sous-direction anti-terroriste. 



http://www.atlasinfo.fr/Attentat-de-Nice-une-enquete-de-la-police-judiciaire-contredit-la-version-officielle_a75684.html



http://www.leparisien.fr/faits-divers/attentat-de-nice-des-familles-reclament-une-nouvelle-information-judiciaire-30-09-2016-6164099.php
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Attentat à Nice : la policière qui a évoqué des «pressions» sera jugée pour diffamation.

Message  Alain Vasseur le Ven 28 Oct 2016 - 3:56

Sandra Bertin, la dirigeante du Centre de supervision urbain de Nice, qui accuse le ministère de l’Intérieur de lui avoir demandé de modifier son rapport sur le dispositif policier déployé le soir de l’attentat, comparaîtra le 4 janvier à Paris.

La responsable du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, qui affirme avoir reçu des «pressions» de la part du ministère de l’Intérieur pour qu’elle change son rapport suite à l’attentat du 14 juillet à Nice, a été appelée à comparaître devant la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris le 4 janvier. Elle devra répondre de «diffamation», rapporte le journal d'information local Nice Matin.

https://francais.rt.com/france/28179-attentat-nice-policiere-pressions-jugee-diffamation


http://www.nicematin.com/faits-divers/la-policiere-municipale-qui-avait-denonce-des-pressions-apres-lattentat-de-nice-sera-jugee-le-4-janvier-pour-diffamation-89279


http://www.nicematin.com/faits-divers/si-vous-navez-rien-suivi-a-la-polemique-autour-de-sandra-bertin-la-policiere-municipale-67297
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Attentat de Nice. La policière municipale jugée en diffamation en juin.

Message  Alain Vasseur le Mer 4 Jan 2017 - 16:03

La policière municipale de Nice, Sandra Bertin, sera jugée le 7 juin en diffamation. Cette dernière a affirmé avoir subi des pressions pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité après l’attentat du 14 juillet à Nice, a décidé ce mercredi le tribunal correctionnel de Paris.


Dans les jours qui ont suivi l’attentat, qui a fait 86 morts sur la promenade des Anglais, où Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait foncé avec son camion dans la foule, une polémique avait éclaté au sujet du dispositif de sécurité mis en place ce jour-là. Elle opposait l’ex-député-maire de Nice Christian Estrosi au gouvernement.


La responsable du Centre de supervision urbain de la ville de Nice, Sandra Bertin, avait accusé un« commissaire de police », envoyé selon elle par le ministère de l’Intérieur, et une autre personnelui ayant dit au téléphone faire partie du cabinet ministériel, de lui avoir demandé « de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale » et de rédiger un rapport « modifiable ».


Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, avait lancé des poursuites en diffamation.


Un dispositif pas sous-dimensionné



Après l’audience de procédure lors de laquelle a été fixée la date du procès, Mme Bertin a déclaré qu’elle maintenait ses dires.


Le rapport de trois pages de Mme Bertin affirme que le camion du djihadiste est monté sur le trottoir avant le périmètre piéton, sans « aucune présence policière ». Un rapport de la police nationale assure à l’inverse qu’il a voulu éviter un « barrage » de policiers nationaux.


Face à la polémique, Bernard Cazeneuve avait demandé un rapport à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a conclu que le dispositif n’était pas sous-dimensionné.


http://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/attentat-nice/attentat-de-nice-la-policiere-municipale-jugee-en-diffamation-en-juin-4716959



https://francais.rt.com/france/31770-policiere-nicoise-qui-affirmait-avoir-subi-pressions-apres-14-juillet-tribunal
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Attentat de Nice : Sandra Bertin maintient ses accusations.

Message  Alain Vasseur le Lun 9 Jan 2017 - 19:27

Au lendemain de l’attentat du 14 juillet à Nice, Sandra Bertin, à la tête de la vidéosurveillance de la ville, avait affirmé avoir subi des pressions de la part du ministère de l’Intérieur dans le cadre de la rédaction de son rapport sur le dispositif de sécurité déployé sur la Promenade des Anglais, où avait eu lieu l’attaque. Une déclaration qui avait provoqué une vive polémique puisque Bernard Cazeneuve avait porté plainte pour diffamation. Le procès se tiendra le 7 juin prochain. Mais la policière vient d’apprendre que la plainte qu'elle avait déposée pour abus d’autorité a été classée sans suite par le procureur de Nice. Entretien.

