Corse - Les crimes de personnes "normales" devant les jurés (2014).

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Corse - Les crimes de personnes "normales" devant les jurés (2014).

Message  Alain Vasseur le Lun 22 Mai 2017 - 9:38

Par Isabelle Lucciani--22 mai 2017 à 9:08


Comment Monsieur Tout-le-Monde peut-il en arriver à l'homicide ? Comment un quinquagénaire, père de famille, au casier judiciaire immaculé en est-il venu à s'armer d'une carabine de chasse pour tirer à trois reprises sur un autre homme, le 10 mai 2014 ? Il y a quelques décennies, cet homicide aurait été qualifié de "crime passionnel".

Ne pas excuser ne signifie pas ne pas chercher à comprendre et c'est ce que tentera de faire, toute cette semaine, la cour d'assises de la Corse-du-Sud, présidée par Emmanuelle Bessone.

Elle reconstituera ce qui s'est passé le 10 mai 2014 sur les hauteurs de Pietralba. Comment Dominique E., gendarme à la retraite, a ôté la vie à Dominique R., employé de la Sécurité civile. Les deux hommes se connaissaient et avaient exercé ensemble en Guyane.

Mais Dominique E. n'a manifestement pas supporté que son épouse, Marie C., se sépare de lui pour refaire sa vie avec son ancien collègue.

Il y a trois ans, ce samedi 10 mai, il est entré au domicile de son ex-femme alors que le couple passait un week-end tranquille.

Après avoir tiré sur Dominique R., il n'a pas tenté de s'en prendre à qui que ce soit d'autre et a attendu les secours et la police sur les lieux sans chercher à s'enfuir.

Il a été très rapidement mis en examen et placé en détention provisoire après les faits.

La cour d'assises d'Ajaccio commencera à examiner cette affaire cet après-midi, à partir de 14 heures. Les débats sont prévus jusqu'à la fin de la semaine.

[...] l'intégralité de cet article dans le Corse-Matin du 22 mai


http://www.corsematin.com/article/article/les-crimes-de-personnes-normales-devant-les-jures


Dernière édition par Alain Vasseur le Mar 23 Mai 2017 - 3:30, édité 1 fois
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Un ancien gendarme devant la cour d'assises de Corse du Sud pour avoir tué son ex-compagne.

Message  Alain Vasseur le Mar 23 Mai 2017 - 3:29

Le verdict de la cour d'assise de la Corse du Sud et attendu à la fin de la semaine. Elle devra se pencher sur ce drame de la séparation. Le 10 mai 2014, Dominique E. tuait le compagnon de son ex-femme avec un fusil de chasse, en tirant à 3 reprises.


Par France 3 Corse ViaStellaPublié le 22/05/2017 à 19:00

L' accusé, le quinquagénaire Dominique E. serait saint d'esprit et d'une bonne intelligence. C'est ce qu'affirme cette après-midi, l'expert-psychiatre.

Ce sont les douleurs occasionnées par la séparation qui auraient précipité le passage à l'acte. Des faits reconnus par l'auteur le jour même du drame.

"Expliquer comment un homme arrive à ces extrémités, ne pas négliger le côté passionnel, parce que c'est un drame qui s'est noué ce 10 mai 2014 et expliquer le passage à l'acte et dans quelles conditions s'est déroulé le passage à l'acte pour écarter la préméditation", explique Me Jean-François Vesperini, avocat de la défense.



Le 10 mai 2014, Dominique E.t tuait le compagnon de son ex-femme avec un fusil de chasse, en tirant à 3 reprises. Dominique R., 55 ans, technicien de sécurité civile à Ajaccio, décédait avenue du Mont Thabor. Le couple louait dans ce quartier depuis quelques jours.

Les deux hommes se connaissaient et avaient exercé ensemble en Guyane.

"La partie civile est broyée par ce qui est arrivé parce que Madame projetait de refaire sa vie avec la victime qui a été tuée sous ses yeux. C'est un moment extrêmement difficile et ce qu'elle voudra démontrer, c'est l'entêtement de son ancien mari à obérer toute chance de rebondir dans la vie. Parce qu'il considérait que son couple ne pouvait pas tenir alors qu'il était détruit depuis fort longtemps", Me Marc Maroselli, avocat de la partie civile.

