Budget défense : ce que veut le général Pierre de Villiers.

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Budget défense : ce que veut le général Pierre de Villiers.

Message  Alain Vasseur le Ven 24 Mar 2017 - 3:46

Par Michel Cabirol  |  23/03/2017, 6:56 


Le chef d'état-major des armées souhaite une hausse de près de trois milliards d'euros en 2018. Entre 2018 et 2022, il vise une augmentation de 10 milliards d'euros pour parvenir à un effort de défense à hauteur de 2% du PIB.


C'est clair et net. C'est d'ailleurs clairement adressé "sans ambages" et avec "franchise" aux candidats participant à l'élection présidentielle. Le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a réaffirmé lors d'une conférence sur "les industries de défense, un atout pour l'économie ?" organisée mercredi par le Cercle des économistes, que les armées avaient besoin d'un effort de défense à hauteur de 2% du PIB en 2022. Soit 42,5 milliards d'euros (en euro constant de 2017, a-t-il précisé) contre 32,7 milliards en 2017. Le général Pierre de Villiers y inclut les surcoûts des opérations extérieures (en moyenne 1,3 milliard par an ces dernières années) et les pensions.


Le chef d'état-major des armées veut également une loi de programmation militaire (LPM) votée très rapidement. Au plus tard au premier semestre 2018. Elle devra couvrir la période 2018-2023 pour coller au plus près du quinquennat du futur président.


Quelles dépenses ?



Pourquoi une hausse de 10 milliards en cinq ans ? D'une part, la menace terroriste reste à un niveau très haut et la guerre sera longue, très longue pour vaincre cet ennemi. La réémergence des Etats puissances, comme la Russie, inquiète également. D'autre part, le modèle militaire français, qui est "complet" et "répond bien" actuellement, selon le chef d'état-major des armées, s'use plus vite que prévu. Car la multiplication des contrats opérationnels des armées "supérieurs de 30%" par rapport aux prévisions du livre blanc et le vieillissement accéléré des équipements en opération extérieures (OPEX) ne permettra pas à la France de tenir ses engagements. Le général de Villiers a rappelé que la France était la deuxième nation occidentale derrière les Etats-Unis à avoir le plus de militaires sur des théâtres extérieurs.


"Il faut inscrire une hausse des contrats opérationnels des armées à la mesure de ce que nous faisons actuellement", a estimé le chef d'état-major des armées.
En outre, la hausse du budget de la défense servira à combler les trous dans la raquette en termes de capacités (avions-ravitailleurs, avions de transports, moyens ISR...) et à moderniser la dissuasion française, clé de voute de la doctrine de défense française. Le renouvellement des deux composantes de la dissuasion exige de passer de 3,5 à 6 milliards par an à l'horizon 2020. Enfin, elle résoudra le problème des effectifs avec 2.500 militaires par an en plus sur la période.


Hausse des dépenses militaires dans le monde



2018 est une année clé pour le chef d'état-major des armées (CEMA), qui travaille depuis plus de trois ans main dans la main avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Il souhaite une augmentation du budget de la défense d'un peu moins de trois milliards par rapport à 2017 (contre 800 millions prévus actuellement), dont un milliard pour les OPEX. Soit 35,5 milliards d'euros. Puis, il vise une croissance du budget de deux milliards par an jusqu'en 2021. Soit 39,5 milliards en 2020, et, enfin, 42,5 milliards en 2022. Il a confié que cette montée en puissance était en cours de chiffrage au ministère de la Défense.


Une augmentation raisonnable par rapport à certaines hausses des dépenses militaires dans le monde. "Le monde réarme", a rappelé le général de Villiers. Ainsi, la Chine a fait croître son budget de 7% pour le porter à 143 milliards d'euros. Plus fort encore, les États-Unis de Donald Trump vont augmenter de 9% le budget de la défense en 2018. Soit la bagatelle de 54 milliards d'euros supplémentaires pour le Pentagone, dont le budget va culminer à 639 milliards de dollars. Plus près de la France, onze États de l'Union européenne ont déjà augmenté leur budget de défense, entre 2013 et 2014 (Autriche, Belgique, Danemark, Estonie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Suède). L'Allemagne a promis d'aller vers des dépenses de défense à hauteur de 2% de son PIB.


Un budget de défense allemand à 65 milliards



D'ores et déjà, l'Allemagne a décidé faire bondir de 8% son budget de défense entre 2016 et 2017. Il va augmenter de plus de 2,7 milliards d'euros par rapport à celui de 2016, passant de 34,28 milliards l'an dernier à 37 milliards d'euros cette année. Sans avoir de surcoûts OPEX et sans dissuasion. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a annoncé que le budget allemand de la défense augmenterait de 1,4 milliard pour atteindre 38,5 milliards d'euros en 2018, soit 1,26% du produit intérieur brut. En 2016, ce pourcentage était de 1,18%. Durant sa visite à Washington, Angela Merkel a réitéré que l'objectif était bien d'atteindre 2% du PIB vers le milieu de la prochaine décennie.


Ce qui ne passe pas inaperçu à la direction générale de l'armement (DGA). Le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon a estimé lors de cette conférence que ce réarmement allemand "mérite notre attention". Et d'indiquer qu'un effort de défense de 2% du PIB équivaut en Allemagne à 65 milliards d'euros. Loin, très loin des 42,5 milliards en France."Il va falloir s'accrocher aux wagons allemands", a estimé Laurent Collet-Billon.
 
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/budget-defense-ce-que-veut-le-general-pierre-de-villiers-668838.html


http://www.gendxxi.net/t5696-defense-maintenance-pourquoi-l-armee-francaise-est-en-peril?highlight=general+de+villiers


http://www.gendxxi.net/t5539-menace-terroriste-le-general-de-villiers-sinterroge-sur-lexternalisation-du-gardiennage-des-sites-militaires?highlight=general+de+villiers


http://www.gendxxi.net/t3837-grande-muette-les-grades-ouvrent-la-boite-des-pandores
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Alain Vasseur

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Général de Villiers : « La logique du toujours plus avec moins conduit tôt ou tard à la défaite ».

Message  Alain Vasseur le Mar 11 Avr 2017 - 20:57

Depuis quelques mois, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, publie régulièrement des « lettres à un jeune engagé » dans lesquelles il défend les valeurs qui doivent animer chaque militaire. Dans sa dernière livraison, le CEMA aborde un sujet délicat en ces temps de campagne électorale. En effet, il a choisi de […]


Lire


http://www.opex360.com/2017/04/11/general-de-villiers-la-logique-du-toujours-plus-avec-moins-conduit-tot-ou-tard-la-defaite/
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Alain Vasseur

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Défense : les 2% du PIB en 2022 ne sont pas en option.

Message  Alain Vasseur le Lun 5 Juin 2017 - 2:57

02 juin 2017 • Agnès Verdier-Molinié  ifrap


Si l’on raisonne en termes de poids dans le budget annuel de l’Etat français, la Défense est passée de 14% en 1982 à 10% en 2016. En termes de part consacrée à la Défense par rapport au total des richesses produites, le ratio est passé de 3,1% du PIB en 1982 à 1,88% en 2011 et 1,73% en 2015. Ce qui correspond à une division par deux de l’effort de défense français en trente ans. Le ministère de la Défense est aussi le ministère qui s’est le plus réformé sous la pression des coupes budgétaires successives. La Défense a supporté à elle seule quelques 40% de l’effort décidé par la RGPP. De 2008 à 2019, la défense aura perdu 50 000 postes. Avec les conséquences que l’on sait : même si notre armée reste théoriquement capable de mener n’importe quel type de mission, les nombreuses déflations d’effectifs dans les forces de combat et surtout dans les fonctions de soutien mettent clairement en danger notre capacité à fournir une « masse critique » d’hommes et de matériels. 

Dans le même temps, les Français attendent que l’Etat les protège mieux : 66% d’entre eux pensent même que la situation sécuritaire actuelle nécessite un effort budgétaire supplémentaire, près de 17 points de plus qu’en 2015. Cette prise de conscience de l’importance de la mission régalienne de défense est évidement liée à la menace que fait planer sur la France l’organisation terroriste de l’Etat Islamique. 
 
Le nouveau quinquennat qui commence doit marquer un clair changement de vision stratégique pour la Défense nationale. Malgré les efforts louables de Jean-Yves le Drian quand il était à l’hôtel de Brienne pour sauvegarder -souvent in extremis-  les ressources et réorganiser les services, nul ne peut se satisfaire de la situation globale de nos armées. Elles sont tout simplement harassées par une activité opérationnelle très soutenue qui est près de 30% supérieure dans certains domaines au contrat opérationnel édicté par le Livre Blanc 2013. Les exigences des engagements actuels, entre les opérations extérieures et intérieures, induisent une véritable surchauffe budgétaire et opérationnelle qui met en danger l’endurance de notre outil militaire.

Il est temps de donner à nos armées de vraies marges de manœuvre. Concrètement, la Fondation iFRAP recommande une impulsion budgétaire importante avec une nouvelle Loi de Programmation Militaire 2018-2023 qui serait adoptée à l’automne 2017. Cette nouvelle LPM comprendrait quelques 240 milliards d’euros (constants 2017) sur sa période d’exécution. Cela représenterait environ 50 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la Loi de Programmation Militaire Initiale 2014-2019.

Cette nouvelle LPM consacrerait une Force Opérationnelle Terrestre de 77 000 hommes mieux équipée et encore plus capable de développer et d’entretenir ses compétences. Au total, le nombre de postes du ministère serait de 283 661 en 2023 avec 15 000 embauches supplémentaires. La réserve opérationnelle serait aussi mieux dotée, mieux entraînée et plus souple à déployer. Elle serait notamment apte à soulager nos forces d’active dans les opérations intérieures comme Sentinelle très consommatrices en personnels. Dans cette LPM, serait programmée la montée en puissance de nos services de renseignements et de nos capacités en cyberdéfense (5,5 milliards de plus). La rénovation urgente des emprises militaires qui le nécessitent, tant au niveau de la qualité des infrastructures que de leur sécurisation est aussi proposée dans cette loi de programmation (1 milliard d’investissements supplémentaires). Un investissement massif dans l’entretien des matériels pour accroître leurs taux de disponibilité respectifs est aussi urgent. Comme l’est  le remplacement des plus anciennes générations, certaines âgées de plus de trois décennies : ainsi, l’accélération du programme Scorpion, le lancement en urgence du programme de patrouilleurs maritimes, 2 à 3 frégates supplémentaires, le changement de nos pétroliers ravitailleurs, la commande d’avions-ravitailleurs Phénix supplémentaires (soit un investissement dans les matériels de nos trois armées d’environ 12 milliards). Dans le même temps, nous devons continuer d’investir massivement dans la recherche et le développement de technologies de défense innovantes. En parallèle de tout cela, les deux composantes, aériennes et sous-marines, de la dissuasion nucléaire doivent impérativement être modernisées à partir de 2020 (pour un coût de 8,5 milliards). Une fois que tous ces objectifs seront remplis, il s’imposera aussi de songer à l’accroissement quantitatif du format de nos flottes, que ce soit l’aviation de combat, la flotte de transport ou encore la flotte d’hélicoptères de manœuvre.

2 points de PIB pour la défense (les dépenses sociales sont à 34…), c’est à ce prix que nous préserverons un modèle de défense capable d’agir sur tout le spectre des menaces à la fois intérieures et extérieures, maritimes aériennes et terrestres tout en alliant cohérence, endurance et puissance. 

Cette tribune a été publiée dans les pages des Echos, vendredi 2 juin 2017.
http://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/defense-les-2-du-pib-en-2022-ne-sont-pas-en-option




 Quelles seront les priorités des armées avec un budget de la Défense porté à 2% du PIB?

http://www.opex360.com/2016/11/16/quelles-seront-les-priorites-des-armees-avec-budget-de-la-defense-porte-2-du-pib/


 Défense - Maintenance: pourquoi l'armée française est en péril.

http://www.challenges.fr/entreprise/defense/peril-sur-l-armee-francaise-seul-un-tiers-des-helicopteres-est-en-etat-de-vol_436969
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2,66 milliards en moins pour la Défense: comme d'hab' selon le cab'.

Message  Alain Vasseur le Mer 7 Juin 2017 - 2:13

06.06.2017.

Dans un article publié ce mardi, La Tribune affirme de "sources concordantes" que le ministère de l'Economie a décidé d'amputer de 2,66 milliards d'euros le budget du ministère des Armées pour l'exercice en cours. L'article est à lire ici.

Le cabinet de Sylvie Goulard a précisé qu'aucune décision n'a "été prise depuis l'arrivée du nouveau gouvernement concernant les crédits de la Défense pour l'année 2017".

Les décisions évoquées participent d'"une régulation des crédits de la Défense, comme c'est le cas au demeurant pour les autres ministères chaque année", dans le cadre du projet de loi de finances pour 2017 adopté par le Parlement le 20 décembre dernier, précise le cabinet.

"Le montant total de cette régulation (...) s'élève en effet à 2,7 milliards d'euros", a-t-on indiqué au cabinet. Dans le détail : une réserve de précaution de 1,6 milliard d'euros, un gel des crédits de report de 2016 sur 2017 à hauteur de 715 millions (décidé en mars) et un "surgel" de 350 millions d'euros (en avril) "visant traditionnellement à conserver des marges de manoeuvre pour la majorité issue des élections."

"Le montant de ces mesures de régulation est du même ordre de grandeur, à la même date, que celui qui a été appliqué en 2016 (2,7 milliards d'euros)", souligne le cabinet.


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Accélérer le programme Scorpion : quelles possibilités ?

Message  Alain Vasseur le Ven 9 Juin 2017 - 3:16

08 juin 2017 • Nicolas Maldera  ifrap


Accélérer le programme de renouvellement des capacités de combat médianes de l’armée de Terre est un sujet sensible, discuté à de nombreuses reprises. Avec l’intense utilisation opérationnelle des blindés en opérations extérieures, certains décideurs invitent, comme Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, à « mettre en perspective l’accélération potentielle du programme Scorpion, comprenant d’excellents véhicules […] avec l’indisponibilité de certains véhicules qui subissent un acharnement thérapeutique »......



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