Comment jugez-vous la décision du procureur de Nice de classer sans suite votre plainte pour abus d’autorité ?

Je ne suis guère surprise. Nous savons tous que si la magistrature assise dispose d’une liberté quasi-totale, concernant la magistrature debout, c’est un peu plus délicat. C’est pourquoi dans les plus brefs délais nous saisirons un juge d’instruction qui pourra instruire à charge et à décharge avec toute la latitude que cette enquête devrait nécessiter.


Subissez-vous des pressions encore aujourd’hui ?

Les pressions que j ai pu subir, je les ai dénoncées. Je qualifie cette plainte (la plainte déposée par le ministre de l’Intérieur pour diffamation) déposée à mon encontre comme le paroxysme des pressions menées post-attentat. D’ailleurs, rappelons que le parquet de Paris avait classé cette plainte et que c’est dans le cadre d’une citation directe que je comparais devant les tribunaux parisiens.

Que pensez-vous de la première audience qui a eu lieu la semaine dernière où l’on a annoncé l’ouverture du procès au 7 juin ?

Je ne pense rien de particulier concernant cette audience qui était une audience de procédure. En revanche les nombreux fourgons de CRS prévus pour encadrer la manifestation de soutien (manifestation qui a d’ailleurs fait l’objet d une interdiction devant le tribunal), je ne vous dirai pas ce que j’en pense car je vais être désagréable… Quand on sait que selon l’IGPN, une manifestation de 30 000 personnes n’a visiblement pas un dispositif sous dimensionné lorsqu’aucune force mobile n’est affectée sur place… J’ai toutefois pu parler avec les agents (CRS) qui m’ont assuré de leur soutien et qui semblaient navrés de s’être vus confier cette mission.

Dans quel état d’esprit aborderez-vous le procès ?

J’aborderai le procès d’une manière tout à fait sereine. Je déplore que le ministre ait pu se sentir atteint par la réalité que j’ai relatée et qu’il se soit senti visé personnellement.

Etes-vous soutenue par la profession ?

Concernant les soutiens, je suis soutenue par la police municipale, de nombreux agents de la police nationale et un nombre incalculable de citoyens qui a conscience que lorsqu’on occupe un poste comme le mien, avec les responsabilités que cela implique, on ne s’amuse pas à parler à tort et à travers.

Vous êtes toujours en poste ?

Oui je suis toujours en poste.

Qu’est-ce que cette affaire a changé pour vous ?

Cette affaire a changé ma façon de voir les choses et d’aborder la vie d’une manière générale. A vie, je serai marquée par les horreurs que j’ai vues, et à vie je serai marquée par ce que l’on a fait ensuite, par ce que l’on a essayé de me faire dire ou faire.

Qu’attendez-vous du procès ?

J’attends du procès et d’une manière générale des affaires en cours d’instructions, que la vérité soit révélée. Les Français ont droit à la vérité, les Niçois ont le droit de savoir.

Maintenez-vous qu’un haut-fonctionnaire du ministère soit intervenu auprès de vous au lendemain de l’attentat ?

Je maintiens absolument tout ce que j’ai dit.

Avez-vous donné son nom ?

J’ai donné les noms à la Justice dans le cadre de mon signalement.


http://www.lagazettedescommunes.com/480438/attentat-de-nice-sandra-bertin-maintient-ses-accusations/
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Alain Vasseur

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Attentat du 14 juillet : la policière municipale Sandra Bertin jugée pour diffamation.

Message  Alain Vasseur le Mer 7 Juin 2017 - 16:16

Par Marion Chantreau, France Bleu Azur et France BleuMercredi 7 juin 2017 à 11:06

La policière municipale de Nice qui affirme avoir subi des pressions pour modifier son rapport sur le dispositif policier mis en oeuvre le soir de l'attentat du 14 juillet à Nice est jugée ce mercredi pour diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris.

Sandra Bertin comparait devant le tribunal correctionnel de Paris, suite à une plainte déposée par l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, et par l'administration de la police nationale. Elle est poursuivie pour des propos publiés dans le journal du Dimanche, le 24 juillet 2016, sous le titre : "On m'a mise en ligne avec la place Beauvau". La responsable du Centre de Supervision Urbain de la ville de Nice raconte avoir été harcelée par un membre du cabinet du ministère de l'Intérieur, afin qu'elle mentionne dans son rapport la présence de policiers nationaux. Présence qu'elle ne voyait pas sur la vidéo-surveillance.

