Défense - Maintenance: pourquoi l'armée française est en péril.

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Défense - Maintenance: pourquoi l'armée française est en péril.

Message  Alain Vasseur le Dim 6 Nov 2016 - 3:47

Le 04.11.2016 à 17h00   VINCENT LAMIGEON  Journaliste



Seul un tiers des hélicoptères est en état de vol.

C’est le talon d’Achille de l’armée française: du fait de l’organisation complexe de la maintenance et de l’usure accélérée liée aux opérations extérieures, les taux de disponibilité des avions et hélicoptères sont catastrophiques. Un chantier majeur pour Jean-Yves Le Drian.

Dans les discussions sur le budget de la défense 2017, en cours à l’Assemblée nationale, il y a bien sûr les bonnes nouvelles. Suite aux arbitrages de l’Elysée après les attentats de novembre 2015, le budget du ministère va augmenter de 600 millions d’euros par rapport à 2016, à 32,7 milliards d’euros. Le chiffre n’a rien de symbolique: la loi de programmation militaire de décembre 2013 prévoyait 31,6 milliards pour l’exercice 2017, soit 1,1 milliard d’euros de moins que le budget finalement retenu. Les armées vont aussi voir, pour la première fois depuis des décennies, leurs effectifs repartir à la hausse. L’arrêt des déflations d’effectifs jusqu’en 2019, décidé par François Hollande, va aboutir à 782 créations de postes entre 2017 et 2019, dont 400 sur la seule année 2017, au lieu des 10.000 suppressions de postes prévues.


Le problème, c’est que ces agrégats cachent une réalité moins rose sur un des domaines les plus stratégiques de l’outil de défense français: la maintenance des équipements militaires, le maintien en condition opérationnelle (MCO) en sabir militaire. L’examen du budget 2017 en commission élargie dans la nuit du 2 au 3 novembre a apporté son lot d’informations inquiétantes sur le sujet, notamment sur le segment des hélicoptères de l’armée de terre. "Nos capacités critiques sont très bridées par le très faible taux de disponibilité de nos hélicoptères, en moyenne 38%", s’est ainsi alarmé François Lamy, rapporteur pour les forces terrestres.


Seul un Tigre sur six en état de vol


Le comble, c’est que ce sont les hélicoptères les plus récents, comme le Tigre (combat) et le NH90 Caïman (transport), qui affichent les taux de disponibilité les plus faibles. "Lorsque les nouveaux équipements arrivent, ceux-ci montrent d’inquiétants signes de faiblesse, résume le député LR François Cornut-Gentille, rapporteur des crédits de défense. J’en veux pour preuve les hélicoptères Tigre qui affichaient une disponibilité inférieure à 20 % [17,4%, NDLR]  en 2014. En 2015, le chiffre est subitement classifié." La situation n’est guère meilleure sur l’hélicoptère de transport NH90 en version marine, qui atteignait péniblement les 33% de disponibilité en 2014. "La marine a 17 machines, dont 10 sont en entretien, déplore Gwendal Rouillard, député PS et rapporteur du budget de la marine. Le 17ème NH90 ne peut pas voler à cause d’un problème mécanique, ce qui est totalement inacceptable pour une machine neuve."


Même situation abracadabrantesque du côté des avions: le C-130 affichait 28,8% de disponibilité en 2014, moins que l’antique Transall (40,1%). Les députés ont aussi signalé la situation ubuesque de l’avion de patrouille maritime Atlantique 2(ATL-2), dont une partie sont en cours de rénovation: "Il y a moins d’ATL-2 sur la base opérationnelle de Lann-Bihoué qu’à Cuers-Pierrefeu, où est effectué le MCO, souligne Gwendal Rouillard. Sur les 22 appareils en flotte, la moitié est immobilisée à Cuers. Et la durée de la rénovation a doublé, de 18 à 36 mois." On comprend mieux les réticences du ministère de la défense à publier les fameux chiffres de disponibilité, un choix aussi étonnant qu'inédit.


Dilution des responsabilités


Comment expliquer ces performances catastrophiques? Il y a évidemment l’impact du déploiement permanent des machines sur les théâtres d’opérations extérieurs, qui accélère l’usure des hélicoptères et des avions. Il y a aussi d’évidents problèmes de qualité chez les industriels, visibles chez NHI pour le NH90 et chez Airbus pour l’A400M ou le Tigre. Il y a enfin une organisation du système de maintenance des armées peu efficace, marquée par la dilution des responsabilités entre partenaires publics et privés.


Pour les hélicoptères, la maîtrise d’ouvrage est ainsi prise en charge par une structure publique, la SIMMAD (Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère la Défense). Celle-ci passe les contrats de maintenance soit à une structure publique, le SIAé (Service industrielle de l’aéronautique), soit à des sociétés privées. "En pratique, cette mécanique ne fonctionne pas", assène François Lamy. Qui donne un exemple éloquent: pour un hélicoptère Tigre, une visite périodique doit ainsi théoriquement durer 183 jours, ce qui est déjà énorme. Dans les faits, elle dure en moyenne 383 jours!


Objectif 50% de disponibilité en 2019


A qui la faute? Chacun des intervenants du marché se renvoie la patate chaude. "Lorsque l’on cherche à démêler les responsabilités dans ces retards, chacun des acteurs a de solides reproches à adresser aux autres: les armées, la DGA, la SIMMAD, Airbus, le SIAé", explique François Lamy, qui suggère de passer à un maître d’œuvre unique "porteur de la responsabilité pleine et entière". Gwendal Rouillard suggère en outre de passer du système actuel d’entretien programmé des matériels, à intervalles prévus à l’avance, à une maintenance en direct, en fonction de l’état réel des aéronefs, comme c’est déjà le cas pour le Rafale. "Nous avons un MCO calibré pour un temps de paix, il faut bâtir un MCO "temps de guerre"", résume Gwendal Rouillard.


Jean-Yves Le Drian se dit conscient de l’enjeu. "Il y a un problème que je ne cache pas, et qui provoque chez moi une irritation parfois mal contenue, concernant l’aéromobilité, a répondu le ministre de la défense aux députés. Cette dégradation des taux de disponibilité n’est pas normale." Le ministre a lancé un plan d’urgence qui vise à atteindre un taux de disponibilité moyen de 50% à la fin de la LPM, soit en 2019. Sur la question particulière du Tigre, un contrat d’objectif sera prochainement passé pour redresser la disponibilité de ces appareils très utilisés au Sahel.