L'accusé surveillait son ex-compagne. Il lui avait offert un téléphone qui permettait de l'espionner et avait même placé une balise sur son véhicule.

Les débats vont durer 3 jours et 17 témoins seront entendus. Un délai très court pour la défense.



http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/grand-ajaccio/ancien-gendarme-devant-cour-assises-corse-du-sud-avoir-tue-son-ex-compagne-1259071.html
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Cour d'Assises de la Corse-du-Sud : entre le crime par jalousie et la pulsion autodestructrice.

Message  Alain Vasseur le Mer 24 Mai 2017 - 2:33

Par I. LUCCIONI--23 mai 2017 à 10:02


Est-ce que l'amour rend fou ? Les jurés de la Corse-du-Sud auront sans doute une vision moins romantique de la question au terme des débats.

Ils auront aussi une vision moins légère du trio du théâtre de boulevard (la femme, le mari, l'amant).

Car dans cette affaire, un homme en pleine force de l'âge a perdu la vie. Ramenant chacun à une époque archaïque où les séparations ne se faisaient pas par consentement mutuel, où les affaires de tromperies dans le couple se lavaient dans le sang.

Ce qui ressort, au terme d'une première demi-journée d'audience, menée au pas de charge par la présidente Emmanuelle Bessone c'est que Dominique E. et Marie C. formaient ce qu'on appelle familièrement un couple pathologique.

Car en examinant la personnalité de l'accusé, c'est forcément l'histoire de son couple qui est mise en avant. Un couple qui démarre de manière très banale, en 1989. Un gendarme mobile en poste à Ajaccio, Dominique E., rencontre une aide soignante de l'hôpital de la Miséricorde, Marie C. Ils se plaisent, se marient deux ans plus tard.

"Uniquement à la mairie, Marie ne voulait pas de mariage religieux. Elle avait eu une mauvaise expérience quand elle était témoin de Jéhovah", semble regretter l'accusé. Deux enfants naissent.

Puis Dominique E. est nommé en Guyane. Et le couple part s'y installer en 1997. C'est là qu'ils rencontrent Dominique R., qui est également gendarme, et son épouse. Les deux couples se fréquentent. Mais, déjà, une liaison débute entre Marie C. et Dominique R. Le mari ne veut pas y croire.

"Je l'ai su officiellement lorsque ma femme me l'a dit. Il y avait beaucoup de ragots à la caserne, mais je ne voulais pas y croire. Je lui ai pardonné", assure l'accusé....

[...] l'intégralité de cet article dans le Corse-Matin du 23 mai (Abonnés).

http://www.corsematin.com/article/article/cour-dassises-de-la-corse-du-sud-entre-le-crime-par-jalousie-et-la-pulsion-autodestr



http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/grand-ajaccio/ancien-gendarme-devant-cour-assises-corse-du-sud-avoir-tue-son-ex-compagne-1259071.html
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Dominique E. condamné à 15 ans de réclusion criminelle

Message  Alain Vasseur le Dim 28 Mai 2017 - 22:06

Par Isabelle LUCCIONI--26 mai 2017 à 8:44


Les jurés ont retenu la préméditation mais ils ont également tenu compte du contexte dans lequel l'assassinat de Dominique R. s'est déroulé et n'ont pas totalement suivi les réquisitions

Les jurés ont tranché. Au terme d'un peu plus de deux heures de délibération, ils ont condamné Dominique E. à 15 années de réclusion criminelle pour l'assassinat de Dominique R., le 10 mai 2014.

Tout au long des débats, les cinq hommes et l'unique femme, tirés au sort sur les listes électorales de Corse-du-Sud, se sont montrés particulièrement attentifs. Et cela malgré des conditions difficiles pour le maintien de la concentration avec des audiences longues et une chaleur d'étuve dans une salle d'audience à la climatisation défaillante. Hier matin, donc, au palais de justice d'Ajaccio, on jouait les prolongations en plein pont de l'Ascension. Et c'est dans l'étrange ambiance d'une ville désertée que l'avocate générale a pris la parole, à 8 h 30 du matin.