J'ai eu affaire à une personne pressée qui m'a demandé de bien préciser que l'on voyait la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité (...) or la police nationale était peut-être là mais elle ne m'est pas apparue sur les vidéos"

Elle affirme également qu'on lui a demandé d' envoyer une version "modifiable" de son rapport.

Parole contre parole


Basile Ader, avocat de Bernard Cazeneuve affirme qu'il s'agit d'un mensonge, "elle n'a jamais reçu l'ordre d'écrire autre chose que ce qu'elle a vu." L'avocat fera citer à la barre de nombreux policiers nationaux. Pas de quoi effrayer Sandra Bertin qui maintient avoir subi des pressions. Son avocat Adrien Verrier a lui aussi des témoins et preuves à l'appui.

Les délits de diffamation envers un dépositaire de l'autorité publique ou une administration sont passibles de 45 mille euros d'amende au maximum.

Un rassemblement de policiers en soutien à Sandra Bertin est prévu ce mercredi à partir de 18 heures devant le tribunal de Grande Instance de Paris. Par ailleurs, la policière municipale, qui estime avoir été victime d' "abus d'autorité", a déposé plainte, en se constituant partie civile, pour demander à un juge d'instruction de mener une enquête indépendante. Sandra Bertin est aujourd'hui toujours en poste au Centre de supervision urbain de Nice.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/attentat-du-14-juillet-la-policiere-municipale-sandra-bertin-jugee-pour-diffamation-1496826363

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/07/01016-20170607ARTFIG00096-securite-du-14-juillet-a-nice-la-policiere-municipale-sandra-bertin-devant-la-justice.php



http://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/attentat-nice/attentat-de-nice-la-policiere-sandra-bertin-jugee-pour-diffamation-5045758



http://www.nicematin.com/justice/le-proces-de-sandra-bertin-en-correctionnelle-sest-ouvert-a-paris-ce-mercredi-143917
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Un ancien gendarme soutient la policière municipale Sandra Bertin.

Message  Alain Vasseur le Mer 7 Juin 2017 - 23:10

Publié le 07/06/2017 à 22:53


Jean-François Ona, avant-dernier témoin du procès de Sandra Bertin, poursuivi pour diffamation par l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a apporté un soutien appuyé à la jeune femme.

Cet ancien officier de gendarmerie, le 15 juillet 2016, a été témoin de l'agacement de Sandra Bertin. "Je ne marquerai pas ce que je ne vois pas, disait-elle à son interlocutrice", rapporte le témoin. L'interlocutrice étant une commissaire de la direction centrale de la sécurité publique.

"La thèse de la manipulation m'a traversé l'esprit", poursuit Jean-François Ona, proche de Christian Estrosi. "Je ne comprends toujours pas la démarche de ces policiers, ce jour-là au Centre de supervision urbain. Ils n'agissaient pas dans le cadre d'une enquête judiciaire mais pour une remontée administrative d'informations."

http://www.nicematin.com/justice/un-ancien-gendarme-soutient-la-policiere-municipale-sandra-bertin-poursuivie-pour-diffamation-par-bernard-cazeneuve-143971
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Le procès de Sandra Bertin, jugée pour diffamation, interrompu ce mercredi soir.

Message  Alain Vasseur le Mer 7 Juin 2017 - 23:13

Publié le 07/06/2017 à 18:31


La policière municipale niçoise comparaît depuis ce mercredi 7 juin au tribunal correctionnel de Paris. Son procès, censé duré deux jours, est interrompu et reprendra le 16 juin.

Le procès de la policière Sandra Bertin sera interrompu ce mercredi soir, une fois que l'ensemble des témoins sera entendu. Il reprendra le 16 juin avec les plaidoiries. 

La procédure était censée durer deux jours. Certains avocats, n'étant pas au courant, ont d'autres obligations demain, jeudi 8 juin. 

http://www.nicematin.com/justice/le-proces-de-sandra-bertin-jugee-pour-diffamation-interrompu-ce-mercredi-soir-143949



Attentat de Nice : jugée pour diffamation, la policière Sandra Bertin maintient sa version

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/attentat-nice-jugee-diffamation-policiere-sandra-bertin-maintient-sa-version-1268909.html
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Attentat de Nice : au tribunal, huiles nationales contre police municipale.

Message  Alain Vasseur le Ven 9 Juin 2017 - 3:47

Par Sylvain Mouillard, Photos Marc Chaumeil — 8 juin 2017 à 20:16


Sandra Bertin, responsable de la vidéosurveillance de la ville, comparaissait mercredi, accusée de diffamation par l’ex-ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Elle avait déclaré que Beauvau lui avait demandé de modifier son rapport sur le dispositif de sécurité du 14 Juillet.



Et soudain, Vladimir Ilitch Oulianov fit irruption à la barre. Il est 23 heures, mercredi, à la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée dans les délits de presse. Depuis la mi-journée, cette dernière tente de déterminer si Sandra Bertin, policière municipale niçoise, a diffamé Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, en affirmant que les services de la place Beauvau ont fait pression sur elle le 15 juillet 2016, au lendemain de l’attentat de Nice. Les faits sont graves. Dans une interview publiée par le Journal du dimanche le 24 juillet, Bertin soutient que le ministère de l’Intérieur lui a demandé de modifier son rapport sur la course meurtrière du camion conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, insistant notamment pour détailler l’ampleur du dispositif de sécurité, ce qu’elle s’est refusée à faire, faute d’éléments.


Une jeune femme élancée s’avance à la barre. Elle s’appelle Myriam Benrahla, et c’est un témoin clé. Commissaire à la Direction centrale de la sécurité publique, à Paris, elle a commandé le fameux rapport à Bertin. «La confiance n’exclut pas le contrôle», lâche-t-elle d’un air assuré. Lénine convoqué pour défendre Cazeneuve, on se pince. En une heure, la toile patiemment tissée par le camp de l’ancien ministre de l’Intérieur s’étiole peu à peu. Le tableau d’une incompréhension s’estompe face à cette femme sûre d’elle-même, voire autoritaire. Pendant qu’on l’interroge, Benrahla trépigne, soupire, s’agace. Pour elle, le 15 juillet était une journée «ordinaire». Les 86 morts et plus de 450 blessés sur la promenade des Anglais ne semblent pas avoir affecté son professionnalisme : «J’ai l’habitude de gérer les crises et de travailler dans l’urgence.» Elle dit être habituée à traiter avec la «province», affirme qu’en général tout se passe bien, de manière «professionnelle». Mais ce jour-là, elle a l’impression que Sandra Bertin est «dépassée».«J’ai été très précise, très pédagogue, j’ai pris sur moi en lui parlant directement [à Bertin]. Si elle n’a pas compris, c’est son problème.» Myriam Benrahla regrette que la fonctionnaire niçoise ait décidé de donner une interview au JDD, estimant que les «griefs et malentendus peuvent se régler autrement que par une conférence de presse, notamment par la voie hiérarchique».


«Rien à nous reprocher ou à cacher»



La hiérarchie policière, justement, est largement présente à l’audience. Cités comme témoins par l’avocat de Bernard Cazeneuve et de la police nationale, ils défilent à la barre et font le récit, dans leur jargon caractéristique, de cette journée du 15 juillet. Tous parlent d’une procédure «classique» de «remontée d’informations» pour «objectiver» le déroulement de la soirée de l’attentat. Ils avouent ne pas comprendre la «polémique» avec la police municipale de Nice, avec laquelle, assurent-ils en chœur, le partenariat est d’ordinaire «fluide». Les parties civiles n’ont pas lésiné sur les moyens. Outre le commissaire et le commandant envoyés auprès de Bertin le lendemain des faits, plusieurs pontes défilent. Pascal Lalle, directeur central de la sécurité publique ; Marcel Authier, responsable de la sécurité publique dans les Alpes-Maritimes à l’époque (et désormais directeur de l’Institut national de police scientifique) et Patrick Strzoda, alors directeur de cabinet de Cazeneuve, qui occupe désormais le même poste auprès d’Emmanuel Macron. L’homme a quitté l’Elysée quelques dizaines de minutes pour venir témoigner. Son rôle, dans les jours suivant l’attentat, fut d’assurer la «logistique». Il certifie n’avoir donné aucune «instruction» pour la rédaction d’un rapport orienté. Même position chez Authier : «Nous n’avons rien à nous reprocher ou à cacher sur le dispositif de sécurité.» Il balaie les soupçons de manipulation, dans lesquels il ne voit «aucune vérité».


