Police ou gendarmerie, qui va protéger le président Macron ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Police ou gendarmerie, qui va protéger le président Macron ?

Message  Alain Vasseur le Lun 15 Mai 2017 - 17:04

15 mai 2017, 7h47


FAIT DU JOUR. Emmanuel Macron a été investi président de la République ce dimanche. Se pose désormais la question de sa sécurité en tant qu'homme d'Etat.

Le choix des hommes et des femmes composant le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) demeure l'une des dernières traditions monarchiques de la Ve République. François Mitterrand (1981-1995) avait choisi de s'appuyer sur une garde prétorienne composée de gendarmes. A l'inverse, Nicolas Sarkozy (2007-2012) ne jurait que par «ses» policiers. Pendant son quinquennat, François Hollande a misé, comme Jacques Chirac avant lui, sur la mixité police-gendarmerie. Emmanuel Macron entend préserver cet équilibre. Mais le flou demeure quant au commandement de l'unité.
 
Le chef de l'Etat sortant avait confié la direction du GSPR (64 personnes) à une contrôleuse générale de police, Sophie Hatt, lui maintenant sa confiance même lorsqu'elle fut publiquement contestée. Ce n'est que depuis la nomination de cette dernière à la tête de la Direction de la coopération internationale, en mars dernier, que son adjoint, un gendarme, le lieutenant-colonel Lionel Lavergne, a pris la suite. Soit près de cinq ans de commandement pour la police et... deux mois pour les gendarmes.
 

Macron affiche un certain détachement face à ces questions

 
Ces derniers entendent donc peser dans le prochain dispositif. Emmanuel Macron est entré dimanche à l'Elysée avec la quinzaine de policiers qui l'accompagnaient lors de sa campagne présidentielle. Comme d'autres avant lui, il affiche un certain détachement vis-à-vis de ces questions : «Si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort», lâche-t-il dans le documentaire «les Coulisses d'une victoire», diffusé sur TF1. Le risque terroriste permanent et la grogne sociale à venir risquent de le ramener aux dures réalités de l'exercice d'une présidence.


  Le Parisien



http://www.leparisien.fr/politique/police-ou-gendarmerie-qui-va-proteger-le-president-macron-15-05-2017-6949416.php


http://www.bfmtv.com/politique/voila-comment-est-protege-le-president-macron-1163607.html



Elysée : un gendarme à la tête du GSPR ? 


Sophie Hatt, commandant la sécurité rapprochée de François Hollande (GSPR) nommée à la tête de la DCI.


""Guerre à la tête du GSPR """
avatar
Alain Vasseur

Date d'inscription : 18/01/2015
Age : 64

Revenir en haut Aller en bas

Interview - Un ex-garde du corps :""le Président ne doit pas se sentir enfermé"".

Message  Alain Vasseur le Sam 20 Mai 2017 - 15:57

Publié le samedi 20 mai 2017 à 09:00  par Nathalie GILLOT


Emmanuel Macron va donner du fil à retordre à son personnel de sécurité. Il a déjà fait savoir qu'il se méfiait des consignes de sa protection rapprochée. Alain Le Caro, fondateur du Groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR), livre son expertise sur le sujet.



Cet ancien colonel de gendarmerie a fondé en 1982 le Groupement de sécurité de la présidence de la République, corps d’élite dévolu à la protection rapprochée du chef de l’Etat. Les premières réactions d’Emmanuel Macron sur les consignes de ces agents très spéciaux ne sont pas passées inaperçues. Dans le documentaire Les coulisses d’une victoire, le futur Président, sur le point de rendre visite aux salariés en colère de l’usine Whirlpool à Amiens, confiait : «Les mecs de la sécurité, ce n’est pas eux qu’il faut écouter (…) Il faut prendre des risques, aller au cœur de la bête à chaque fois. Parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme François Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes morts…» Des réflexions qui inspirent à Alain Le Caro, à la tête de cette unité jusqu’en 1988, un parallèle avec le style qu’imposa François Mitterrand dès sa prise de fonctions. Il relate d’ailleurs cette longue expérience dans un livre qui vient de paraître, Les mousquetaires du président. *


Que pensez-vous de l’attitude d’Emmanuel Macron à l’égard de sa propre sécurité ?

