Marseille - Un attentat contre un candidat à l’élection présidentielle a été déjoué.

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Marseille - Un attentat contre un candidat à l’élection présidentielle a été déjoué.

Message  Alain Vasseur le Mar 18 Avr 2017 - 17:59

18 Avril 2017.

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, deux hommes âgés de 29 et 23 ans, appartenant à la mouvance jihadiste, ont été interpellés par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et le RAID, ce 18 avril, dans le 3e arrondissement de Marseille.

Peu après, lors d’un point presse, le ministre de l’Intérieur, Mathias Fekl, a indiqué que ces deux suspects avaient « l’intention de commettre à très court terme, c’est à dire dans les tout prochains jours, un attentat sur le sol français. » Il a également précisé que « des perquisitions » et des « opérations de déminage » étaient en cours que ces dernières avaient apporté « des éléments permettant de matérialiser » leurs intentions.

Enfin, le ministre, qui n’a pas souhaité en dire plus sur « cet acte terroriste certain imminent », a rappelé que 50.000 policiers et gendarmes seront sur terrain lors des deux tours de l’élection présidentuelle, pour que « le scrutin se déroule de la meilleure manière qui soit. »

Une source proche de l’enquête citée par l’Express a indiqué que ce projet d’attentat visait un des candidats à l’Élysée. Les deux suspects, Mahiédine M. et Clément B., arrêtés dans le cadre d’une enquête en flagrance pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste », se seraient radicalisés lors d’un séjour en prison de Sequedin (Nord).

D’après France Infos, la DGSI a mis la main sur une photo montrant un fusil-mitrailleurs, des munitions, un drapeau de l’État islamique (EI) ainsi que la une du journal Le Monde, du 16 mars, qui concernait alors François Fillon.

Depuis quelques jours , la sécurité du candidat de la droite et du centre a été renforcée, avec le déploiement de tireurs d’élite lors de ses meetings électoraux.
Ainsi, le Midi Libre a rapporté qu’un « imposant dispositif de sécurité en marge du meeting » de M. Fillon à Montpellier, le 14 avril, avait été mis en place en raison d’une « menace terroriste prise au sérieux ». Et le quotidien de citer le déploiement de « tireurs d’élite, militaires en armes, avec l’antenne du Raid et la brigade de recherche et d’intervention de la police judiciaire de Montpellier. Sans compter des équipes de sécurité renforcées au pied de la tribune, dans la salle. »

Les deux suspects étaient recherchés depuis plusieurs jours. Leur signalement avait été transmis aux équipes de campagne des candidats.

« On nous a effectivement prévenu jeudi dernier [13 avril] », a confirmé un membre de l’entourage d’Emmanuel Macron. « Nous savions depuis quelques jours qu’il existait une menace précise et qu’un commando était recherché », a confié un proche de François Fillon au Journal du Dimanche, qui a diffusé les photographies des deux individus. L’hebdomadaire affirme aussi à leur sujet qu’il s’agirait des « revenants », c’est à dire des jihadistes susceptibles d’avoir combattu dans les rangs de l’EI en Irak ou en Syrie.

http://www.opex360.com/2017/04/18/attentat-candidat-lelection-presidentielle-ete-dejoue/


http://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/deux-hommes-soupconnes-de-preparer-des-attentats-pendant-la-presidentielle-arretes_2151177.html


http://www.midilibre.fr/2017/04/14/montpellier-alerte-terroriste-et-securite-maximale-au-meeting-de-francois-fillon,1492962.php


http://www.lejdd.fr/politique/presidentielle-arrestation-a-marseille-de-deux-hommes-soupconnes-de-preparer-un-attentat-3298220


http://www.lepoint.fr/societe/marseille-2-hommes-soupconnes-de-preparer-un-attentat-imminent-arretes-18-04-2017-2120514_23.php


http://www.midilibre.fr/2017/04/18/deux-hommes-soupconnes-de-preparer-un-attentat-imminent-arretes-a-marseille,1493898.php


http://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/4412282/deux-hommes-soupconnes-de-preparer-un-attentat-arretes-ce-matin-a-marseille.html


Dernière édition par Alain Vasseur le Mer 19 Avr 2017 - 4:52, édité 1 fois
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Les deux suspects projetaient une action "violente et imminente" sur le territoire français.

Message  Alain Vasseur le Mar 18 Avr 2017 - 22:06

Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris Région, France Bleu Nord, France Bleu Provence et France BleuMardi 18 avril 2017 à 20:06 Mis à jour le mardi 18 avril 2017 à 20:54

Les deux hommes interpellés à Marseille ce mardi et soupçonnés de préparer un attentat étaient "aussi méfiants que déterminés", a précisé François Molins, le procureur de la République de Paris, ce mardi soir. Trois kilos d'explosif, des armes et un drapeau du groupe Etat islamique ont été saisis.

Deux hommes "radicalisés" suspectés de préparer un attentat "imminent" en France ont été interpellés mardi à Marseille, à cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle. Les deux hommes, "aussi méfiants que déterminés", projetaient de commettre une "action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées", a déclaré le procureur de Paris François Molins lors d'une conférence de presse ce mardi soir.

Trois kilos d'explosif, des armes et un drapeau du groupe Etat islamique retrouvés


François Molins a ajouté que trois kilos d'explosif TATP,un explosif artisanal prisé des jihadistes, des armes et un drapeau du groupe Etat Islamique ont été retrouvés dans l'appartement loué par les deux suspects dans le centre de Marseille. Les enquêteurs ont découvert un fusil mitrailleur, deux armes de poing, un pistolet automatique, des sacs et boîtes de munitions, un silencieux et un couteau de chasse. Mais aussi une grenade artisanale contenant du TATP, un sac de boulons, des mèches, des produits chimiques de conditionnement, des bouteilles d'acétone et d'eau oxygénée, a-t-il détaillé. Le plus âgé des deux hommes cherchait à entrer en contact avec l'Etat islamique pour leur transmettre "une vidéo d'allégeance ou de revendication", d'après François Molins. Il a précisé qu'une "vidéo interceptée le 12 avril dernier" montrait "une table sur laquelle est posée un fusil mitrailleur de type UZI""le drapeau noir de l'Etat islamique", "des dizaines de munitions disposées afin d'écrire la loi du talion" et _"la une d'un quotidien", Le Monde datée du 16 mars 2017 "avec en couverture un candidat à l'élection présidentielle",_ en l'occurrence François Fillon. L'un des hommes avait également des liens avec des djihadistes belges, d'après François Molins.

Deux suspects originaires du Nord et de région parisienne


Les deux suspects sont de nationalité française. Mahiédine M., âgé de 29 ans, est originaire de la région des Hauts-de-France. Il est né à Croix, dans le Nord, d'après les informations de France Bleu Nord. Le second, Clément B., âgé de 23 ans, est originaire de la région parisienne. Les deux suspects se sont connus en détention en 2015, à la prison de Sequedin (Nord). "Ils ont partagé la même cellule pendant 2 mois", a expliqué le procureur. Ils étaient incarcérés pour des faits de droits communs. Ils sont fichés S depuis 2016 et 2015.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/terrorisme-ce-que-l-sait-du-projet-d-attentat-dejoue-qui-visait-la-campagne-presidentielle-1492538011


http://www.20minutes.fr/societe/2052063-20170418-attentat-dejoue-faut-retenir-conference-presse-procureur-molins


http://www.lci.fr/faits-divers/menaces-d-attentat-ce-que-l-on-sait-des-deux-suspects-arretes-a-marseille-2045372.html



https://www.afp.com/fr/infos/334/un-attentat-imminent-dejoue-deux-hommes-arretes
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Attentat déjoué à Marseille : les deux suspects sont mis en examen et écroués.

Message  Alain Vasseur le Dim 23 Avr 2017 - 18:42

Les deux hommes qui sont suspectés d'avoir projeté un attentat viennent d'être mis en examen ce dimanche notamment pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes. Ils sont écroués. Ils avaient été arrêtés à Marseille mardi dernier. 
Par Karine BellifaPublié le 23/04/2017 à 18:18 Mis à jour le 23/04/2017 à 18:19


Les deux hommes interpellés mardi dernier dans le 3ème arrondissement de Marseille ont été mis en examen et écroués. Ils sont notamment mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes, acquisition, détention, transport d'armes et d'explosifs. 

Trois kilos d'explosifs

Des armes et trois kilos d'explosifs de type TATP avaient été retrouvés dans l'appartement qu'ils louaient rue de Crimée. Certains explosifs étaient prêts à l'emploi.



http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/attentat-dejoue-marseille-deux-suspects-sont-mis-examen-ecroues-1238793.html



http://www.20minutes.fr/france/2055095-20170423-attentat-dejoue-marseille-deux-suspects-mis-examen-ecroues
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Attentat déjoué. Cinq proches des djihadistes de Marseille interpellés.

Message  Alain Vasseur le Mar 25 Avr 2017 - 19:24

Cinq nouvelles personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur l'attentat déjoué en pleine période électorale.

Cinq personnes ont été interpellées mardi par la police antiterroriste dans le cadre de l'enquête sur l'attentat déjoué en pleine période électorale, pour lequel deux suspects avaient été arrêtés à Marseille.

Ces cinq personnes, arrêtées dans l'est et le sud de la France, sont soupçonnées d'avoir été en contact avec Clément B., 23 ans, et Mahiedine M., 29 ans, mis en examen dimanche, notamment pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes, acquisition, détention, transport d'armes et d'explosifs.

Les enquêteurs cherchent à « éclaircir la nature exacte de leurs relations avec les deux suspects », en particulier Clément Baur, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier.

Les policiers de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) épaulés par les hommes du Raid ont procédé à l'interpellation de quatre hommes à Nancy dont trois à leur domicile et d'un cinquième à Miramas (Bouches-du-Rhône).

Les deux hommes contestent les faits


Avec l'arrestation mardi à Marseille, de Clément B. et Mahiedine M., la menace terroriste avait fait irruption dans la campagne présidentielle, bouleversée deux jours plus tard par une nouvelle attaque djihadiste au cours de laquelle un policier a été tué sur les Champs-Elysées, portant à 239 le nombre de morts dans la vague d'attentats qui frappe la France depuis 2015.

Au cours des cinq jours passés en garde à vue, « Mahiedine M. a exercé son droit au silence face aux enquêteurs. Clément B. s'est un peu plus exprimé. Mais tous deux contestent un projet précis d'action violente », a rapporté une source proche de l'enquête.

« Aussi méfiants que déterminés », ils se préparaient à agir « de manière imminente sur le territoire français », avait déclaré le procureur de Paris, François Molins, à la tête du parquet antiterroriste.

Un important arsenal a été découvert dans l'appartement marseillais loué par Clément Baur: un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, des sacs de munition, trois kilos d'explosifs de type TATP, dont une partie prête à l'emploi, et une grenade artisanale.


http://www.ouest-france.fr/terrorisme/attentat-dejoue-cinq-proches-des-djihadistes-de-marseille-interpelles-4949405



Antiterrorisme : Quatre personnes interpellées en Lorraine
https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/antiterrorisme-quatre-personnes-interpellees-en-lorraine-1493149240

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Attentat déjoué : Marseille semblait bien visée, selon une note de la DGSI.

Message  Alain Vasseur le Mer 26 Avr 2017 - 21:27

Par Thibault Maisonneuve, France Bleu Provence et France BleuMercredi 26 avril 2017 à 18:18 Mis à jour le mercredi 26 avril 2017 à 21:07

Selon une note de la DGSI, Marseille semblait bien visée par les deux hommes suspectés de vouloir commettre un attentat et arrêtés la semaine dernière. Des recherches sur des bars ont été faites par les deux suspects.


Selon une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les deux hommes arrêtés il y a une semaine à Marseille et suspectés d'avoir préparé un attentat avaient fait des recherches sur des lieux de fête, affirme Europe 1.

Les suspects ont cherché l'adresse de bars à Marseille



Les enquêteurs ont analysé les six téléphones portables des suspects et ont trouvé des photos des rues de Marseille. Ils ont également cherché des bars à Marseille accueillant des étrangers, notamment des Russes, des Américains ou des Israéliens. Ils recherchaient "des sources d'inspiration" selon une source proche du dossier.


Un plan de Marseille retrouvé dans l'appartement



Lors de sa conférence de presse, François Molins, procureur de la République de Paris, avait indiqué que des armes à feu, 3 kilos d'explosifs TATP mais aussi des cagoules, des masques et un plan de Marseille avaient été retrouvés dans l'appartement occupé par les deux hommes, rue de Crimée à Marseille.

Cinq hommes en garde à vue



Mercredi, les enquêteurs ont arrêté cinq autres personnes dont une à Miramas et présentée comme "un contact" toujours selon une source proche du dossier. Les policiers veulent savoir si elles ont apporté un soutien aux deux suspects.


https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/attentat-dejoue-marseille-semblait-bien-visee-selon-une-note-de-la-dgsi-1493223488



https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-cible-des-terroristes-c-etait-bien-marseille-1493211245



http://www.europe1.fr/societe/attentat-dejoue-les-cibles-des-suspects-a-marseille-se-precisent-3311870


Attentat déjoué à Marseille: Clément Baur, de catholique pratiquant à terroriste...

http://www.20minutes.fr/marseille/2057331-20170426-video-attentat-dejoue-marseille-clement-baur-catholique-pratiquant-terroriste-islamiste-presume

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Attentat déjoué à Marseille : un duo singulier, des cibles précisées.

Message  Alain Vasseur le Ven 16 Juin 2017 - 3:13

Par Willy Le Devin — 15 juin 2017 à 20:26


«Libération» a eu accès à des éléments nouveaux dans l’enquête sur des attaques avortées avant la présidentielle. Les deux suspects, devenus inséparables après leur rencontre en prison, visaient un meeting de Marine Le Pen, des bureaux de vote et des bars.



L’arrestation s’est déroulée sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré. Un miracle, au regard de l’arsenal qui sommeillait dans la planque et de la savante discrétion des deux suspects. Voilà plusieurs jours que les agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont engagés dans une traque sans retour. S’ils échouent, ils le pressentent, quelque chose de potentiellement énorme pourrait arriver. Ce mardi 18 avril, après avoir épuisé tout ce que la technologie permet en termes de surveillance téléphonique, les limiers se présentent enfin au pied de l’immeuble tant recherché. Une adresse, située dans le IIIe arrondissement de Marseille, qu’ils connaissent pour appartenir à une pointure locale du trafic d’armes.


Alors qu’ils se harnachent, prêts à monter à l’assaut, les policiers voient un homme apparaître dans le hall. Ils n’en croient pas leurs yeux, mais Mahiedine Merabet, 29 ans, l’un des deux hommes derrière lesquels ils courent éperdument, descend faire une course à l’épicerie en… claquettes. Calme, il marche le bras en écharpe, séquelle d’une récente chute à vélo. Après l’avoir appréhendé sans difficulté, les policiers s’engouffrent dans la cage d’escalier à toute vitesse. Ebahis, ils tombent cette fois sur un homme discutant tranquillement au téléphone, assis sur les marches. A son tour, il est interpellé et menotté. Il s’agit de Clément Baur, 23 ans, complice présumé de Merabet.


Les deux hommes étaient unis par un destin macabre. Ils se sont connus entre janvier et mars 2015, alors qu’ils étaient dans la même cellule, au 1er étage de la prison de Lille-Sequedin. Devenus inséparables, ils ont élaboré ensemble un projet d’attentat à la sophistication étonnante. En pénétrant dans leur antre marseillais, les policiers ont découvert 3,5 kilos de TATP, dont une partie séchait encore sur trois étagères. Baur et Merabet, qui avaient tapissé les murs de photos d’enfants syriens morts ou blessés par l’armée de Bachar al-Assad, s’étaient également procuré un pistolet-mitrailleur Uzi, un pistolet automatique Mauser, des chargeurs garnis, deux armes de poing, un sac de boulons, un couteau de chasse, une cagoule, ainsi qu’une caméra GoPro.


Petites coupures dans sa chambre



Le 12 avril, soit six jours avant l’interpellation, Mahiedine Merabet cherche à envoyer une vidéo d’allégeance à un membre de l’Etat islamique. Le jihadiste ne le sait évidemment pas, mais il vient de se jeter dans la gueule du loup. Le destinataire, qu’il croit être membre de l’organisation terroriste, n’est autre qu’un des multiples cyberpatrouilleurs de la DGSI infiltrés dans les réseaux. L’épisode donne un sacré coup d’accélérateur à la traque effrénée des deux hommes. Sur la vidéo, le Uzi saisi dans la planque apparaît à côté d’un drapeau de l’EI et d’une phrase formée avec des munitions, «la loi du talion». La séquence montre également la une du journal le Monde daté du 16 mars, consacrée à François Fillon.


Il n’en fallait pas plus pour que certains médias, peu soucieux de l’exactitude, intitulent leurs articles consacrés à l’affaire «Attentat contre François Fillon». Si la protection du candidat LR avait été renforcée - de même que celles d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen - les enquêteurs ont acquis aujourd’hui la conviction que Fillon n’était pas directement visé. En revanche, le meeting de la candidate du Front national qui se tenait le mercredi 19 avril à Marseille - à quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle - figurait, lui, parmi les cibles de Baur et Merabet. Les deux hommes ont en outre effectué des recherches sur des bars marseillais. Enfin, il semble qu’une attaque contre des bureaux de vote marseillais le dimanche du premier tour de la présidentielle ait été envisagée. Pour se figurer les itinéraires possibles, Baur et Merabet avaient affiché une carte de la ville sur les murs de l’appartement. En garde à vue, Mahiedine Merabet, délinquant endurci et familier des interrogatoires, demeurera mutique. Clément Baur, lui, concède l’existence d’une action terroriste, même s’il en minimise au maximum la portée.


Le parcours du binôme est singulier à bien des égards. Né en 1987 à Croix, dans le Nord, Mahiedine Merabet mouille un premier temps dans le trafic de stups. En octobre 2013, les policiers saisissent 1,5 kilo de cannabis et 5 600 euros en petites coupures dans sa chambre. 1 500 euros seront également exhumés dans sa voiture. A l’audience, couverte à l’époque par la Voix du Nord, Merabet joue le refrain d’une épée de Damoclès qui pesait sur ses épaules : «Je suis menacé, je dois rembourser des dettes, parce que, déjà, je me suis fait cambrioler et que les voleurs ont emporté beaucoup de cannabis et d’argent.» Les juges n’y croient guère, ils le condamnent à trois ans de prison. Incarcéré à Lille-Sequedin, Merabet s’inscrit au culte musulman et, selon le Parisien, fait l’objet d’une surveillance pour un trafic supposé de cannabis au parloir.


Le 19 janvier 2015, Merabet voit Clément Baur atterrir dans sa cellule. Le natif d’Ermont, dans le Val-d’Oise, vient d’être condamné à quatre mois de prison pour détention de faux papiers lituaniens. Contrôlé trois jours plus tôt dans un TGV reliant Bruxelles à Nice, il avait affirmé s’appeler Ismaïl Abdoulaef aux douaniers. Ceux-ci tiquent, débarquent Baur à Lille et le remettent aux policiers. L’histoire du jeune homme bascule alors dans l’invraisemblable. Aux magistrats, il explique (en français) s’appeler Ismaïl Djabrailov, être né le 1er septembre 1992 à Kizliar, en Russie, et avoir acheté des faux papiers lituaniens pour ne pas être expulsé vers le Daguestan, une république du Caucase subissant une sévère répression de Moscou. Baur, qui parle un russe châtié, est si persuasif qu’il est incarcéré à Sequedin sous ce faux nom.


Selon les enquêteurs, Clément Baur est déjà fortement radicalisé à l’époque. A 14 ans, il s’est converti à l’islam au contact de Tchétchènes à Nice - ville où réside sa mère divorcée. Doué pour les langues, il apprend le russe puis l’arabe en un rien de temps. Adolescent, Clément Baur manifestait une grande soif de spiritualité. Catholique pratiquante, sa mère l’avait emmené aux Journées mondiales de la jeunesse de l’Eglise. Une expérience qui avait plu à Baur. Son rêve ? Devenir couvreur pour participer à l’édification de lieux de culte - églises, mosquées, temples protestants. Pour cela, il intègre quelques mois les Compagnons du devoir, mais échoue rapidement. Son avocate, Charlotte Cesari, assure «ne toujours pas avoir identifié l’élément ayant fait basculer Clément Baur dans l’islam radical».


Il jongle avec les fausses identités



A la fin de l’année 2014, Clément Baur rompt brutalement avec sa famille et disparaît. Ses proches signalent à plusieurs reprises sa radicalisation, ce qui engendre la création d’une fiche S - pour «Sûreté de l’Etat». A sa mère, il dira depuis le réseau social russe VKontakte être parti en Syrie et vouloir décapiter son père. En réalité, hormis ses quatre mois d’incarcération à Lille-Sequedin, Baur gravite entre la Belgique et l’Allemagne. Il habite un temps à Liège, puis à Verviers, où il côtoie la communauté tchétchène. Il fraye même avec Francesco P.L.J., un jihadiste de la ville, ce qui lui vaut d’être visé par une enquête en Belgique. Habile, il jongle avec les fausses identités, allant jusqu’à duper I. et K., deux femmes avec lesquelles il sort plusieurs mois en 2015 et 2016. Originaires du Caucause, elles ne connaîtront jamais la véritable identité de leur compagnon, qui se dit alors koumyk, une ethnie musulmane du Daguestan.


En mars 2016, Merabet est libéré de la prison de Saint-Omer (Pas-de-Calais), où il a été transféré après Sequedin. A son tour, il est fiché S par la DGSI. Le binôme se reforme, cette fois-ci pour le pire. Baur s’établit chez son acolyte à Roubaix. Le 7 décembre, après avoir appris que Merabet cherchait à se procurer des armes, la police y mène une perquisition administrative. Ils découvrent un drapeau de l’EI, de la documentation jihadiste, ainsi qu’un homme prétendant s’appeler Arthur Kamalov. Ils ne comprendront que bien plus tard qu’il s’agit en réalité de Clément Baur.


Le lendemain, Merabet file à l’anglaise et ne recevra jamais l’assignation à résidence qui devait lui être notifiée. Le 12 décembre, il est contrôlé par les douaniers luxembourgeois en compagnie de Arzu Yuruk C., une de ses multiples conquêtes, et avec 5 000 euros. Quelques semaines plus tard, il retrouve Baur à Vandœuvre-lès-Nancy, en Meurthe -et-Moselle, lieu où semble avoir émergé l’idée plus précise d’un attentat.


«Laissez-moi respirer, je n’ai rien à vous dire»



Le 4 avril, le commissariat de Roubaix est destinataire d’un message peu commun : «Je vous donne ma pièce d’identité et ma carte [bancaire], car à cause de vous, je n’en ai plus l’utilité. Je vais bientôt me rendre, on discutera. Vous, les forces de l’ordre, que me voulez-vous ? Laissez-moi respirer, je n’ai rien à vous dire. Je vis d’amour et d’eau fraîche, je médite. Laissez-moi tranquille. Salut !» L’expéditeur s’appelle Mahiedine Merabet. Le même jour, le binôme embarque dans une voiture direction Marseille. La réservation a été effectuée par Merabet à l’aide d’un faux compte BlaBlaCar au nom de Maxime Manga. Durant la traque, la DGSI a auditionné des dizaines de chauffeurs pour retrouver la trace des fuyards.


Soucieux de leur postérité, Mahiedine Merabet et Clément Baur se filmaient durant leurs préparatifs. Sur une carte mémoire saisie dans l’appartement marseillais, les enquêteurs ont retrouvé les rushs de tutoriaux livrant les secrets de la fabrication d’explosifs.


Willy Le Devin



http://www.liberation.fr/france/2017/06/15/attentat-dejoue-a-marseille-un-duo-singulier-des-cibles-precisees_1577168
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