Paris - Le procès de la cellule « Cannes-Torcy », matrice du djihadisme hexagonal.

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Paris - Le procès de la cellule « Cannes-Torcy », matrice du djihadisme hexagonal.

Message  Alain Vasseur le Jeu 20 Avr 2017 - 21:24

Vingt accusés comparaissent devant la cour d’assises spéciale de Paris, chargée des crimes terroristes pour des tentatives d’attentats entre 2012 et 2014.
LE MONDE | 20.04.2017 à 06h42 • Mis à jour le 20.04.2017 à 11h12 | Par Elise Vincent

C’est un procès monstre comme le djihadisme hexagonal n’en a pas encore connu, qui s’est ouvert, jeudi 20 avril au matin, devant la cour d’assises spéciale de Paris, chargée de juger les crimes terroristes. Le procès de la cellule dite de « Cannes-Torcy », du nom d’un groupe d’une vingtaine de jeunes gens, accusés d’avoir été au cœur d’un réseau affinitaire ayant notamment conduit à un attentat raté à la grenade contre une épicerie casher, à Sarcelles (Val-d’Oise), le 19 septembre 2012. La matrice prémonitoire du terrorisme qui va se développer en France à partir de l’attentat de Charlie Hebdo, en janvier 2015, aux yeux de nombreux spécialistes.


Comme dans tous les procès hors norme, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 53 jours d’audience au programme – soit une fin des débats prévue le 7 juillet –, 85 tomes de procédure, 80 témoins cités, 14 experts et 20 accusés. Des chiffres qui décrivent en creux la préhistoire judiciaire qu’a été cette enquête – aujourd’hui les dossiers de terrorisme sont très « saucissonnés » – et la montagne de difficultés que risquent de rencontrer le président de la cour, Philippe Roux, ses quatre assesseurs et les deux avocats généraux – Sylvie Kachaner et Philippe Courroye – pour démêler l’écheveau des responsabilités.

Vingt jeunes gens âgés de 23 à 33 ans aux profils hétéroclites, dont sept comparaissent libres, sont en effet renvoyés devant la cour d’assises spéciale de Paris. Il y a parmi eux des garçons très « radicalisés » au casier judiciaire chargé, des « revenants » de Syrie, mais aussi toute une clique de convertis d’horizons sociaux divers : Alix Seng, 29 ans, enfant de réfugiés laotiens de tradition bouddhiste ; les frères Elvin, 30 ans, et Joan-Mich Bokamba, 26 ans, fils d’un haut responsable politique congolais, de foi évangélique. Ou encore Victor Guevara, 28 ans, issu d’une famille aisée du 8e arrondissement de Paris, autrefois renvoyé du très coté lycée Chaptal.

Le meneur mort en 2012


Le vrai meneur, « gourou » spirituel et opérationnel présumé de la cellule, Jérémie Louis-Sidney, ne sera toutefois pas là pour se défendre. Ce « fanatique », « ultraviolent », comme l’ont dépeint plusieurs accusés du dossier, est mort en 2012, un mois après l’attentat de Sarcelles. Il a été abattu lors de son interpellation alors qu’il mettait les forces de l’ordre en joue. C’est de son influence autour de deux mosquées, à Torcy (Seine-et-Marne) – où résidait sa mère – et à Cannes (Alpes-Maritimes) – où il avait un point de chute – que la cellule tire son nom.
En l’absence de ce leader, c’est Jérémy Bailly – considéré comme son bras droit et essentiellement basé à Torcy –, qui fera donc l’objet de principale figure repoussoir lors de ce procès. Agé de 29 ans, cet homme passé par les Témoins de Jéhovah et régulièrement en proie à des délires mégalomaniaques, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Tous les autres accusés – sauf deux qui risquent aussi la perpétuité – encourent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle. Des peines très lourdes, alors que la plupart des procédures pour terrorisme sont aujourd’hui jugées non aux assises mais en correctionnelle, où les prévenus risquent au maximum dix ans de prison – vingt en cas de récidive.

Si les vingt accusés risquent autant, c’est toutefois moins à cause de leur personnalité que parce que le démantèlement de la cellule « Cannes-Torcy » est un dossier à tiroirs qui ne manquera pas de faire débat. Il réunit pas moins de quatre tentatives d’attentat ratées, avortées ou déjouées en moins de dix-huit mois.

Panne de réveil


En septembre 2012, la grenade lancée dans l’épicerie casher de Sarcelles est allée par chance se loger sous une rangée de chariots. Le souffle de l’explosion n’a fait qu’un blessé léger. Mais cela n’a en rien découragé les jeunes gens renvoyés aujourd’hui devant la cour d’assises spéciale. Après cet échec relatif, ils sont accusés d’avoir continué de travailler à plusieurs attaques plus ou moins élaborées.

Ainsi, à peine quatre semaines après l’attentat raté de Sarcelles, selon l’accusation, la cellule vise un McDonald’s de Lognes (Seine-et-Marne). Le projet n’échoue que du fait de l’amateurisme de ses fomenteurs : l’un des participants présumés est censé apporter de l’essence pour incendier le fast-food. Mais il oublie de se réveiller…

Une troisième tentative d’attentat aurait ciblé, en juin 2013, le camp militaire de Canjuers (Var). Les repérages étaient faits, l’arme acquise. Quatre membres de la cellule sont accusés d’être particulièrement impliqués dans ce projet. Mais la compagne de l’un d’entre eux, un Tunisien sans-papiers de 28 ans, Meher Oujani, dénonce in extremis le projet douze jours avant, au détour d’une plainte pour « violences conjugales » dans un commissariat.

Le carnaval de Nice visé


La quatrième tentative d’attentat présumée aurait visé le carnaval de Nice, en février 2014. Il aurait pu s’agir du premier acte kamikaze sur le sol français avant les attentats du 13 novembre 2015. Les enquêteurs ont en effet acquis la très forte présomption qu’Ibrahim Boudina, 26 ans, un jeune homme d’origine algérienne sans diplôme, était prêt à mourir en martyr après son retour de Syrie, quelques semaines plus tôt.

Lors de perquisitions réalisées dans les parties communes du domicile de son père, ils ont retrouvé plusieurs charges explosives dissimulées. A cette époque, Ibrahim Boudina est l’un des quatre membres de la cellule « Cannes-Torcy » à avoir fait un séjour dans la zone irako-syrienne. Aujourd’hui, l’un d’eux est toujours soupçonné d’être là-bas et fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

Les dimensions prémonitoires du dossier « Cannes-Torcy » résident aussi là. Dans ce dernier projet d’attaque « aveugle ». Où la confession, la profession et les convictions politiques des victimes potentielles n’importent plus. Dans la « radicalisation » débridée plus générale aussi, des membres présumés de la cellule.

L’enquête révèle l’entrecroisement permanent entre apologie du terrorisme, haine antisémite, fascination pour la violence et attirance pour une pratique de l’islam « radical » en rupture avec tous les « mécréants ». La future organisation Etat islamique n’existe pas encore en tant que telle à cette époque. Les groupes combattants en Syrie sont alors surtout Jabhat Al-Nosra, puis l’Etat islamique en Irak et au Levant. Mais la fascination pour le djihad tous azimuts est déjà là.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/04/20/le-proces-de-la-matrice-du-djihadisme-hexagonal_5114008_1653578.html#PV3iAWGIm6RjqURJ.99



http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/proces-de-la-filiere-cannes-torcy-nous-sommes-face-a-une-matrice-des-attentats-de-charlie-hebdo-et-du-13-novembre_2154841.html



http://www.bfmtv.com/police-justice/proces-de-la-filiere-de-cannes-torrcy-l-un-des-cellules-jihadistes-les-plus-dangereuses-devant-la-justice-1146942.html
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Au procès de la filière jihadiste de Cannes-Torcy, le silence de la discorde.

Message  Alain Vasseur le Ven 21 Avr 2017 - 16:37

21/04/2017 à 15h36


L'attaque des Champs-Elysées de jeudi soir s'est invitée à la barre devant la cour d'assises spéciale de Paris. Au procès de la filière jihadiste de Cannes-Torcy, la cour a demandé une minute de silence en hommage au policier tué. La défense a évoqué une "instrumentalisation détestable".

Drôle d'ambiance aux assises de Paris où l'actualité, brûlante, percute le temps long de la justice. Au lendemain de l'attentat des Champs-Elysées, une minute de silence imposée par la cour jugeant la filière jihadiste de Cannes-Torcy a été vivement dénoncée par la défense.

Une "instrumentalisation détestable" pour les avocats des vingt hommes jugés par une cour qui, d'ordinaire, tient à distance les tumultes de l'actualité et la frénésie des réseaux sociaux, rappelant sans relâche que l'on juge des individus pour ce qu'ils ont fait, sans amalgame.

Ce vendredi matin, l'atmosphère est électrique. Chacun s'attend à un incident. Les uns redoutent "une réaction" des accusés à l'attentat de la veille, d'autres une "manipulation" des parties civiles.

La suite de l'article en cliquant sur le lien ci-dessous.
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Procès de Torcy : les enfants perdus de l'islam radical.

Message  Alain Vasseur le Dim 23 Avr 2017 - 14:50

Publié le 22/04/2017 à 07:18


«Toutes ces vies gâchées, ça me met en colère» : aux assises de Paris, la mère de Jérémy Bailly, considéré comme le numéro 2 de la filière jihadiste de Cannes-Torcy, a pleuré hier un fils «coupable et victime» à la fois.


«Je pense que mon fils est coupable, mais c'est aussi la proie d'un prédateur, la victime d'un terroriste. Bien sûr qu'il a commis des actes répréhensibles, mais c'est pas un gosse pourri».


Son fils unique, 29 ans, est le personnage central du groupe de vingt hommes jugés depuis jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris pour un attentat à la grenade contre une épicerie casher à Sarcelles (95) le 19 septembre 2012, des projets d'attaques contre des militaires et des départs en Syrie.


Les accusés sont amis d'enfance ou ont fréquenté les mêmes mosquées, fédérés autour de Jérémie Louis-Sidney, délinquant radicalisé abattu lors de son interpellation.


Jérémy Bailly, considéré comme le lieutenant de Jérémie Louis-Sidney, a reconnu durant l'enquête qu'il envisageait de «fabriquer une bombe» pour «la poser chez des militaires ou des sionistes». Mais il a nié avoir participé à l'attentat de Sarcelles.


La conversion de son fils à l'islam en 2009 avait été un premier choc pour Chantal Bailly : Ni elle ni le père de «Jamie», venu témoigner avant elle, n'ont vu venir sa radicalisation.
À la barre, Jérémy Bailly ne s'est pas étendu sur sa conversion, qu'il avait expliquée par un «choc spirituel» face à la nature : il aurait eu «mal au cœur en tuant un poisson».


Un élan positif qui le structurait, a-t-il dit, après un passé de petit délinquant «fumeur de shit», puis un passage chez les Témoins de Jéhovah.


Un coaccusé le dit acquis à l'idée du jihad armé. Un autre estime qu'il était prêt à «tuer des mécréants». Une liste manuscrite d'associations juives avait été retrouvée chez lui.


«Tout ça, c'était en 2012, j'ai changé. Je suis un prosélyte, mais je ne suis pas pour la violence», a-t-il affirmé. Il voit le jihad comme «une attaque en riposte», mais trouve qu'»enlever la vie, c'est beaucoup».


Le procès doit se poursuivre jusqu'au 21 juin.


http://www.ladepeche.fr/article/2017/04/22/2561160-proces-de-torcy-les-enfants-perdus-de-l-islam-radical.html
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La réclusion criminelle à perpétuité requise au procès Cannes-Torcy.

Message  Alain Vasseur le Sam 17 Juin 2017 - 2:11

Mis à jour le 16/06/2017 à 16:07 Publié le 16/06/2017 à 15:05


L'avocat général Philippe Courroye a requis ce vendredi la peine maximale à l'encontre de Jérémy Bailly, "le fidèle lieutenant" de Jérémie Louis-Sidney, feu leader de la cellule terroriste Cannes-Torcy.


L'avocat général a demandé à la cour d'assises spéciale d'assortir la peine de Bailly d'une période de 22 ans de sûreté.

l a en outre requis 25 ans de réclusion criminelle contre Kevin Phan, qui avait conduit la voiture lors de l'attaque à la grenade d'une épicerie casher, à Sarcelles, le 19 septembre 2012. Attentat imputé à Jérémie Louis-Sidney et Jérémy Bailly.


Aucun acquittement n'a été requis pour l'un des 20 accusés.


Outre Bailly et Phan, les peines demandées par Philippe Courroye s'échelonnent de 2 ans de prison à 20 ans de réclusion criminelle. Onze peines de réclusion criminelle (plus de dix ans de prison) ont été requises, avec à chaque fois une période de sûreté.

Les deux avocats généraux, Philippe Courroye et Sylvie Kachaner, avaient précédé ces réquisitions d'une longue analyse du dossier, ce jeudi et ce vendredi matin, près de deux mois après l'entame de ce procès hors normes. L'audience est suspendue.

La parole sera à la défense à compter de lundi. Verdict attendu le 22 juin.

http://www.nicematin.com/justice/la-reclusion-criminelle-a-perpetuite-requise-au-proces-cannes-torcy-146519




>> RELIRE. Cellule terroriste Cannes-Torcy: "le séjour à Cannes" au cœur des réquisitions

http://www.nicematin.com/justice/cellule-terroriste-cannes-torcy-le-sejour-a-cannes-au-coeur-des-requisitions-146230

>> RELIRE. Au procès Cannes-Torcy, les parties civiles fustigent "la nonchalance et la lâcheté" des accusés

http://www.nicematin.com/justice/au-proces-cannes-torcy-les-parties-civiles-fustigent-la-nonchalance-et-la-lachete-des-accuses-146204
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Filière djihadiste de Cannes-Torcy. Des peines jusqu'à 28 ans de prison.

Message  Alain Vasseur le Ven 23 Juin 2017 - 2:06

Modifié le 23/06/2017 à 01:19 | Publié le 23/06/2017 à 01:18


La cour d'assises spéciale de Paris a prononcé ce jeudi deux acquittements et des peines allant d'un à 28 ans de prison à l'encontre des accusés de la filière djihadiste dite de Cannes-Torcy, pour un attentat à la grenade à Sarcelles en 2012, des projets d'attaque et des séjours en Syrie.


Le verdict est tombé juste après la rupture du jeûne du ramadan, à l'issue de douze heures de délibéré, dans une salle surchauffée. A l'énoncé des peines, généralement largement inférieures aux réquisitions, les accusés semblaient soulagés. Aucun de ceux ayant comparu libres n'ira en détention. 


L'accusation avait demandé des « peines exemplaires », allant jusqu'à la perpétuité et assorties de périodes de sûreté, contre une filière redoutable, fruit du rassemblement des « frères » de Cannes (Alpes-Maritimes), sous les ordres de Jérémie Louis-Sidney, un chef violent « bouillant » de sa haine des juifs, et de Torcy (Seine-et-Marne), autour de Jérémy Bailly, le fidèle lieutenant.


Une grenade dans une épicerie casher de Sarcelles



En l'absence du chef, tué lors de son interpellation, la peine la plus lourde a été infligée à Jérémy Bailly, jugé coupable d'avoir lancé une grenade dans l'épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) le 19 septembre 2012, miraculeusement sans faire de mort.


Ostracisé par les autres accusés pour avoir dénoncé Bailly, Kevin Phan, le chauffeur de l'équipée de Sarcelles et benjamin du groupe, a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle.


Des peines de 14 à 20 ans de réclusion ont été prononcées à l'encontre des « Syriens » de la bande, la peine la plus lourde étant infligée à Ibrahim Boudina, qui a passé seize mois en Syrie et qui était selon l'accusation « revenu pour commettre un attentat » sur la Côte d'Azur.


Projet d'attaque contre des militaires



Jamel Bouteraa, qui n'a passé qu'un mois en Syrie mais est accusé d'avoir « fait des repérages en vue d'une attaque contre des militaires », a été condamné à 18 ans.


Le Tunisien Maher Oujani, le seul étranger du groupe, a été condamné à 13 ans de réclusion et à une interdiction définitive du territoire français.


Zyed Tliba, ancien militaire qui avait gardé des liens avec son frère Abdelkader, condamné à 14 ans pour un séjour en Syrie, et Nizar Jabri, qui avait fréquenté la bande des Cannois, ont été acquittés. La plus petite peine de prison, d'un an, a été prononcée contre Sofien Hamrouni, qui avait conduit deux de ses copains qui partaient vers la Syrie à l'aéroport.


http://www.ouest-france.fr/societe/justice/filiere-djihadiste-de-cannes-torcy-deux-acquittes-et-des-peines-jusqu-28-ans-de-prison-5082233



http://www.bfmtv.com/police-justice/proces-de-la-filiere-jihadiste-de-cannes-torcy-deux-acquittements-et-des-peines-de-un-a-28-ans-de-prison-1192685.html
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