Le nouveau président ne souhaite pas être prisonnier d’un système sécuritaire trop lourd. Et il a parfaitement raison. On se trouve un peu dans le même cas de figure qu’avec le président Mitterrand : des menaces terroristes lourdes et des exigences sur la partie privée de sa protection. Avec la particularité que nous étions aussi chargés de protéger sa double vie et d’assurer la sécurité de son autre famille. Cela implique la présence d’une équipe efficace mais adaptable afin qu’il puisse se sentir libre et en même temps en sécurité. C’est au GSPR de se montrer suffisamment souple. Aller au contact de la population, c’est tout à fait possible mais ça se monte en amont. Il faut collecter du renseignement à l’avance. Avec le président Mitterrand, on disposait de renseignements opérationnels émanant de la cellule antiterroriste de l’Elysée (qui sera entâchée plus tard par l’affaire des écoutes et dissoute en 1989 -Ndlr). Lui aussi adorait aller au contact. Et cela a pu être fait y compris dans des contextes très agités de changements de gouvernement sous la pression sociale. On savait combien de temps rester à un endroit, glisser vers un autre pour ensuite revenir parfois au point de départ. Une complicité avait fini par s’instaurer entre la presse et la sécurité. Un jeu d’image, préparé à l’avance par la sécurité, s’est mis en place. Et derrière les barrières, des gars à nous étaient capables de détecter les gens dangereux. Un climat de confiance existait entre le président et nous. On lui interdisait rarement de se rendre quelque part mais quand cela arrivait, il se soumettait. Il n’y a jamais eu de conflit parce qu’il savait qu’on faisait le maximum. Se soustraire au conformisme de la règle sécuritaire et protocolaire, Mitterrand adorait cela.



La partie ne risque-t-elle pas d’être plus difficile entre le président Macron et l’actuel colonel de gendarmerie à la tête du GSPR ?

C’est au responsable de la sécurité de vendre son service, dans un esprit de confiance et de dialogue. C’est aux normes de sécurité de s’adapter aux besoins du président et pas l’inverse. C’est une conception qui, on le sait, est différente de celle appliquée aux Etats-Unis (où le Secret service, qui assure la protection du Président, a tous pouvoirs –Ndlr). Lors de sa création, nous avions mis en place une équipe souple qui ne répondait pas à des ordres d’une structure figée rendant compte au ministère de l’Intérieur. Depuis, le système s’est figé de plus en plus. Nous sommes revenus à ce qui préexistait avant 1982 : une structure sécuritaire solide mais qui fait peur au président et à son épouse. Par manque de confiance, des principes lourds sont mis en place. Alors qu’une remise en question permanente est nécessaire. Quand on a su que le président Mitterrand était malade, notre équipe a dû elle-même anticiper ses malaises. Le chef d’équipe lui tendait un papier quelconque pour faire croire à une urgence afin de nous permettre de le soustraire de son audience et de le conduire dans un endroit où il pouvait récupérer.



Si le président Mitterrand préférait les gendarmes, à partir de Jacques Chirac, ce sont des équipes mixtes de policiers et de gendarmes qui entourent le Président. Est-ce une bonne chose ?

Je ne crois pas. Pour éviter les problèmes entre police et gendarmerie, on a voulu mélanger deux genres, deux formations différentes qui cohabitent mais qui sont incapables de s’entraîner ensemble. C’est ce qui alourdit l’ensemble. Quand par exemple, un coup de feu est tiré accidentellement par un militaire de la gendarmerie départementale de la Vienne à Villognon (Charente) lors de l’inauguration en février dernier par François Hollande de la Ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, il n’est pas normal que le président reste seul à son pupitre. Il aurait dû être plaqué au sol aussitôt. Personne n’a osé prendre la décision de l’évacuer.



Quel recrutement préconisez-vous ?

Il faut des agents capables de s’adapter à toutes les formes d’intervention. Le profil s’est endurci pendant des années. Il faut certes des guerriers mais aussi des êtres authentiques avec des qualités de cœur. Le président ne doit pas se sentir enfermé. Associer efficacité et souplesse, c’est possible. Le président Macron peut s’inspirer de la sécurité du président Mitterrand, même si elle ne fut pas traditionnelle. Pour nos hommes, cela est allé jusqu’à l’accompagnement de sa recherche spirituelle et de sa mise en terre lors de ses obsèques. Ce sont six hommes du GSPR qui soulèveront le cercueil et le placeront sur leurs épaules.



Propos recueillis par Nathalie Gillot


* « Les mousquetaires du Président», par Alain Le Caro avec Gilles Halais (Editions Fayard)


http://www.vsd.fr/actualite/interview-un-ex-garde-du-corps-le-president-ne-doit-pas-se-sentir-enferme-21113
avatar
Alain Vasseur

Date d'inscription : 18/01/2015
Age : 64

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum