Le cannabis en France : état des lieux et réponses publiques.

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Le cannabis en France : état des lieux et réponses publiques.

Message  Alain Vasseur le Jeu 23 Avr 2015 - 2:56

Le cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus disponible et consommée en France. Une personne sur quatre, entre 11 et 75 ans, déclare en avoir déjà fait usage, ce qui représente 13,4 millions d’expérimentateurs (un quart environ de la population). La diffusion du cannabis touche tout particulièrement les jeunes générations (15-30 ans). Au-delà de l’initiation, les niveaux de consommation des jeunes Français dépassent nettement la moyenne européenne. Paradoxalement, en dépit d’une législation parmi les plus sévères d’Europe (supposée être dissuasive), la France est un des pays les plus consommateurs de cannabis, surtout parmi les jeunes.

Ce « paradoxe français » alimente des controverses récurrentes sur l’efficacité de l’interdit et le statut légal du cannabis. Certains plaident pour une dépénalisation de l’usage, voire de la détention de petites quantités destinées à l’usage personnel, ce qui permettrait, selon eux, de rendre la consommation moins transgressive et donc à la fois moins attractive et mieux contrôlable. Pour d’autres, la dépénalisation pourrait être perçue comme un relâchement, au risque d’aggraver les maux liés à l’usage du produit.

Lire cet article de Ivana Obradovic (OFDT) sur La Vie des Idées

http://www.laviedesidees.fr/Le-cannabis-en-France.html


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/04/22/31003-20150422ARTFIG00271-cannabis-pourquoi-les-jeunes-consomment-toujours-plus-de-drogues.php
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Dépénaliser le cannabis "déplacerait la question" pour Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation.

Message  Alain Vasseur le Mer 28 Sep 2016 - 11:54

Escalade de violence dans l'agglomération grenobloise. Depuis le début du mois de septembre, six personnes ont été blessées par balle dans des règlements de compte liés aux trafics de drogue. Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation à Marianne réagissait mercredi matin sur France Bleu Isère.
Quinze fusillades en un mois depuis début septembre dans l'agglomération grenobloise. Le phénomène inquiète. Frédéric Ploquin est journaliste à l'hebdomadaire Marianne mais aussi écrivain. Depuis des années, il est spécialisé dans les questions de la politique, du banditisme et du renseignement. Son dernier ouvrage, Les gangsters et la République, est sorti chez Fayard et traite des connexions entre les bandits et les hommes politiques.

La légalisation du cannabis pourrait-elle réduire ces violences ?

"Je laisse de côté le débat qui concerne les questions de santé, d'éducation, de contrôle, parce que je crois que ce serait extrêmement difficile à mettre en vigueur. Comment est-ce qu'on ferait pour en vendre aux adultes et pas aux mineurs ? Comment est-ce qu'on ferait pour contrôler la qualité du cannabis ? Est-ce que si l'État vend une sorte de cannabis d'une certaine qualité, vous avez pas les voyous qui se disent 'on va en vendre du meilleur et moins cher ?'."
Ils auront toujours besoin des territoires pour vendre de la cocaïne, de l'héroïne, pour Frédéric Plochin
"Par ailleurs il n'y a pas que le cannabis comme drogue. Ils auront toujours besoin des territoires pour vendre de la cocaïne, de l'héroïne, ou d'autres drogues de synthèse. Ça déplacerait la question, et ça poserait à mon sens d'autres d'autres questions tout aussi importantes."
La légalisation du cannabis était un débat mis sur la table par Éric Piolle, le maire de Grenoble, il y a quelques semaines.

La lutte contre les trafics de drogue fonctionne-t-elle ailleurs en France ?

"Ce qui me frappe c'est que tout le monde s'est focalisé sur Marseille. On met vite à la trappe un certains nombre de fait qui se passent notamment à Montpellier, Lyon, en région parisienne, ou même à Grenoble. La police fait son travail à Marseille, démantèle des réseaux etc. Mais le fait de de déstabiliser en permanence ce milieu là génère en soi des règlements de comptes. Il y a des guerres pour la reprise de contrôle des territoires. Par ailleurs - et ça c'est un peu la caractéristique de l'agglomération grenobloise - il y a des contentieux entre bandes rivales qui ne sont pas solvables par d'autres moyens que par la mort."
Patrick Mairesse, le Directeur Départemental de la Sécurité Publique, invité de France Bleu Isère il y a quelques jours allait dans ce sens, parlant de "l'envie réelle d'un match retour dans certains quartiers". Notre justice ils s'en moquent. Ils ont leurs propres méthodes, leurs propres règles, assure Frédéric Ploquin. Vous avez beau mettre 20-30 policiers en plus, quelques part ils sont sur leurs rails et attendent le bon moment pour régler leurs comptes."
Pour Frédéric Ploquin, il y a des contentieux entre bandes rivales qui ne sont pas solvables par d'autres moyens que par la mort
Le maire d'Échirolles, Renzo Sulli, appelle à une table ronde sur la sécurité dans l'agglomération. Une rencontre que la Préfecture semblerait prête à organiser au niveau de la Zone Police.


https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/depenaliser-le-cannabis-deplacerait-la-question-pour-frederic-ploquin-journaliste-d-investigation-1475046964
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Plan européen drogue 2017-2020 : les nouvelles politiques sur le cannabis.

Message  Alain Vasseur le Jeu 6 Avr 2017 - 3:03




Au moment où l'observatoire européen des drogues (OEDT) vient tout juste de présenter sa stratégie à l'horizon 2025, le bilan du dernier plan d’action drogue de l'UE a été rendu public et, d’après la Commission européenne, la mise en œuvre de ce plan est plutôt bon.

Un nouveau plan d'action 2017-2020 va donc être lancé dans le sillage du précédent. A noter que des études sont prévues sur les mesures prises actuellement à l’égard du cannabis dans le monde, au vu du débat dans certains États membres et au niveau international. L'évaluation du rapport 2013-2016 mentionne que l’absence de débat sur les politiques adoptées récemment à l’égard du cannabis a été soulevée par bon nombre des acteurs consultés dans le contexte de la rédaction de l'évaluation. 





http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2017/04/05/Plan-europeen-drogue-2017-2020

http://securiteinterieurefr.blogspot.fr/2017/04/plan-drogue-2017-2020-des-recherches.html
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"""Oser la régulation du cannabis."""

Message  Alain Vasseur le Sam 10 Juin 2017 - 2:19

Par Pierre-Yves Geoffard, Professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS. et Jean-Pierre Couteron, Président de la Fédération Addiction — 8 juin 2017 à 18:18


Alors que la Fédération Addiction organise ses 7es journées au Havre, l'économiste Pierre-Yves Geoffard et l'addictologue Jean-Pierre Couteron défendent une légalisation encadrée du cannabis.



Les drogues ne sont pas des produits ordinaires : modifiant l’état de conscience, pouvant entraîner des situations de dépendance chez certains usagers, leur consommation comme leur production sont le plus souvent strictement encadrées par la loi. Mais les modalités de l’encadrement varient beaucoup d’un pays à l’autre, et s’adaptent aussi aux différentes drogues et à des modes de consommation qui évoluent eux-mêmes rapidement.


A l’heure où le nouveau président de la République a évoqué son désir de restaurer dans notre pays un esprit de conquête, où il oppose «les conservateurs passéistes qui proposent au Français de revenir à un ordre ancien et les progressistes réformateurs qui croient que le destin français est d’embrasser la modernité», il est temps de faire évoluer radicalement la politique française des addictions.


Ne pas voir que la production, le commerce, l’offre et les fonctions ont profondément changé nous condamnerait à poursuivre l’échec d’une politique de prohibition ouverte dans les années 70. Cet échec est chiffré et documenté : l’augmentation des usages, la diversification des substances, la multiplication des personnes qui en consomment, une politique pénale inégalitaire et qui cible des populations plus que d’autres, un coût budgétaire énorme.


Echec et fausses évidences



Cet échec a aussi impacté les pratiques professionnelles, les enfermant dans le piège d’addictions pensées exclusivement comme un délit où une maladie. La prévention a été réduite à agiter la peur, celle de la sanction ou celle de la maladie, oubliant l’éducation et la réduction des risques. Enfin, la prohibition a aussi enfermé l’opinion publique dans de fausses évidences: aujourd’hui encore, la crainte de trop de nos concitoyens est que la non pénalisation de l’usage soit un retrait de l’Etat aggravant le vide et l’absence de repères. La grande banalisation de l’offre d’alcool, encore plus depuis le récent nouvel assouplissement de la loi Evin, renforce dangereusement l’écart de perception entre les drogues illicites, dont le cannabis, et l’alcool, dont les risques d’abus sont encore trop sous-estimés.


Le ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en œuvre d’ici trois mois d’une réponse par la contravention aux faits d’usage de cannabis. Présentée comme une volonté d’alléger le travail des forces de police, on ignore encore quasiment tout des aspects pratiques de cette mesure : quelles seront les mesures d’accompagnement des consommateurs les plus en difficultés et les plus vulnérables ? Comment ne pas accentuer la pression judiciaire sur des personnes dont l’usage ne nuit pourtant pas fondamentalement à l’ordre public ? Avec cette mesure, le statut pénal de la sanction serait certes changé, mais les problèmes sociaux posés par la circulation du cannabis resteront entiers tant que la production et la distribution resteront clandestines, soumises au règne de réseaux criminels qui détruisent tant de quartiers.


Pour une approche économique du problème



Il ne s’agit donc pas de toiletter et simplifier les pratiques policières, mais de réformer une politique qui a échoué. Un soutien aux familles en déployant enfin les différents programmes de développement des compétences psychosociales dont l’utilité a été largement prouvée, une diversification de l’accompagnement des personnes qui consomment, par l’approche d’intervention précoce qui a commencé à remporter de vrais succès dans les Consultation jeunes consommateurs, en instaurant un accès au cannabis thérapeutique et une politique de réduction des risques validée. Tout cela est prêt, tout cela peut être accentué. Mais pour que la mutation soit complète, il faut instaurer une vraie politique de régulation du cannabis. Ce qui se prépare dans d’autres pays, à l’instar du Canada, de la Californie et qui prévaut déjà dans de nombreux Etats américains comme le Colorado, doit être possible en France.


Définir les conditions de circulation de ces produits, leurs modalités de vente et d’achat, et donner à l’Etat les moyens d’une intervention plus équilibrée sur l’ensemble des opérations permettraient une approche économique des problèmes. La production de cannabis pourrait tout à fait être réalisée sur le territoire français, métropolitain ou ultramarin, créant ainsi des dizaines de milliers d’emplois. La distribution pourrait être encadrée, ce qui permettrait de restreindre l’accès aux mineurs plus efficacement qu’aujourd’hui, et de mieux détecter les usagers problématiques pour les aiguiller vers une prise en charge sanitaire adaptée. La légalisation encadrée permettrait également de mettre en place des droits d’accise spécifiques, à l’instar du tabac et de l’alcool. Au vu du volume actuel de la demande, ce sont plusieurs milliards d’euros qui alimenteraient les caisses de Sécurité sociale, au lieu de nourrir des réseaux criminels.


http://www.liberation.fr/debats/2017/06/08/oser-la-regulation-du-cannabis_1575355
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Alain Vasseur

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