Cercle vicieux


Le temps presse, car les faiblesses du système de MCO créent un cercle vicieux: faute de machines disponibles, les équipages ne peuvent pas suffisamment se former. Ce qui aboutit à un manque d’équipages entraînés déployables en opérations extérieures. Au problème technique, la disponibilité des matériels, s’ajoute ainsi un problème humain: le maintien des compétences des militaires. Soit le cœur du réacteur de la défense française.


http://www.challenges.fr/entreprise/defense/peril-sur-l-armee-francaise-seul-un-tiers-des-helicopteres-est-en-etat-de-vol_436969





A lire également :


Les explosifs : 50% des morts du Sahel

http://lemamouth.blogspot.fr/2016/11/les-explosifs-50-des-morts-du-sahel.html



 La Direction générale de l’armement ne peut plus payer ses factures depuis le 12 octobre.

http://www.opex360.com/2016/10/25/la-direction-generale-de-larmement-ne-peut-plus-payer-ses-factures-depuis-le-12-octobre/



Y a le feu dans le budget... et dans le MCO.

http://lemamouth.blogspot.fr/2016/10/y-le-feu-dans-le-budget-et-dans-le-mco.html



Pourquoi le ministère de la défense est en cessation de paiement.

http://www.challenges.fr/challenges-soir/pourquoi-le-ministere-de-la-defense-est-en-cessation-de-paiement_435206


La gestion des munitions, un sujet de tension pour l’armée française
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2016/11/04/la-france-a-desormais-largue-plus-de-bombes-en-irak-qu-en-libye-en-2011_5025292_3210.html#SBHbAhvQgra3yYcp.99




Après le crash de Malte, des questions sur l'affrètement d'aéronefs par le ministère de la Défense.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/10/25/crash-de-malte-17055.html


Armée : les opérations extérieures ont coûté plus d'un milliard d'euros en 2016

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/10/20/20002-20161020ARTFIG00080-armee-les-operations-exterieures-ont-coute-plus-d-un-milliard-d-euros-en-2016.php

http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0211410076344-budget-la-facture-elevee-des-operations-militaires-en-2016-2036461.php



L'armée française, vache à lait de l'Allemagne ?
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-161507-larmee-francaise-vache-a-lait-de-lallemagne-2035184.php?d0YIyyUiRcJ8PbXy.99
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Les hélicoptères NH-90 Caïman de la Marine nationale affichent un taux de disponibilité désastreux.

Message  Alain Vasseur le Lun 7 Nov 2016 - 17:02

Il a beaucoup été question des problèmes de Maintien en condition opérationnelle (MCO) des hélicoptères de la Marine nationale et de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) lors de l’examen, en commission élargie, à l’Assemblée nationale, du budget qu’il est prévu d’allouer à la mission « Défense » en 2017. Le député Gwendal Rouillard, rapporteur pour […]


Lire


http://www.opex360.com/2016/11/07/les-helicopteres-nh-90-caiman-de-la-marine-nationale-affichent-taux-de-disponibilite-desastreux/





Les vrais chiffres de la dispo hélico Terre

http://lemamouth.blogspot.fr/2016/11/les-vrais-chiffres-de-la-dispo-helico.html




Des "problèmes de maturité, de fiabilité et de confiance"

http://lemamouth.blogspot.fr/2016/11/des-problemes-de-maturite-de-fiabilite.html
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Le Charles-de-Gaulle, cache-misère des armées ?

Message  Alain Vasseur le Mar 8 Nov 2016 - 15:56

Henri Gizardin  Ancien pilote de chasse  Son blog.


Ce qui n’est pas étalé devant les Français, c’est l’état réel de nos forces et la vétusté de beaucoup de leurs équipements.


http://www.bvoltaire.fr/henrigizardin/le-charles-de-gaulle-cache-misere-des-armees,292949?mc_cid=0f1843d096&mc_eid=02103a0d97



http://www.opex360.com/2016/11/08/rapport-pointe-les-causes-de-la-tres-faible-disponibilite-des-helicopteres-de-larmee-de-terre/
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Sans surprise, ils ne sont pas bons.

Message  Alain Vasseur le Mar 22 Nov 2016 - 21:42

Le député de Saint-Dizier François Cornut-Gentille continue son exploration des taux de dispo des flottes aériennes. Ceux des flottes tactiques ne rayonnent pas vraiment. Le plus préoccupant est celui de la flotte C-130 qui a continuellement baissé depuis 2011, et a été divisé par trois en quatre ans.

Il s'établissait à 26,2% en 2015 contre 72%. Ceci, alors que la flotte est restée stable à 14 avions.


Il y a donc eu un problème à la fois sur le maintenancier, le même depuis 2003, qui a pourtant été renouvelé. Autre problèmes, l'usage en milieu désertique, qui impose des phases de maintenance supplémentaires. On sait aussi que les turbines T-56 ont aussi eu des soucis au Sahel : le major général de l'armée de l'air a dû en acheter à plusieurs reprises en quelques mois seulement.


Un sursaut est attendu avec le changement de prestataire, mais la montée en compétence de l'AIA de Clermont-Ferrand ne sera pas immédiate. 


Chez les Transallous (également entretenus à Clermont-Ferrand), ce n'est pas complètement la fête. Certes, le taux de dispo relève un peu la tête (45,6% contre 40,1% en 2014 et 56% en 2011). Mais c'est une victoire en trompe-l'oeil, puisque la flotte a perdu quatre avions entre 2014 et 2015. Et a fondu de 50% depuis 2011, passant de 46 à 24 appareils.


On le sait dans cette intervalle de temps, l'armée de l'air n'a pas reçu de vrais renforts. Certes, Airbus lui a livré 11 Atlas, mais à peine 20% sont en état de voler.


Dans ce contexte, on peut mesurer l'extrême difficulté de l'armée de l'air à former ses jeunes pousses, mais aussi à bâtir des opérations cohérentes. Dans tous les domaines : conventionnel, forces spéciales et clandestines qui doivent se partager une quinzaine d'avions seulement...


Comme pour les hélicoptères, très largement évoqués par ce blog il y a peu, les avions tactiques ont fait l'objet de multiples rapports et cris d'alarmes, sans vrais effets.


La seule petite marge de manoeuvre tient dans les Casa 235, une flotte relativement disponible (mais aussi récente).



http://lemamouth.blogspot.fr/2016/11/sans-surprise-ils-ne-sont-pas-bons.html


http://www.opex360.com/2016/11/22/le-taux-de-disponibilite-des-c-130h-hercules-de-larmee-de-lair-peine-decoller/
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"""L’armée des sans dents : seul un tiers des hélicoptères est en état de vol."""

Message  Alain Vasseur le Jeu 24 Nov 2016 - 4:38

L’examen du budget 2017 de la Défense nationale en commission élargie dans la nuit du 2 au 3 novembre a apporté son lot d’informations inquiétantes sur les problèmes de maintenance de nos équipements militaires et en particulier sur le segment des hélicoptères de l’armée de terre.

« Nos capacités critiques sont très bridées par le très faible taux de disponibilité de nos hélicoptères, en moyenne 38% », s’est ainsi alarmé François Lamy, rapporteur pour les forces armées.  Ainsi, seul un Tigre sur six serait en état de vol ! Le comble d’ailleurs c’est que ce soient les hélicoptères les plus récents, comme le Tigre (hélicoptère de combat) et le NH90 Caïman (hélicoptère de transport), qui affichent les taux de disponibilité les plus faibles. La marine a ainsi 17 machines caïman, dont 10 sont en entretien. Même situation abracadabrantesque du côté des avions: le C-130 affichait 28,8% de disponibilité en 2014, moins que l’antique Transall (40,1%).


Comment expliquer ces performances catastrophiques? Il y a évidemment l’impact du déploiement permanent des machines sur les théâtres d’opérations extérieurs, qui accélère l’usure des hélicoptères et des avions. Il y a aussi d’évidents problèmes de qualité chez les industriels, visibles chez NHI pour le NH90 et chez Airbus pour l’A400M ou le Tigre.


Il y a enfin une organisation du système de maintenance des armées peu efficace, marquée par la dilution des responsabilités entre partenaires publics et privés. Un exemple éloquent: pour un hélicoptère Tigre, une visite périodique doit ainsi théoriquement durer 183 jours, ce qui est déjà énorme. Dans les faits, elle dure en moyenne 383 jours ! C’est aussi un cercle vicieux pour la formation des pilotes car faute de machines disponibles, les équipages ne peuvent pas suffisamment se former. Ce qui aboutit à un manque d’équipages entraînés déployables en opérations extérieures. Au problème technique, la disponibilité des matériels, s’ajoute ainsi un problème humain: le maintien des compétences des militaires. Soit le cœur du réacteur de la défense française. ML.


Source 



http://metamag.fr/2016/11/23/larmee-des-sans-dents-seul-un-tiers-des-helicopteres-est-en-etat-de-vol/



http://www.challenges.fr/entreprise/defense/peril-sur-l-armee-francaise-seul-un-tiers-des-helicopteres-est-en-etat-de-vol_436969
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L'armée française à bout de souffle?

Message  Alain Vasseur le Mer 21 Déc 2016 - 10:20

Antoine Hasday   France  Monde    21.12.2016 - 6 h 19, mis à jour le 21.12.2016 à 8 h 28

Il y a un an, François Hollande promettait solennellement de tout mettre en œuvre pour «détruire l’armée des fanatiques». A-t-il tenu son engagement?

En septembre 2014, un an et demi après l’intervention française au Mali contre les djihadistes, le gouvernement irakien sollicite l’aide militaire de la France face aux avancées de l’EI. Le 20 septembre 2014, l’opération Chammal est lancée: l’armée française bombarde l’organisation djihadiste en Irak, aux côtés de ses alliés –notamment américains– engagés dans l’opération Inherent Resolve. Quelques jours plus tard, l’EI appelle ses sympathisants à assassiner des ressortissants français (même si certains projetaient déjà des attaques en France et l’Europe). Selon Michel Goya, ancien colonel de Marine, analyste des conflits et auteur du blog La voie de l’épée, l’opération Chammal est inefficace sous sa forme actuelle.

«L’engagement des forces aériennes françaises en Irak, c’est quatre bombes par jour, sur un territoire grand comme le Royaume-Uni. Et pendant longtemps, c’était deux bombes par jour, soit 5% des frappes totales de la coalition. On s’est aligné sur le mode opératoire des Américains, qui ont besoin du vote du Congrès pour engager des troupes au sol. Avec la force aérienne, on ne peut frapper qu’un certain type de cibles, plutôt fixes. Et pour l’ennemi, c’est plus facile de se défendre. L’opération Chammal a coûté environ un milliard d’euros, soit 0,045% du PIB. Mais ça n’a permis de neutraliser qu’un millier de combattants. Ça fait donc un million d’euros par djihadiste éliminé», explique-t-il.
Michel Goya rappelle également la terrible spécificité de cette guerre contre l’EI: 100% des pertes françaises sont des civils, tués sur le territoire national dans le cadre d’attentats terroristes. Selon l’ancien colonel, l’armée française devrait pouvoir déployer des moyens plus diversifiés, et pas seulement des bombardements aériens, pour vaincre son adversaire. C’est le mode opératoire mis en œuvre pour combattre les djihadistes au Sahel, dans le cadre des opérations Serval puis Barkhane.

«Ainsi, on peut à la fois appuyer nos alliés au plus près et agir dans la profondeur, sur des cibles plus stratégiques. En Irak, les Américains ont progressivement élargi leur mode d’action. Ils ont introduit des avions d’attaque, quelques hélicoptères, de l’artillerie... Au Sahel, l’armée française, qui est également dans une stratégie d’appui aux forces locales, a déployé des hélicoptères et des troupes au sol. Elle aurait également pu le faire en Irak, où on a récemment déployé une batterie d’artillerie. Mais on est resté dans un format a minima, alors que nous avons déclaré la guerre à l’EI et frappé les premiers. La guerre, il faut la faire sérieusement, surtout quand on s’engage devant les familles des victimes du terrorisme à ‘engager tous les moyens», analyse Michel Goya.

L’opération Sentinelle, peu efficace et problématique


Depuis plus de vingt ans, les Français se sont habitués à la présence de soldats patrouillant dans les rues. Le plan Vigipirate, mis en œuvre à partir de 1991, instaure une surveillance militaire autour des sites dits «sensibles». Au lendemain des attentats de janvier 2015, le gouvernement met en place l’opération Sentinelle, qui mobilise environ 10.000 soldats supplémentaires. Toutefois, ce déploiement pose question quant à son efficacité. Le soir du 13 novembre 2015, les militaires présents à proximité du Bataclan ne sont pas intervenus car ils n’en avaient pas reçu l’ordre. En revanche, rue de Charonne, des membres du 1er régiment de chasseurs de Verdun ont mis en place un cordon de sécurité qui a permis aux secours d’intervenir.

«Est-ce que l’efficacité de Sentinelle est à la mesure de son coût? On a effectivement un gain de sécurité car on complique la tâche de l’adversaire. Mais si on maintient le dispositif en l’état, on prend le risque d’abîmer ou de fatiguer notre outil de défense, le seul qui puisse intervenir en dehors du territoire national. Les avantages ne sont donc pas à la hauteur des sacrifices. De plus, le niveau de violence auquel nous sommes confrontés sur le territoire national peut être traité par les forces de sécurité (police et gendarmerie), qui ont été équipées récemment de fusils d’assaut, de casques pare-balles, de boucliers... Les armées doivent rester l’ultima ratio, le dernier recours», explique le chercheur Elie Tenenbaum.
En juin 2016, il pointait les limites du dispositif dans un rapport rédigé pour l’IFRI. Les qualités spécifiques des militaires n’ont pas d’utilité dans le cadre des missions qui leurs sont confiées (principalement des patrouilles). Les militaires ne sont donc présents que pour pallier l’absence de forces de réserve dans la police et la gendarmerie. Mais surtout, cette opération limite le temps  disponible pour l’entraînement des soldats et pèse sur leur moral.

«Pendant qu’ils patrouillent dans les rues, les militaires ne s’entraînent pas. Le temps de préparation a été considérablement réduit en 2015. C’est un peu mieux en 2016 mais ça reste en dessous des durées exigées par l’Otan et par notre Livre blanc [90 jours par an]. Avec l’éloignement [220 jours par an, tout compris, en 2015], les soldats passent beaucoup de temps loin de leur famille et de leur régiment, avec les mêmes restrictions qu’en opération extérieure. On prend le risque d’avoir une armée de terre mal entraînée qui, lors de la prochaine opération, n’aura plus ses bases, ses réflexes et son moral», analyse Elie Tenenbaum.

La suite de l'article en cliquant sur le lien ci-dessous.

http://www.slate.fr/story/131855/armee-francaise-moyens-lutter-terrorisme


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/12/21/01016-20161221ARTFIG00027-le-chef-d-etat-major-des-armees-veut-un-budget-de-la-defense-a-2-du-pib.php


http://www.opex360.com/2016/12/21/general-de-villiers-ne-gagne-pas-guerre-sans-effort-de-guerre/



http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/12/21/la-message-de-noel-du-cema-aux-candidats-a-la-presidentielle-17354.html
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Budget de la Défense : "L'armée manque de tout" s'indigne un général français.

Message  Alain Vasseur le Ven 23 Déc 2016 - 1:42

François Hollande a estimé que le budget de la Défense était suffisant alors que le chef d'État-major des armées, Pierre de Villiers, plaide pour une hausse. Mercredi sur franceinfo, le général Vincent Desportes, spécialiste de défense et de sécurité, lui donne raison.


