Le service militaire, objet de fantasmes politiques.

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Le service militaire, objet de fantasmes politiques.

Message  Alain Vasseur le Mar 4 Avr 2017 - 3:02

2 avril 2017, 23:30 CEST    The Conversation   Bénédicte Chéron


On n’en finit plus, dans cette campagne électorale, de débattre du service national obligatoire. Lors des primaires, à gauche et à droite, les candidats favorables à son rétablissement sous une forme ou sous une autre, ou à la fabrication d’ersatz du défunt service militaire, ont finalement été sortis. On se souviendra notamment du projet cocasse imaginé par Nicolas Sarkozy de confier les décrocheurs scolaires aux armées.


Emmanuel Macron est venu remettre le sujet sur le tapis en présentant son programme pour la défense, le 2 mars dernier, à Paris. Il y a fait une annonce fracassante : rétablir un service national universel d’un mois encadré par des militaires et des gendarmes.


Objectif cohésion sociale



Un mois et quelques fluctuations langagières plus tard, on peine encore à savoir précisément ce que veut le candidat. En fonction des déclarations successives il s’agirait d’une conscription d’un nouveau genre, à mi-chemin entre un allongement de l’actuelle « Journée défense et citoyenneté », les fameuses « classes » qu’ont connues des générations d’appelés, et une formule raccourcie de l’actuel service militaire volontaire (SMV). Ce service volontaire est lui-même inspiré du service militaire adapté que les départements et collectivités d’outre-mer connaissent depuis 1961, et n’a aucune finalité militaire (les stagiaires ne touchent pas une arme).


Finalement, une seule certitude paraît se dégager : malgré un éventuel et rudimentaire apprentissage du maniement des armes sur lequel le candidat ne s’est pas clairement prononcé, ces jeunes Français n’auront pas vocation à combattre pour la nation. C’est donc bien d’abord un objectif de cohésion sociale qui est affiché.


La suite de l'article en cliquant sur le lien ci-dessous.


https://theconversation.com/le-service-militaire-objet-de-fantasmes-politiques-75503



http://www.gendxxi.net/t4936-allemagne-france-vers-un-retour-du-service-militaire-obligatoire?highlight=service
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Le service militaire comme réponse à la menace terroriste ?

Message  Alain Vasseur le Lun 10 Avr 2017 - 2:32

Par Sébastien RONPHE, élève-avocat, et Elodie MAUMONT, avocat associé

Le service militaire constitue un véritable curseur de la menace pesant sur une Nation.

La Suède a récemment procédé au rétablissement du service militaire obligatoire, au regard du réarmement de la Russie.

Pourtant supprimé en 2010, le service militaire obligatoire suédois sera effectué par 4000 jeunes hommes et femmes durant une période de 9 à 12 mois dès le 1er janvier 2018.

La nomination de la menace justifiant le rétablissement d’une telle mesure, à savoir la Russie, n’est pas anodin. En effet, la Suède désigne un ennemi et forme sa jeunesse au métier de soldat.

La question du rétablissement du service militaire n’a pas épargné la France, dont la période électorale est de nature à favoriser l’émergence de mesures symboliques.

Les deux candidats actuellement en tête des sondages, Emmanuel Macron et Marine le Pen, ont tous deux déclaré être favorables au rétablissement du service militaire en France, le souhaitant respectivement d’une durée d’un mois et de trois mois.

Au-delà des promesses faites par les candidats à l’élection présidentielle, l’inscription de la question du rétablissement du service militaire dans ce débat traduit la réalité de la menace pesant sur la France.

La décision de former la jeunesse au métier de soldat, et donc de la sensibiliser au métier de la guerre, permet d’établir que la menace terroriste ressentie aujourd’hui devra l’être encore durant de nombreuses années.

Bien que déjà concrétisée par de nombreuses attaques, il ne s’agit pas d’une menace ponctuelle que nos forces armées et nos services de renseignement peuvent éteindre à court ou moyen terme. La menace va peser sur la durée.

Le rétablissement du service militaire, mesure lourde tant symboliquement que budgétairement, est donc en question.

Eu égard à la petitesse des durées évoquées, un mois, ou trois mois, il peut être considéré que la volonté des responsables politiques dont émanent ces propositions n’est pas de former une génération de soldats.

L’intention serait dès lors d’avantage de sensibiliser le jeune peuple à son armée, afin de rétablir un lien oublié.

Au travers de ce lien, des vocations pourront naître.

Mais surtout, une cause pourrait être ainsi offerte aux jeunes qui n’en ont plus, afin d’éviter que ces derniers ne basculent dans la cause perdue de la menace.

A suivre…Au-delà des promesses, quels seront les actes ?

© MDMH – Publié le 24 mars 2017
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Bertrand Soubelet : « Ce que devrait être le service national ».

Message  Alain Vasseur le Jeu 20 Avr 2017 - 19:19

       Par Bertrand Soubelet                                 Publié le 19/04/2017 à 17:50


FIGAROVOX/TRIBUNE- Le général Bertrand Soubelet, ancien proche d'Emmanuel Macron qui a quitté En Marche ! en mars 2017, défend la création d'une « période citoyenne » obligatoire de deux mois.


Général de corps d'armée, ex-numéro trois de la gendarmerie nationale, Bertrand Soubelet est l'auteur de Tout ce qu'il ne faut pas dire(Plon), ouvrage sans concessions sur la situation de la France, et Sans autorité, quelle liberté?(éd. de l'Observatoire).


La proposition d'Emmanuel Macron de créer un service national a fait l'objet de nombreux commentaires qui tiennent davantage de la réaction politicienne que du débat de fond. Il est toujours étonnant de constater le peu d'envergure de certaines analyses.

Cela dit, il me semble utile de revenir au projet initial, celui que j'avais soumis à l'automne 2016 et qui figurait parmi les nombreuses propositions de mon premier ouvrage et j'évoquais alors une période de deux mois, et non un mois.

Cette période de deux mois n'est pas une «colonie de vacances» et ne saurait constituer une mission supplémentaire à imposer aux armées.

Je l'avais baptisé période citoyenne ; elle se veut un formidable élan et vise à:

- Améliorer la cohésion au sein de la population, en faisant vivre et travailler ensemble des jeunes d'horizons divers pendant une période significative ;
- Redonner le goût de l'effort, et la confiance aux jeunes, en leur offrant un cadre de vie structuré et des activités au profit de la collectivité ;
- Réhabiliter la notion de l'autorité pour les aider à préparer leurs débuts dans la vie active ;
- Dépister les populations les plus fragiles pour une meilleure prise en charge par la suite (illettrisme, addictions, difficultés comportementales ou sanitaires, etc.) ;- Faire un bilan de formation et dispenser les compléments nécessaires.

En réalité, ces deux mois constituent l'aboutissement d'un parcours citoyen entamé pendant la scolarité, à partir de la fin du primaire, au collège et au lycée.

Il s'agit, selon des modalités à décider avec tous les partenaires - éducation nationale, forces armées, forces de sécurité, pompiers, ministère de la justice - de donner aux jeunes Français dans les établissements scolaires des informations régulières sur le fonctionnement de nos institutions régaliennes. Dès le collège, des activités de découverte dans ces différents milieux seraient organisées en semaine, et parfois sur le temps libre.

Pour les huit semaines finales, quatre seraient consacrées à l'acquisition des repères de la vie en groupe, un bilan médical et des activités partagées pour développer le goût de l'effort et du dépassement de soi. Cette formation visant à renforcer l'esprit citoyen, à inculquer les valeurs de la République, et sensibiliser aux questions de défense et de sécurité, pourrait être utilement complétée, après un bilan de compétences en fonction des besoins et des appétences des jeunes.

Les quatre dernières semaines seraient l'occasion de donner du temps au service de la collectivité. Un mois passé dans un cadre civil, associatif ou humanitaire, ou bien de sécurité dans les armées, la gendarmerie, la police, les sapeurs-pompiers et ce, en fonction des désirs et des objectifs de chacun. Il s'agit bien d'une période obligatoire, mais dont le choix de l'organisme d'accueil est laissé à la discrétion du jeune.

Il s'agit donc avant tout de créer un rapport à la Nation: le jeune recevra de la part de la société (un cadre structuré, une ouverture sociale et intellectuelle), mais devra également donner, de son temps et de son énergie, au profit de la collectivité.

Pourquoi une période obligatoire?

Parce que sans cette obligation, nous allons continuer à creuser l'écart entre ceux qui voudront le faire, soucieux de s'insérer et de participer à un projet collectif, et ceux qui sont déjà en difficulté et qui, compte tenu de leur vécu et pour de multiples motifs, ne seraient pas spontanément volontaires. Je suis convaincu que l'effort et la «contrainte» intelligente sont des principes structurants. D'ailleurs, n'est-ce pas ce que chaque parent expérimente au quotidien avec ses enfants?

Quel rattachement?

Pour cela, je propose de donner un grand souffle à un ministère qui s'étiole et d'en faire un ministère d'État, celui de la Jeunesse.

A ceux qui s'agitent et pensent qu'un général de corps d'armée fraîchement sorti des rangs serait assez irresponsable pour recycler ce qui a été réformé par Jacques Chirac en 1997, je rappelle qu'il ne s'agit pas de recréer un service militaire. Nous bénéficions d'une armée professionnelle et de forces de sécurité tout juste dimensionnées pour assurer leurs missions.

Nous ne pouvons plus demander aux armées de s'impliquer massivement car ce serait reproduire les pratiques erratiques des gouvernements depuis une vingtaine d'années: diminuer les moyens, demander aux armées de se recentrer sur leur cœur de métier et puis, au hasard des contingences et des circonstances, exiger d'elles d'assumer des missions sans rapport avec les armées professionnelles. Soyons clairs et inflexibles: il serait dangereux de continuer à solliciter le ministère de la Défense au-delà de ses possibilités. Les Armées ne sont pas la variable d'ajustement budgétaire des décisions politiques.

Par ailleurs, l'enjeu de ce parcours citoyen impose un rattachement particulier: il ne s'agit plus d'une question de défense nationale, mais de cohésion nationale. Ce qui n'exclut pas d'associer à l'encadrement militaire (active ou réserve) à ce grand chantier. A mon sens, c'est même l'une des conditions sine qua non de l'acceptabilité et de la cohérence de cette mesure et de son appropriation par le plus grand nombre.

Le ministère de la Jeunesse serait donc le pilote dans la durée, de l'ensemble des dispositifs «jeunesse», à savoir: Parcours citoyen, Service civique, EPIDE.

Quelles sources de financement?

Tout a un coût. Cessons cette course à l'échalote commune à tous les candidats du «ça ne coûtera rien». Combien coûtent ceux qui sont ni dans le circuit de formation, ni dans celui de l'emploi? Combien coûtent les centres de dé-radicalisation, «les sparadraps» des zones franches et autres zones pour tenter, par un acronyme barbare, de recoller avec un semblant de sérieux des banlieues qui se sentent exclues du projet national? L'Etat devra contribuer, mais d'autres sources de financement doivent être recherchées. Les entreprises ont aussi leur rôle à jouer ; elles sont déjà la première source d'intégration des jeunes et le principal formateur des salariés. Elles pourraient contribuer à cet effort national, par le recrutement de jeunes à qui le parcours citoyen aura inculqué les repères et les règles élémentaires de la vie en collectivité, de la vie en société.

Les chiffres dont tout le monde parle sont fantaisistes. Ils ont été donnés en prenant comme postulat de réhabiliter des casernes et de refaire un service militaire bis. En un mot faire du neuf avec du vieux. Cela n'est pas possible.

En revanche, il doit être possible d'engager un dialogue avec les collectivités territoriales et les comités d'entreprises des grands groupes qui possèdent des infrastructures immobilières partout en France et qui ne sont utilisées que quelques mois par an.