Dans le camp d’en face, on a aussi convoqué plusieurs témoins. Parmi eux, des petites mains de la police municipale niçoise, à l’image d’Olivia Cestari, agente au Centre de surveillance urbain (CSU), le lieu où sont traitées les images des quelque 1 700 caméras de vidéosurveillance de la ville. Agée de 24 ans, la jeune femme à la voix chevrotante est la première à livrer sa déposition. Suivent Sauveur Di Pasquale, numéro 2 de Bertin au CSU, puis Jean-Michel Truglio, patron de la police municipale niçoise, dont on apprend qu’il a suivi la polémique de loin, puisqu’il est parti en vacances en Sicile deux jours après le drame.


Tous sont interrogés sur l’après-midi du vendredi 15 juillet. La veille, les festivités sur la promenade des Anglais ont, sur les coups de 22 h 30, basculé dans l’horreur. Sandra Bertin, comme nombre de ses collègues, a passé une nuit blanche, revisionnant dans son bureau du 4e étage les embardées meurtrières du 19-tonnes conduit par le terroriste. Le vendredi, vers 15 h 30, elle est de nouveau sollicitée. Un commissaire se présente au CSU. L’homme s’appelle Frédéric Le Pollozec, il est envoyé par sa supérieure à la direction départementale de la sécurité publique. Quelques minutes auparavant, celle-ci a reçu un appel de Paris. Au bout du fil, Myriam Benrahla, à qui son chef vient de passer une «commande». Objectif de la mission : recueillir le maximum d’éléments sur le franchissement des barrages de police par le camion-bélier et sur le déploiement des forces de l’ordre ce soir-là. L’affaire est sensible. Christian Estrosi, alors président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, n’a pas tardé à mettre en cause le gouvernement après l’attentat, notamment sur les effectifs déployés. Par ailleurs, une rumeur se répand sur les réseaux sociaux. Lahouaiej Bouhlel aurait passé un contrôle policier en affirmant aller livrer des glaces sur la «Prom». Pour Benrahla, le délai est serré : on lui donne une heure pour rédiger une note, qui sera ensuite transmise aux responsables de la police nationale et, in fine, à Cazeneuve. Le choix est fait de se rendre au CSU, où les policiers municipaux sont loués pour leur dextérité dans le maniement des images de vidéosurveillance.


«Agacée»



Comment le commissaire-émissaire Le Pollozec se présente-t-il auprès de Bertin ? L’enjeu est crucial, car c’est ce qui a alimenté les déclarations tonitruantes de l’agente niçoise au JDD, dans lequel elle martelait : «Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la Place Beauvau. […] J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran.»


A l’audience, Bertin nie avoir parlé du «cabinet du ministre», mais bien du «cabinet du ministère». Le Pollozec, lui, dément : «Il n’y avait aucune ambiguïté sur ce point, je me suis présenté comme venant de la part de la direction départementale de la sécurité publique», explique-t-il. Avant de jeter un certain trouble : «J’ai dû dire que je venais pour un rapport destiné à nos plus hautes autorités.» Sur ce point sémantique, néanmoins essentiel pour la plainte en diffamation, les versions continuent à s’opposer.


En revanche, la plupart des protagonistes interrogés en conviennent : les échanges entre Paris et Nice sont houleux. Entre 15 h 54 et 18 h 26, Benrahla passe pas moins de 13 coups de fil à ses émissaires. Soumise à sa propre deadline, elle se fait «pressante, autoritaire», selon Bertin, qui lui parle une fois directement. Le commandant Nicolas Chpiliotoff, envoyé pour prendre le relais de Le Pollozec, confirme ce stress latent : «Mme Bertin montrait un certain agacement au fur et à mesure, d’autant qu’elle avait dû regarder plusieurs fois le visuel de l’attentat.» D’autres témoins appuient : «En milieu d’après-midi, j’ai vu Sandra dans son bureau, avec un téléphone à la main. Elle était très agacée et m’a dit qu’elle était en ligne avec une personne du ministère de l’Intérieur. On lui demandait de modifier ce qu’elle voyait sur les écrans», affirme Jean-Michel Truglio, le patron de la police municipale. «J’ai entendu Mme Bertin dire qu’elle ne mettrait pas ce qu’elle n’a pas vu à l’écran», complète Olivia Cestari. Deux agents du renseignement intérieur, présents dans la pièce, font un récit plus nuancé : «Mme Bertin est montée peu à peu en pression, elle ne parvenait pas à se concentrer. Le téléphone sonnait toutes les cinq à dix minutes», raconte «U01», anonymisé, aux enquêteurs. Son collègue, U02, détaille : «Il est manifeste que le commandant était soumis à l’insistance de son interlocutrice, qu’il recevait des instructions.»