François Hollande a estimé mercredi 21 décembre que le budget de la Défense avait augmenté et qu'il était suffisant. Chef d'État-major des armées, le général Pierre de Villiers a lui réclamé une hausse progressive du budget de la Défense pour atteindre les 2% du PIB, contre 1,77% actuellement. "On a énormément augmenté les engagements militaires et, en même temps, les moyens n'ont pas été mis en place", s'est indigné sur franceinfo le général Vincent Desportes, spécialiste de défense et de sécurité.

franceinfo : Selon vous, qui a raison ? Le président de la République ou le chef d'État-major des armées ?

Général Vincent Desportes : Nous sommes habitués à ce que le président Hollande soit toujours très satisfait de son bilan. Le chef d'État-major des armées a raison d'alerter les Français, il est dans son rôle de dire que les moyens que nous attribue la nation ne sont pas suffisants pour conduire au mieux les missions qu'elle nous donne. [La hausse du budget attribué aux armées] n'est pas suffisante. Les armées sont sous-entraînées par rapport aux normes. Nos véhicules sont vétustes, dans un état de disponibilité très faible. Seul un hélicoptère sur trois peut voler.

La loi de programmation militaire a été révisée à la hausse, n'est-ce pas suffisant ?

La loi de programmation militaire a été définie en 2013, à partir d'une situation très différente de celle d'aujourd'hui. Les armées sont sur-engagées par rapport au contrat donné aux armées à ce moment-là.

Dans cette période de restrictions budgétaires, est-il vraiment possible d'augmenter le budget à 2% du PIB plus rapidement, comme le général de Villiers le demande ?

Ce n'est pas une affaire budgétaire mais de compréhension de la menace d'aujourd'hui. Elle est réelle. On manque de troupes, de moyens, de munitions, de temps d'entraînement et d'argent pour faire rouler des véhicules. L'armée manque de tout. Jamais un gouvernement n'aura autant sacrifié le futur au profit du présent. Jamais un gouvernement n'aura laissé les armées dans un état comme celui qui va être celui des armées en 2017. Les 600 millions d'euros attribués aux armées sont incapables de remplir le déficit budgétaire, qui ne date pas de ce gouvernement. Ça fait 25 ans que les budgets décroissent. Ce qui est terrible, c'est qu'on a énormément augmenté les engagements militaires et en même temps, les moyens n'ont pas été mis en place.

Est-ce-que la solution peut venir de l'Europe ? Doit-elle être mise à contribution ?

C'est nécessaire mais ça n'est possible qu'après-demain. Cela fait 60 ans qu'on essaie de faire l'Europe de la défense et que cela ne fonctionne pas. Un gouvernement responsable, qui veut protéger les citoyens et son territoire face aux menaces, doit se réengager et réinvestir dans la défense. Je souhaite que l'effet Brexit, qui va faciliter la construction de l'Europe de la défense, et l'effet Trump, avec le désengagement des Américains [dans la protection de l'Europe], nous donne le coup de pied aux fesses nécessaire pour se rendre compte qu'il faut construire cette Europe de la défense. Quand le chef d'état-major des armées dit 2% en 2022, il a le droit mais aussi le devoir de le dire. C'est à lui de dire à la nation : "Il faut absolument exiger de votre prochain gouvernement qu'il fasse l'effort nécessaire pour votre défense".


http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/budget-de-la-defense-l-armee-manque-de-tout-s-indigne-un-general-francais_1979943.html


http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/defense-le-chef-d-etat-major-veut-un-budget-plus-eleve_1979865.html


http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/defense-le-chef-d-etat-major-veut-un-budget-plus-eleve_1979865.html






  • L’hélicoptère de l’armée… qui ne vole pas beaucoup !
  • http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2016/12/22/lhelicoptere-de-larmee-qui-ne-vole-pas-beaucoup.html
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Le coup de clairon du patron des armées.

Message  Alain Vasseur le Lun 26 Déc 2016 - 18:21

Editorial. Le chef d’état-major des armées appelle à un effort budgétaire. Pour le général de Villiers, l’ère de « l’insouciance » est bel et bien passée.
LE MONDE | 23.12.2016 à 11h47 • Mis à jour le 23.12.2016 à 14h06




Editorial du « Monde ». L’armée française est l’une des plus performantes du monde – compte tenu de sa taille, moyenne, et du budget, moyen, qu’y consacre le pays. Il suffit d’interroger des responsables américains ou européens pour recueillir des réponses en général admiratives sur ses capacités. Cette seule considération conduit à prendre très au sérieux le cri d’alarme budgétaire lancé cette semaine par Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées.

Sans tomber dans une crise de « fana-mili » excessive, on ajoutera aussi que l’armée, depuis sa professionnalisation, est l’un des services publics les plus exemplaires. En matière d’intégration des femmes et des minorités ethniques ou religieuses, elle pourrait en remontrer à beaucoup. Elle est un concentré de femmes et d’hommes de talent qui ont choisi cette vie à part : le métier des armes – la guerre.
On dira qu’il est dans l’habitude de l’état-major – peut-être pas aussi directement que Pierre de Villiers l’a fait mercredi 21 décembre dans les colonnes de notre confrère Les Echos – de sonner le clairon pour réclamer des sous. Il suffit de relire le duc de Saint-Simon pour le savoir : c’est vieux comme l’Etat. Mais voilà, le temps est loin d’un après-guerre-froide que l’on pouvait espérer paisible. Le général de Villiers le rappelle : l’ère de « l’insouciance » est bel et bien passée ; lui succède cette époque d’insécurité et de grande complexité stratégiques.


Tout y contribue. La lutte contre le terrorisme islamiste, où se mêlent sécurité intérieure et extérieure. Et encore cette émergence nouvelle d’Etats-puissances aux portes de l’Europe – cela va de la Russie à la Turquie, en passant par l’Iran – qui, au-delà des alliances des uns et des autres, ne croient qu’à une seule règle en matière de relations internationales : le rapport de force. Angélique, l’Europe, trop longtemps, n’a pas voulu voir cette simple réalité.

Avis aux prétendants à l’Elysée

Le mérite de François Hollande, parmi d’autres, aura été d’arrêter net une irresponsable tendance à la baisse des budgets de la défense depuis trente-cinq ans. Le général de Villiers en convient. Il observe, cependant, que l’armée est aujourd’hui déployée sur un très grand nombre de fronts. De l’intensification de ses engagements résulte une usure des matériels, et un danger accru pour les militaires, qui requiert un effort budgétaire supplémentaire – sauf à ce que la France ne puisse enrayer une spirale qui dégraderait pour longtemps son outil militaire.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/12/23/le-coup-de-clairon-du-patron-des-armees_5053415_3232.html#BWVDwADfXgjQuUbf.99
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"""Faire le choix de la Défense conventionnelle."""

Message  Alain Vasseur le Ven 20 Jan 2017 - 2:58

 Par Jean-Marie Collin et Jean-Marc Pasquet  |  19/01/2017   La Tribune


L'armée traditionnelle est à bout de souffle. Il est temps de redéployer une partie des moyens de la force de dissuasion vers la Défense conventionnelle. Par Jean-Marie Collin, consultant Défense et Jean-Marc Pasquet, président du think tank Novo Ideo.


Le temps de cette élection présidentielle n'aura jamais été aussi propice pour repenser la question fondamentale de la sécurité des français. Traditionnellement, celle-ci se jouait sur les théâtres d'opérations extérieures. Les évènements exceptionnels que nous vivons font que la donne a été largement bouleversée.


Malheureusement cette insécurité globale fait ressortir le risque de marginalisation qui pointe sur nos forces armées conventionnelles. Face à cela, un nouveau temps stratégique de notre Défense Nationale s'impose.

 Les forces militaires françaises - et particulièrement terrestres - n'ont jamais été autant sollicitées ces derniers mois. De l'opération Sentinelle aux actions en dehors de nos frontières, nos forces sont mobilisées sur plusieurs fronts. Sauf à ne pas regarder la réalité en face, notre armée court le risque de son propre essoufflement.



La suite de l'article en cliquant sur le lien ci-dessous.




http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/faire-le-choix-de-la-defense-conventionnelle-631452.html
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10 millions d'euros par an pour la location d'un H225 et la fourniture de 400 à 750 heures de vol.

Message  Alain Vasseur le Lun 23 Jan 2017 - 17:48

Un marché ayant pour objet l'acquisition d'heures de vol, sans équipage, sur un hélicoptère civil de type H225 (Super Puma) a été attribué samedi 21 janvier (lire ici). Il a été attribué à "ICARE Aéronautique, 34, avenue des Ternes, 75017, Paris, F, Téléphone : (+33) 1 60 87 60 20".

La valeur totale du marché/du lot est de 60 000 000 €. Le marché a été passé au profit de l'armée de l'air.

2 ans plus 4! Le marché est conclu pour une durée ferme allant du 20/12/2016 au 31/12/2018. "Au-delà de cette durée ferme, le présent marché peut être reconduit 4 fois par période d'une année. Le montant du marché est estimé à 10 000 000 euros HT par an", selon l'avis.

L'avis précise aussi que "le prestataire devra s'adapter aux besoins des forces et à la disponibilité des équipages. La configuration de l'hélicoptère du titulaire doit être similaire à celle des appareils en service dans l'Armée de l'Air. L'hélicoptère doit être de type EC 225, EC 725, H225 ou H225M. Le projet de marché prévoit une quantité annuelle minimale de 400 heures de vol et sans quantité maximale. L'activité annuelle de référence à atteindre est fixée à 750 heures de vol."

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/01/23/10-millions-d-euros-par-an-pour-la-location-d-un-h225-17505.html
http://www.boamp.fr/avis/detail/17-9344/3
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Les hauts et les bas des taux de disponibilité des véhicules de l’armée de Terre.

Message  Alain Vasseur le Mar 31 Jan 2017 - 21:25

Après avoir attendu pendant près d’un an, le député (LR) François Cornut-Gentille a enfin obtenu le taux de disponibilité de la plupart des véhicules de l’armée de Terre auprès du ministère de la Défense pour l’année… 2015. Et, à regarder les chiffres, la situation apparaît plutôt contrastée. Si l’on compare les données constatées en 2012 […]


Lire


http://www.opex360.com/2017/01/31/les-hauts-les-bas-des-taux-de-disponibilite-des-vehicules-de-larmee-de-terre/
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Question au Gouvernement: État du parc d’hélicoptères militaires.

Message  Alain Vasseur le Ven 10 Fév 2017 - 9:12

M. Philippe Vitel. Monsieur le ministre de la défense, le rôle des hélicoptères dans nos opérations extérieures est de plus en plus important. Totalement engagées dans des environnements hostiles, les machines souffrent – comme souffrent d’ailleurs nos soldats, auxquels vous me permettrez de rendre hommage. 

Cela conduit à des taux de disponibilité que vous-même qualifiez d’« insupportables ». Pour les 303 hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de terre, il n’est que de 38 % ; il atteint même 30 % pour les Puma, 26 % pour les Caracal, 24 % pour les Tigre et 21 % pour les Cougar. Seuls cent hélicoptères décollent au quotidien, pour un contrat opérationnel de cent-quarante-neuf machines. La situation de la marine n’est guère plus enviable, puisque, sur les dix-sept Caïmanlivrés, dix sont immobilisés pour maintenance et un pour des problèmes structurels.

Quelles sont les causes de cette situation inquiétante ? Elles sont multiples, et très bien détaillées dans les rapports produits par nos collègues François Lamy et Gwendal Rouillard. À l’évidence, les contrats de soutien sont sous-calibrés par rapport aux besoins réels et des goulets d’étranglement existent dans le circuit industriel de la maintenance, ce qui accroît les durées d’immobilisation, jusqu’à les doubler. L’organisation de la chaîne du maintien en condition opérationnelle est, quant à elle, bien trop complexe, car elle fait intervenir un trop grand nombre de partenaires publics et privés.

Monsieur le ministre, devant ce terrible constat, vous avez décidé de lancer un plan d’urgence, dont, à l’évidence, l’on ne ressent pas encore bien les effets. Pouvez-vous éclairer la représentation nationale sur les réformes que vous avez engagées et sur la situation actuelle de notre capacité de manœuvre aéroterrestre, dont nous savons tous qu’elle contribue grandement au succès des opérations extérieures et qu’elle constitue une priorité pour nos armées ?

M. le président. La parole est à M. le ministre de la défense.

M. Jean-Yves Le Drianministre de la défense. Monsieur Vitel, nous connaissons, l’un et l’autre, très bien le sujet. Vous avez exposé les causes de la situation actuelle. La première raison est la dégradation structurelle de la disponibilité de ces machines depuis de nombreuses années. La deuxième raison est leur forte sollicitation dans des milieux extrêmement hostiles. Le taux de disponibilité n’est donc pas bon.

Lire l'article »


Source: Assemblée nationale, Compte rendu intégral.Séance du mercredi 08 février 2017



http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2016-2017/20170114.asp#P972331
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Vieillissement des équipements militaires.

Message  Alain Vasseur le Lun 13 Fév 2017 - 1:19

Question écrite N° 92991 de M. François Cornut-Gentille (Les Républicains – Haute-Marne ) -  Publiée le 15 novembre 2016


M. François Cornut-Gentille interroge M. le ministre de la défense sur les équipements de l'armée de terre. Afin d'évaluer le coût du vieillissement des équipements militaires, il lui demande de préciser le nombre et le taux de disponibilité au 31 décembre 2014 et au 31 décembre 2015, le coût en crédits de paiement du MCO pour l'année 2015 et l'âge moyen de chacun des équipements en service au sein de l'armée de terre mentionnés ci-après : PVP, VBL, VHM, char Leclerc, AMX-10 RC, VAB, VBCI, mortier MO 120, Caesar, drones tactiques, PPT, VLRA, KERAX, élévateur VALMET, grue LIEBHERR, HAGGLUNDS BV 206 LOG, PCM SISU (ensemble porte-char), TRM 10000 (tous types), TRM 700/100 (véhicule tracteur porte-char), GBC 180 (tous types), VUR VTL (tous types), VLRA (véhicule léger de reconnaissance et d'appui).




http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-92991QE.htm

http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA923#texte-reponse-S-QSTANR5L14N92991QE


Dernière édition par Alain Vasseur le Dim 16 Avr 2017 - 3:37, édité 1 fois
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Général de Villiers : Les réformes, « on a déjà donné, pour ne pas dire qu’on a déjà tout donné ».

Message  Alain Vasseur le Sam 25 Fév 2017 - 3:58

Le contexte actuel n’incite guère à l’optimisme, étant donné la dégradation accélérée de la sécurité internationale, avec notamment le terrorisme inspiré par les thèses islamistes radicales et le retour de la menace dite de la force, c’est à dire l’affirmation militaire de certains États-puissances qui, selon le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des […]

Lire

http://www.opex360.com/2017/02/24/general-de-villiers-les-reformes-deja-donne-pour-ne-pas-dire-quon-deja-donne/


http://lemamouth.blogspot.fr/2017/02/une-methode-pour-ne-pas-perdre-du-temps.html



http://lemamouth.blogspot.fr/2017/02/la-medaille-que-le-cema-nattendait-pas.html
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20 000 euros par mois pour un Leclerc opérationnel.