20 ans de réclusion requis


On l'avait peu entendue au cours des trois jours d'audience qui ont précédé. Il n'empêche qu'elle avait sa vision du dossier et qu'elle s'est attachée à le faire savoir. Pour Marion Brulez, il n'y a pas de place pour le doute. Dominique E. est un assassin qui a prémédité son geste de longue date. "Il ne s'agit pas de juger le couple Dominique E.-Marie C. mais Dominique E.", assène-t-elle d'entrée de jeu, gommant d'une phrase tout le contexte évoqué au fil des trois derniers jours d'audience.

Dans un réquisitoire condensé en une demi-heure, elle va empiler les éléments à charge et en faveur de la préméditation. "Peu avant le passage à l'acte, il se renseigne sur les armes et sur les crimes passionnels sur internet", rappelle-t-elle. Elle réfute le terme de passion et parle de "possession". Et introduit une notion qui n'est pas vraiment ressortie des débats (y compris de la part des parties civiles) : celle d'un homme qui considère sa femme comme sa propriété. Une lecture du dossier qui a conduit la représentante du ministère public à requérir 20 ans à l'encontre de l'ancien gendarme.

"Montagnes russes des sentiments"


Cette vision de l'affaire ne convient pas du tout, on s'en doute, à la défense.

D'entrée de jeu, Me Jean-François Vesperini s'est insurgé contre le montant des réquisitions. En rappelant qu'il faut "du temps pour comprendre".

"On ne peut pas juger 20 ans à toute vitesse !", a-t-il lancé à l'avocate générale. "Pour ma part, j'ai passé trois ans à écouter. À me demander comment cet homme a pu en arriver là. Comment il a pu devenir un meurtrier ?"

L'explication, pour lui, tient à la relation chaotique entre Dominique E. et Marie C.

"Cela va durer 15 ans. Elle revient, mais Dominique R. est toujours là. Et chaque fois qu'elle revient, Dominique E. reprend espoir et à chaque nouvelle séparation, le monde s'écroule. Il a vécu les montagnes russes des sentiments", développe-t-il.

Puis s'adressant directement à Marie C., il dit : "Pour moi, le tournant de cette histoire, c'est la troisième séparation. Il est à Paris depuis près de deux ans. Je suis intimement persuadé que si vous n'aviez pas rappelé votre mari en le suppliant de revenir, Dominique R. serait encore en vie."

Le pénaliste rappelle ensuite la lente descente de Dominique E. "Il a perdu 25 kilos. Il ne dort plus. Dans ce contexte-là, plus rien n'est rationnel" , expose-t-il.

Me Vesperini a lancé la première charge. Le bâtonnier Philippe Gatti va donner l'artillerie. "Je vous le dis Mme l'avocat général, vous êtes passée à côté du dossier. Vous dites que ce n'est pas un crime passionnel. Pourquoi ne l'avez-vous pas demandé aux experts ?" , attaque-t-il d'entrée de jeu.

Dosant la méthode et la passion, il va entraîner son auditoire dans cette affaire complexe. "Ce n'est pas une affaire de voyous, une histoire de partage de territoires. Les histoires de voyous c'est simple" , dit-il en demandant aux jurés de faire appel à leur raison et à leur bon sens. "Vous avez vu où mène l'incapacité d'écouter ? Elle mène là !" , tonne-t-il en désignant le box, dans son dos.

Il n'aura de cesse de demander aux jurés de faire preuve de nuance. De se rappeler que l'homme qu'ils jugent n'est pas un monstre. Ses recherches sur internet en pleine nuit, ses déplacements en voiture avec une arme dans le coffre, le jour du crime, ne signent pas la préméditation mais l'errance, pour Me Gatti. "Ce jour-là, Dominique E., il ne sait plus s'il monte ou s'il descend" , résume-t-il.

Comme son confrère en défense, il demandera l'indulgence. Et sera en partie suivi. Dominique E. et le parquet ont désormais 10 jours pour faire appel. Une éventualité qui semblait improbable, hier.


http://www.corsematin.com/article/article/dominique-escot-condamne-a-15-ans-de-reclusion-criminelle



http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/grand-ajaccio/ancien-gendarme-devant-cour-assises-corse-du-sud-avoir-tue-son-ex-compagne-1259071.html
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