Abandonnons nos vieux réflexes, sortons de nos schémas mentaux habituels, réfléchissons, échangeons, dialoguons et des partenariats intelligents limiteront les coûts d'investissements. Quant aux coûts de fonctionnement, ils sont évalués à 2 milliards par an, c'est à dire 3 % du budget de l'éducation nationale pour la jeunesse de France…

Qui osera dire que c'est trop cher?

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/04/19/31001-20170419ARTFIG00240-bertrand-soubelet-ce-que-devrait-etre-le-service-national.php



Élysée 2017 : Le service militaire devrait donc être bientôt rétabli en France  26.04.2017.

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Le ministère des armées ne veut plus parler de « service militaire ».

Message  Alain Vasseur le Jeu 15 Juin 2017 - 18:11

15 juin 2017 à 16h21

Au ministère des armées, les éléments de langage semblent interdire de prononcer les mots de « service militaire » lorsqu’il est question de la promesse d’Emmanuel Macron. Il faut dire que la communauté de défense n’est guère enthousiaste à l’idée d’un retour à une forme de conscription obligatoire, même limitée à un mois.


Le programme du candidat Macron, comme on peut le vérifier ici, évoquait aussi bien un « service national » qu’un « service militaire ». A l’Hotel de Brienne, on cherche aujourd’hui à le démilitariser le plus possible... Même si l’on reconnait que « la Défense prendra sa part » et qu’il aura « une dimension militaire », on y insiste sur « la dimension sociale et sécuritaire », cette dernière impliquant le ministère de l’Intérieur. Ce projet « interministériel » devra sans doute faire l’objet d’ « une phase d’expérimentation et d’évaluation ». Une commission pourrait être mise en place pour réfléchir à ce projet, dont - aujourd’hui - personne ne s’occupe à l’Elysée. La mise en place de ce nouveau service obligatoire « prendra un peu de temps » assure une source bien informée : « Ce ne sera pas cette année, peut-être l’année prochaine ». Sans garantie, donc.


En complément, lire l’article paru aujourd’hui dans l’Opinion (pour les abonnés) dont voici les premières lignes. « On n’en parle plus. Peut-être qu’une campagne électorale n’est pas le meilleur moment pour annoncer aux jeunes, garçons et filles, qu’ils seront bientôt obligés de passer un mois sous les drapeaux ? Et que le « service militaire universel » promis par le candidat Macron coûtera « une blinde », comme le dit un proche du dossier ? « Si ça se fait… », soupire une source gouvernementale. L’annonce d’Emmanuel Macron, le 18 mars, avait créé la surprise.

http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/ministere-armees-ne-veut-plus-parler-service-militaire-128976



La promesse de rétablissement du service militaire a disparu des radars
http://www.lopinion.fr/edition/politique/promesse-retablissement-service-militaire-a-disparu-radars-128849



Le rétablissement du service militaire coûterait trop cher à la Défense
http://www.leparticulier.fr/jcms/p1_1690824/le-retour-au-service-militaire-couterait-trop-cher-selon-le-senat
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« Service national » : le Premier ministre n’évoque plus l’obligation.

Message  Alain Vasseur le Mar 4 Juil 2017 - 16:44

04 juillet 2017 à 16h24



Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Edouard Philippe a très brièvement évoqué la promesse d’un « nouveau service national ». « Une réflexion sera conduite avant la fin 2017 » a-t-il indiqué, sans préciser qui en serait chargé. Contrairement au candidat Macron qui insistait sur la dimension « militaire » de ce service, le chef du gouvernement n’a pas prononcé ce mot - pas plus que celui d’ «obligatoire », contrairement là encore au candidat Macron.
 
(Lire mon article dans l’Opinion du 14 juin sur le même sujet)

Pour le reste, les questions de défense ont été très rapidement survolées avec la confirmation d’une Loi de programmation militaire, l’an prochain, dans la perspective, réaffirmée des 2% du budget en 2025.

http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/service-national-premier-ministre-n-evoque-plus-l-obligation-130314




Le Premier ministre confirme la mise en place d’un « nouveau service national »

http://www.opex360.com/2017/07/05/le-premier-ministre-confirme-la-mise-en-place-dun-nouveau-service-national/

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