Message  Alain Vasseur le Mer 12 Avr 2017 - 21:37

12 avril 2017 à 15h32


246 249 euros, c’est le coût unitaire par an en 2016 du maintien en condition opérationnelle (MCO) des chars Leclerc - soit environ 20000 euros par mois. Ce chiffre est donné par le ministère de la défense au député (LR, Haute-Marne) François Corinut-Gentille dans une réponse écrite à une question du parlementaire. Le MCO du Leclerc, dont l’âge moyen est de 15 ans, coûte donc 60 millions d’euros par an.

On apprend aussi que 241 Leclerc étaient « en service » fin 2016, avec un taux disponibilité de 61% « sur la durée de l’année » - soit en moyenne 147 chars lourds disponibles.

A noter que le porte-chars du Leclerc TRM 700/100 souffre d’une faible disponibilité (35%) pour un parc de 116 véhicules - soit 40 disponibles en moyenne.

A titre de comparaison, le MCO unitaire du VBCI (Véhciule blincé de combat d’infanterie) est de 54107 euros, avec un âge moyen de 6 ans. 625 VBCI sont en service, avec une disponibilité de 74%.

Parmi les mauvaises disponiblités, inférieures à 1 sur 2, on note le PVP (31%), l’AMX 10 RCR (48%), le VAB (42%) ou les camions TRM 10000.


http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/20-000-euros-mois-leclerc-operationnel-124202



http://lemamouth.blogspot.fr/2017/04/cest-bientot-la-fin-de-la-mandature.html


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A peine 171 mortiers de 120 dans l’armée française...

Message  Alain Vasseur le Mer 12 Avr 2017 - 21:41

12 avril 2017 à 15h46



Leur disponibilité n’est que de 1 sur 2.


Un chiffre raconte ce qu’est devenue l’armée de terre : une armée « échantillonaire » où la quantité se fait rare, même si la qualité demeure. Selon le ministère de la défense, il y avait fin 2016 exactement 171 mortiers de 120 mm « en service » dans l’artillerie. C’est une arme de champ de bataille rustique, peu coûteuse, efficace. Leur taux de disponibilité n’était que 51% en 2016.



171 bouches à feu (même si elles s’ajoutent aux 77 canons Caesar de 155mm beaucoup plus perfectionnés) cela ne fait quand même pas beaucoup... D’autant qu’ils sont en double dotation, c’est-à-dire que les régiments utilisent ou l’un ou l’autre.


http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/a-peine-171-mortiers-120-dans-l-armee-francaise-124204


Dernière édition par Alain Vasseur le Sam 22 Avr 2017 - 21:32, édité 1 fois
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VAB pour Véhicules ABsents, PVP pour PôV Petits.

Message  Alain Vasseur le Dim 16 Avr 2017 - 3:40

15.04.2017

Eh oui, à force de poser, chaque année, les mêmes questions (et d'obtenir des réponses, heureusement), on peut suivre les évolutions et produire des données globales dignes d'intérêt...  C'est ce que l'on appelle avoir de la suite dans les idées. Et François Cornut-Gentille et son équipe n'en manquent pas.

La preuve, avec les chiffres que le député a obtenus du ministère de la Défense sur la fameuse disponibilité des matériels. Chez nous journalistes, c'est ce que l'on appelle un "marronnier". Effectivement, l'histoire du VAB et de sa disponibilité, c'est comme Noël, la Fête des mères, le 14-Juillet et le Tour de France, ça revient chaque année. Sauf que ce n'est guère joyeux...

Donc, voici ci-dessus les chiffres concernant nos chers VAB, de 2011 à 2016: le parc (en bas) et la disponibilité (en rouge bien sûr).

Pour le reste des véhicules et histoire de se gâcher le long week-end de Pâques, cliquer ici. C'est déprimant et je me demande qui devrait se faire sonner les cloches... Tout le monde et personne, bien sûr.

En attendant les Griffon, peut-être devrait-on lancer une initiative du genre "adoptez un VAB": contre une petite contribution, le donateur verrait un VAB baptisé à son nom. Un VAB ou pourquoi pas un PVP (eux aussi, ils ont bien besoin d'un peu de soutien, les PôV Petits...).
 

http://www.francois.cornut-gentille.fr/wp-content/uploads/2017/04/20170411-Fra-Army-v%C3%A9hicules-dispo-2016.pdf

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/04/14/vab-vehicules-absents-17932.html
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Vers une commande française de 120 mortiers de 60 mm et de 18 000 obus...

Message  Alain Vasseur le Sam 22 Avr 2017 - 21:35

Alain Vasseur a écrit:12 avril 2017 à 15h46

Leur disponibilité n’est que de 1 sur 2.

Un chiffre raconte ce qu’est devenue l’armée de terre : une armée « échantillonaire » où la quantité se fait rare, même si la qualité demeure. Selon le ministère de la défense, il y avait fin 2016 exactement 171 mortiers de 120 mm « en service » dans l’artillerie. C’est une arme de champ de bataille rustique, peu coûteuse, efficace. Leur taux de disponibilité n’était que 51% en 2016.

171 bouches à feu (même si elles s’ajoutent aux 77 canons Caesar de 155mm beaucoup plus perfectionnés) cela ne fait quand même pas beaucoup... D’autant qu’ils sont en double dotation, c’est-à-dire que les régiments utilisent ou l’un ou l’autre.

http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/a-peine-171-mortiers-120-dans-l-armee-francaise-124204


Les équipementiers ont jusqu'au 25 avril pour répondre à l'avis de marché de la DGA portant sur "la qualification et la fourniture d'un système d'arme mortier de 60 mm, incluant des munitions, des moyens d'instruction et de soutien associés".
Qui pourrait fournir ces équipements? TDA Armements, la filiale de Thales, ne produit que des mortiers de 81 et de 120 mm. Il faut donc chercher du côté étranger.
General Dynamics offre son mortier M224 (voir ici). Et le groupe slovaque MSM son mortier portable ultra-léger Antos.
L'autrichien Hirtenberger Defence Systems a, lui, trois mortiers de ce type dans son catalogue:
La société serbe PPT-Namenska pourrait proposer son mortier M06C Commando ou son M57. Une autre firme de Belgrade, J.P. Jugoimport-SDPR, produit aussi un produit de ce type, le M70. L'Israélien Elbit Systems n'est pas en reste.
Extraits de l'avis:
Le besoin porte sur les quantités prévisionnelles suivantes, données à titre indicatif: 
— De l'ordre de 120 mortiers de 60 mm et unités collectives d'accompagnement, 
— de l'ordre de 6 500 obus de mortier de 60 mm explosifs, 
— de l'ordre de 2 000 obus de mortier de 60 mm éclairants visible, 
— de l'ordre de 2 300 obus de mortier de 60 mm éclairants infrarouge, 
— de l'ordre de 2 500 obus de mortier de 60 mm fumigènes, 
— de l'ordre de 4 700 obus de mortier de 60 mm d'exercice, 
— de l'ordre de 50 bipieds d'appoint et dispositifs de pointage associés, 
— de l'ordre de 30 emballages métalliques pour obus, 
— de l'ordre de 30 lots d'outillage Ntl 1 et 20 lots d'outillage Ntl 2.
Les prestations à réaliser sont notamment les suivantes: 
— La qualification du système d'arme mortier de 60 mm, 
— la qualification du système de soutien du système d'arme mortier de 60 mm, 
— la fourniture des mortiers de 60 mm et des unités collectives d'accompagnement, 
— la fourniture des obus de mortiers de 60 mm (explosifs, éclairants visible, éclairants infrarouge, fumigènes, d'exercice), 
— la fourniture des bipieds d'appoints et de leurs dispositifs de pointage associés, 
— la fourniture d'emballages métalliques pour obus, 
— la formation des primo-formateurs, 
— la fourniture des lots d'outillages, 
— la fourniture de la documentation technique, 
— la fourniture des listes d'approvisionnements initiaux et des équipements nécessaires à l'instruction.
 