Version modifiable



Vers 17 h 30, Bertin n’y tient plus. «Vous me cassez les couilles», explose-t-elle, avant de mettre Chpiliotoff à la porte. Le rapport est envoyé par mail à 17 h 36 dans une version Word modifiable, à la demande de Benrahla, pour «faciliter les copier-coller». Bertin, méfiante, double le mail d’une version PDF, non modifiable. Derrière son ordinateur à Beauvau, Benrahla n’est pas satisfaite. Le document ne répond pas suffisamment à son goût à la question sensible des effectifs policiers. Dans la foulée, elle s’en inspire largement pour rédiger une note transmise à sa chaîne de commandement. Mais le dernier paragraphe va beaucoup plus loin que le rapport de Bertin. On y lit notamment : «L’angle de l’unique caméra orientée sur le barrage en question ne permet pas de voir la réaction de l’équipe PN [police nationale, ndlr] présente. L’exploitation des autres caméras ne permet pas de distinguer précisément ledit barrage mais permet toutefois d’apercevoir le gyrophare du véhicule de l’équipage qui tient le point.»


En réalité, aucun équipage de police nationale ne «tient le point» situé à l’angle du boulevard Gambetta, où débute la zone piétonne, comme le révélera Libération quelques jours plus tard. Le 16 juillet, Cazeneuve, sur le perron de l’Elysée, assure pourtant que «des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des Anglais». L’audience, à laquelle l’ex-ministre de l’Intérieur n’a pas assisté, se poursuivra vendredi prochain, avec les réquisitions et les plaidoiries.


Sylvain Mouillard Photos Marc Chaumeil


http://www.liberation.fr/france/2017/06/08/attentat-de-nice-au-tribunal-huiles-nationales-contre-police-municipale_1575467



http://www.lci.fr/justice/en-direct-attentat-de-nice-suivez-le-proces-pour-diffamation-de-sandra-bertin-la-policiere-municipale-avec-notre-live-tweet-2054480.html
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Attentat de Nice - Relaxe requise pour Sandra Bertin.

Message  Alain Vasseur le Ven 7 Juil 2017 - 20:00


  • Par Le Figaro.fr avec AFP


La procureur a requis ce vendredi la relaxe au bénéfice de la bonne foi de la policière municipale Sandra Bertin, qui a reproché au ministère de l'Intérieur de l'avoir harcelée pour modifier un rapport sur l'attentat de Nice.
 
La représentante du parquet a dit sa "certitude qu'il n'y a jamais eu d'ordre passé à Mme Bertin pour faire un faux" et demandé au tribunal correctionnel de Paris de "rétablir la vérité" à cet égard.
 
La procureur a estimé que la prévenue avait "fantasmé" ces prétendues pressions, mais jugé qu'elle n'avait pas eu d'"intention maligne" en les rapportant ensuite à une journaliste du Journal du Dimanche, qui en a fait un article publié le 24 juillet.
 
Attentat de Nice : polémique sur le dispositif de sécurité
 
Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, et l'administration de la police nationale avaient porté plainte contre Sandra Bertin après cette parution. L'article avait alimenté une polémique sur le dispositif de sécurité au moment où Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé avec son camion dans la foule, faisant 86 morts et 450 blessés sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016.
 
La représentante du ministère public a balayé l'idée selon laquelle la policière municipale aurait pris part à une "manipulation" orchestrée par l'actuel maire de Nice, Christian Estrosi, bien que Sandra Bertin ait eu des "accointances politiques" avec lui.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/07/07/97001-20170707FILWWW00238-attentat-de-nice-relaxe-requise-pour-sandra-bertin.php



http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaque-au-camion-a-nice/attentat-de-nice-jugement-rendu-en-septembre-dans-le-proces-de-la-policiere-municipale-sandra-bertin_2273862.html
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