Attaque à Notre-Dame: "Nous sommes tous des cibles", s'alarment les policiers.

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Attaque à Notre-Dame: "Nous sommes tous des cibles", s'alarment les policiers.

Message  Alain Vasseur le Jeu 8 Juin 2017 - 19:14

Par Iris Peron, publié le 08/06/2017 à 14:19 , mis à jour à 19:10


L'attaque d'un policier à Notre-Dame n'en est plus qu'une parmi tant d'autres. Devenues des cibles pour les terroristes, les forces de l'ordre s'inquiètent dans leurs rangs.



ToulouseCharlie HebdoMontrougeMagnanvilleLe LouvreOrlyles Champs-Élysées, et mardi, Notre-Dame. Les forces de l'ordre sont devenues les cibles privilégiées des djihadistes, avec une nette accélération de la violence ces derniers mois.  

Certains, comme les militaires Imad Ibn ZiatenMohamed Legouad ou Abel Chennouf, les policiers Ahmed MerabetFranck BrinsolaroClarissa Jean-Philippe ou Xavier Jugelé ont payé de leur vie ces attaques menées par les partisans du groupe terroriste Etat islamique. 


"On ne peut empêcher un policier en tenue de devenir une cible"



Dans les rangs de la police, l'inquiétude grandit. "Nous sommes tous devenus des cibles et les terroristes utilisent des moyens rudimentaires pour nous attaquer, on l'a bien vu mardi: l'assaillant a utilisé un marteau", déplore Axel Ronde, de la CGT police en Île-de-France. "Nous sommes tous sur la défensive, les missions de police sont encore plus prenantes quand on prend en compte ce risque", constate-t-il.  

"On a beau prendre les précautions maximales, on ne peut empêcher un policier en tenue de devenir une cible, si un individu a décidé de s'attaquer à lui. Il n'y a pas de risque zéro", abonde un syndicaliste policier, qui préfère l'anonymat. 


Pour Céline Berthon, du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), ces attaques successives ont conduit "les policiers à adopter une posture de vigilance permanente" qui peut "à long terme", "se ressentir sur l'état physique et psychologique de l'institution". "Cette menace terroriste sur les forces de l'ordre crée de l'insécurité supplémentaire, regrette la déléguée syndicale. Dans les quartiers hostiles, lors d'un braquage ou d'un cambriolage, les policiers savent quelle posture adapter. Mais là, ils sont menacés à tout moment. Un simple véhicule arrêté à un feu rouge devient une cible..." 


"Certains de nos collègues doivent partir en intervention à pied"



Avant le changement de gouvernement, les syndicats policiers ont déjà fait part de leurs revendications à l'Intérieur. "Notre demande sur les armes et le matériel a été entendue, se félicite Loïc Le Couplier de la branche Alliance à Paris. Nous sommes en train de recevoir des pistolets-mitrailleurs, des gilets pare-balles et des casques." 
 
"C'est plus compliqué avec les fusils d'assaut HKG36, ajoute-t-il, Nous avons reçu ces armes, mais il est complexe d'avoir une habilitation, sachant qu'elle doit être revalidée l'année suivante et qu'on manque de moniteurs et de stands de tir. A Paris par exemple, il y en a trois pour des milliers de policiers..." Le délégué syndical déplore également des problèmes sur le parc automobile. "Certains de nos collègues doivent partir en intervention à pied, car leur voiture est en panne...", critique-t-il.  


Axel Ronde, secrétaire de la CGT Police à Paris, s'interroge: "Comment faire, alors que le budget de 140 millions d'euros qui nous a été promis a été gelé pour la seconde fois?". Cette enveloppe, évoquée par l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors des manifestations de policiers en colère, fin octobre, aurait été bloquée pour la seconde fois, assurent les syndicats des gardiens de la paix.  


Pour une "autre utilisation des forces de l'ordre"



Lors de sa rencontre avec les services de l'ancien locataire de la place Beauvau, la CGT police a réclamé, une "réforme du renseignement territorial, avec la réintégration d'une police de proximité, qui aura une fonction de Renseignement". Mais aussi une "autre utilisation des forces de l'ordre, pour qu'elles soient moins vulnérables".  


Axel Ronde cite notamment les Compagnies de circulation, "dont les collègues sont éloignés des uns des autres et deviennent des cibles faciles, qui peuvent notamment être écrasées par des véhicules" et les CRS, qui "font des pauses dans leurs cars et deviennent des cibles molles, faciles, car rien n'est sécurisé à ce moment-là". Le syndicaliste fait référence à Xavier Jugelé, décédé d'une balle dans la tête alors qu'il se reposait, assis dans un car sur les Champs-Elysées.  


Des craintes sur la levée de l'état d'urgence



Céline Berthon, du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), s'inquiète du devenir de l'état d'urgence. "Il nous a donné accès à des moyens utiles pour la prévention et la sécurisation de la population, des espaces et des événements, sa levée ne doit pas nous priver de ces actes utiles", insiste la déléguée syndicale. 


De nombreuses mesures contenues dans cet état d'urgence, déjà renouvelé à cinq reprises, sont salutaires pour la mission des policiers, selon elle. Elle cite notamment "les perquisitions administratives, les assignations à résidence, les mesures permettant de sécuriser les grands événements et la fermeture des lieux de culte". Les policiers seront fixés sur ce point le 21 juin. Le gouvernement doit présenter en Conseil des ministres un texte visant à pérenniser certaines mesures exceptionnelles contenues dans l'état d'urgence. 



http://www.lexpress.fr/actualite/societe/attaque-a-notre-dame-nous-sommes-tous-des-cibles-s-alarment-les-policiers_1915554.html
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Alain Vasseur

Date d'inscription : 18/01/2015
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