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/04/21/vers-une-commande-de-120-mortiers-de-60-mm-et-de-18%C2%A0000-obus-17967.html
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319 Griffon et 20 Jaguar: la ménagerie de l'armée de terre s'étoffe.

Message  Alain Vasseur le Dim 23 Avr 2017 - 10:34

Alain Vasseur a écrit:15.04.2017

Eh oui, à force de poser, chaque année, les mêmes questions (et d'obtenir des réponses, heureusement), on peut suivre les évolutions et produire des données globales dignes d'intérêt...  C'est ce que l'on appelle avoir de la suite dans les idées. Et François Cornut-Gentille et son équipe n'en manquent pas.
La preuve, avec les chiffres que le député a obtenus du ministère de la Défense sur la fameuse disponibilité des matériels. Chez nous journalistes, c'est ce que l'on appelle un "marronnier". Effectivement, l'histoire du VAB et de sa disponibilité, c'est comme Noël, la Fête des mères, le 14-Juillet et le Tour de France, ça revient chaque année. Sauf que ce n'est guère joyeux...
Donc, voici ci-dessus les chiffres concernant nos chers VAB, de 2011 à 2016: le parc (en bas) et la disponibilité (en rouge bien sûr).
Pour le reste des véhicules et histoire de se gâcher le long week-end de Pâques, cliquer ici. C'est déprimant et je me demande qui devrait se faire sonner les cloches... Tout le monde et personne, bien sûr.
En attendant les Griffon, peut-être devrait-on lancer une initiative du genre "adoptez un VAB": contre une petite contribution, le donateur verrait un VAB baptisé à son nom. Un VAB ou pourquoi pas un PVP (eux aussi, ils ont bien besoin d'un peu de soutien, les PôV Petits...).
 

http://www.francois.cornut-gentille.fr/wp-content/uploads/2017/04/20170411-Fra-Army-v%C3%A9hicules-dispo-2016.pdf
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/04/14/vab-vehicules-absents-17932.html


Et de deux commandes notifiées vendredi! Après les frégates FTI, le tour des premiers véhicules blindés Griffon et Jaguar est arrivé. Effet JYLD sur le départ? Ou urgence opérationnelle qui fait que les commandes doivent être accélérées, autant au profit des terriens que des marins...?

Vendredi soir, le ministère de la Défense a diffusé un communiqué annonçant que "la Direction générale de l’armement (DGA) a notifié ce jour aux sociétés Nexter Systems, Renault Trucks Defense et Thales la commande des 319 premiers GRIFFON et des 20 premiers JAGUAR dans le cadre du programme SCORPION de renouvellement des capacités de combat de l’armée de Terre. Cette commande inclut aussi les systèmes de soutien logistique et de formation associés".

Le premier régiment à en être équipé sera le 3e RIMa de Vannes.

Le communiqué du Mindef rappelle que:
"Le GRIFFON est un véhicule blindé multi-rôles (VBMR) destiné à remplacer les véhicules de l’avant blindé (VAB). Il s’agit d’un véhicule blindé 6x6 d’environ 25 tonnes équipé d’un tourelleau téléopéré. Il se déclinera en plusieurs versions (transport de troupes, poste de commandement, observation pour l’artillerie et évacuation sanitaire). 
Le JAGUAR est un engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC) 6x6 d’environ 25 tonnes destiné à remplacer les chars légers AMX10RC et Sagaie, ainsi que les VAB équipés des missiles HOT. Il sera équipé du canon de 40 mm téléscopé réalisé en coopération franco-britannique, du missile moyenne portée MMP et d’un tourelleau téléopéré."

Rappelons aussi que: le Griffon sera commandé en 780 exemplaires. Le Jaguar sera commandé à 110 exemplaires au total.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/04/22/319-griffon-et-20-jaguar-la-menagerie-de-l-armee-de-terre-s-17972.html
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Aucun hélicoptère militaire français n’affiche un taux de disponibilié supérieur à 50%.

Message  Alain Vasseur le Ven 12 Mai 2017 - 17:12

12.05.2017






Lors des débats budgétaires de l’automne dernier, il a été beaucoup question de la disponibilité des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) et de la Marine nationale. À juste titre.

Lors de son audition devant les députés de la commission de la Défense nationale, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre, avait précisé que seulement 100 hélicoptères de l’ALAT étaient en mesure de décoller « au quotidien » pour un contrat opérationnel de 149 machines. Et d’ajouter : « Je ne peux me satisfaire de cette situation. »

Dans un rapport publié à la même époque, le député François Lamy s’était alarmé du fait que cette trop faible disponibilité des hélicoptères de l’ALAT induisait une « perte sèche de potentiel opérationnel. » De son côté, son collègue Gwendal Rouillard avait attiré l’attention sur les appareils mis en oeuvre par la Marine nationale, en particulier sur le NH-90 Caïman NFH. Sur les 17 exemplaires en service, 10 étaient immobilisés pour des opérations de maintenance.

Mais, responsables politiques et militaires pointaient les problèmes de disponibilité des hélicoptères, on ne disposait pas, à l’époque, des chiffres permettant d’avoir une idée précise de la situation. C’est désormais chose faite, grâce au député François Cornut-Gentille, qui les a demandé au ministère de la Défense.
Et, effectivement, le tableau n’est pas mirobolant : pour l’année 2016; aucun hélicoptère n’a affiché un taux de disponibilité supérieur, ou au moins égal, à 50%. Certains s’en approchent, comme les Dauphin, Panther (49,60%) et Gazelle (45,10%), d’autres en sont très loin.

Pour rappel, un appareil est dit « disponible » s’il est « apte à moins de 6 heures, au moins une mission correspondant à celles indiquées dans sa fiche de caractéristique militaire, sur tous sites d’emploi ». Les chiffres données par le ministère de la Défense sont des moyennes. En théorie, les matériels utilisés en opération extérieure sont pratiquement tout le temps « disponibles ».

Par rapport à 2015, la disponibilité de quelques types d’hélicoptères progesse. C’est le cas pour les Tigre (25,60% contre 21,4%), des Gazelle (45,10% contre 42,10%, avec cependant 14 machines retirées de l’inventaire), des Lynx (26,70% contre 17,50%) et des NH-90 NFH Caïman (38,40% contre 32%). Mais cette progression est encore insuffisante, d’autant plus que, dans le lot, des appareils comptent moins de 7 ans de service.

Si l’on prend le cas des hélicoptères d’attaque Gazelle, leur coût de maitien en condition opérationnelle (MCO) est de seulement 54,13 millions d’euros pour 101 exemplaires. Un montant à comparer avec les 88,61 millions d’euros de MCO pour les 59 Tigre en dotation au sein de l’ALAT.

Si certains taux de disponibilité progressent un peu, d’autres sont en revanche en baisse sensible d’une année sur l’autre, comme des 20 Alouette III encore en service, lequel a chuté de 13,7% pour atteindre 33,90%. Moins prononcée, la baisse de la disponibilité des NH-90 TTH Caïman est importante (-6,2%, pour s’établir à 41,40%), alors que trois nouveaux appareils ont été livrés. Et cela avec un coût de MCO de 61,53 millions pour 21 exemplaires.

Même chose pour les 58 Fennec de l’armée de l’Air, qui ont vu leur taux de disponibilité baisser de 6,7% par rapport à 2015, pour tomber à 37,10%. Avec une moyenne d’âge de plus de 40 ans et un coût de MCO conséquent (106,95 millions d’euros), les hélicoptères Puma et Super Puma paient le prix de leur ancienneté et de leur engagement dans la bande sahélo-saharienne, leur taux de disponibilité étant tombé largement en-dessous du seuil des 30% (à 27,70% pour être précis, soit une baisse de 5%). Les 18 Caracal font légèrement mieux, ces appareils affichant un taux de disponibilité de 31,70%, en baisse de 2,7%.

Enfin, la situation des 26 hélicoptères Cougar encore en dotation est catastrophique. Leur taux de disponibilité ne dépasse pas les 10% alors que 40,27 millions d’euros ont été dépensés pour leur maintien en condition opérationnelle. Mais il n’y a rien d’étonnant quand l’on sait, comme l’avait indiqué le député François Lamy, que la durée d’immobilisation de ces appareils pour leur maintenance est de 18 mois au lieu de 90 jours.


http://www.opex360.com/2017/05/12/aucun-helicoptere-militaire-francais-naffiche-un-taux-de-disponibilie-superieur-50/



http://lemamouth.blogspot.fr/2017/05/dispo-des-helicos-dantesque.html



Question au Gouvernement: État du parc d’hélicoptères militaires.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2016-2017/20170114.asp#P972331
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Alain Vasseur

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« Armées, évitons la rupture » , par le Général Vincent Desportes.

Message  Alain Vasseur le Ven 9 Juin 2017 - 3:07

La Croix, le 08/06/2017 à 14h40

Dans cette tribune, le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre et Professeur des universités associé à Sciences-Po appelle le nouveau gouvernement à apporter rapidement des réponses notamment budgétaires, à des armées « qui ont terriblement souffert » au cours des dernières années et à reconstruire une « autonomie stratégique » pour la France.


« Les armées sont dans un état critique. C’est avec soulagement qu’elles ont vu arriver leur nouveau ministre après cinq années de difficultés croissantes. Opportunément, la nouvelle appellation de « Ministère aux armées » indique clairement sa vocation : produire des armées équipées et entraînées, porteuses des capacités opérationnelles leur permettant de tenir toute leur place dans la politique de défense de la France.


Les armées en souffrance



Les autres directions, délégations et secrétariats sont ainsi intelligemment replacés, au service des armées qui sont la raison d’être de ce ministère. Les militaires attendent beaucoup de cette nouvelle mandature. En effet, depuis un quart de siècle, malgré l’évidence de la montée constante des menaces, malgré les mises en garde répétées des chefs d’état-major successifs, les armées ont terriblement souffert. Il a été trop demandé à leurs ressortissants, alors même que diminuaient les compensations de leurs immenses sujétions. Il a été facile de leur faire supporter l’essentiel des économies budgétaires et des diminutions d’emplois publics puisque l’obéissance des militaires, leur silence imposé, leur sens de l’abnégation et du devoir les a conduits à appliquer à la lettre, sans récrimination ni murmure, les coupes budgétaires franches, les déflations constantes d’effectifs, la dégradation de leurs conditions de travail, la disparition progressive des moyens indispensables à l’exercice de leur profession, à leur formation, à leur entraînement.


Des engagements non budgétisés



Pour des résultats bien faibles, le dernier quinquennat a terriblement accéléré cette dégradation. Cinq années de suremploi des armées, une addition d’engagements réactifs sans stratégie globale n’ont produit aucun résultat solide, ni en France, ni au Sahel, ni en Afrique noire, ni au Moyen-Orient : dispersées sur de trop nombreuses missions, éparpillées sur de vastes espaces hors de mesure avec les moyens engagés, les armées n’ont jamais pu déployer les masses critiques suffisantes pendant un temps suffisant pour transformer leurs remarquables succès tactiques en succès stratégiques durables. Ces engagements ont entraîné les forces sur la pente dangereuse du déclassement. Les déploiements se sont multipliés sans qu’en soient mesurées les obligations budgétaires, sans qu’aux guerres que la France conduisait correspondent les indispensables moyens. Il aura fallu l’action ignominieuse de trois terroristes pour qu’enfin soient prises en 2015 quelques mesures ralentissant la dégradation des armées. Surengagements, sous-budgétisation : le résultat est terrible. La priorité sera de rétablir l’adéquation entre les moyens et les missions. La rupture est proche, mais la France peut encore l’éviter.


Nos armées sont très malades



Les femmes et les hommes qui composent nos armées sont totalement investis dans leur engagement au service de la nation mais désabusés par le manque de considération concrète que la République leur porte. Les infrastructures militaires sont dans un état souvent désastreux ; des personnels trop absents de leurs garnisons et de leurs familles (jusqu’à 240 jours par an pour certains, avec des taux de divorce en augmentation constante) ; des stocks de munitions parfois très en dessous des seuils acceptables en ce temps de menace ; des taux de disponibilité opérationnelle des équipements catastrophiques, un vieillissement accéléré des matériels, des niveaux d’entraînement tombés depuis longtemps sous les normes de l’Otan alors même que l’armée française est la plus engagée au combat ; des opérations extérieures sous-financées depuis bien longtemps, ce qui rend le succès opérationnel et stratégique beaucoup plus difficile et met en danger les soldats.


Il faut éviter l’effondrement et vite !



Le ministre découvrira une organisation malade de l’empilement rapide de réformes successives. Elle constatera d’elle-même qu’il n’est plus raisonnable de chercher encore « du gras ». Elle comprendra qu’il est essentiel de « respecter les contraintes humaines et matérielles » comme s’y est engagé lui-même le président Macron à Gao le 18 mai.


Elle constatera la nécessité de reconstruire l’autonomie stratégique de la France profondément mise à mal par une succession de renoncements : la France ne peut conduire aujourd’hui aucune opération d’importance sans le soutien des armées américaines. Forger une politique militaire à la hauteur des enjeux de défense, remonter en puissance, améliorer les conditions de vie et de travail des militaires : c’est à un réinvestissement massif dans les armées qui s’impose et rapide si la France veut éviter que ses armées, trop fortement sollicitées, trop chichement financées, ne s’effondrent littéralement. Rompre avec le précédent quinquennat, lancer au plus vite les rectifications de trajectoire, forger d’emblée une nouvelle loi de programmation militaire : le chemin est tout tracé pour un ministre qui est bien davantage celui du futur que celui du présent.


Le président de la République l’a affirmé haut et fort au soir de son élection : il veut se mettre au service de la France. Il faut que le nouveau ministère aux armées soit enfin, à son instar, au service de ses armées.


http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Armees-evitons-rupture-General-Vincent-Desportes-2017-06-08-1200853451
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Alain Vasseur

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