La Réunion - L'agression de sept policiers le ramène derrière les barreaux.

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La Réunion - L'agression de sept policiers le ramène derrière les barreaux.

Message  Alain Vasseur le Mer 14 Juin 2017 - 4:03

Le Port    14 juin 2017, 06h00


LE PORT. Le tribunal correctionnel devait juger hier une énième affaire de violence sur policiers. Les forces de l'ordre, agressées dimanche matin lors d'une simple patrouille, avaient dû appeler des renforts pour maîtriser un individu particulièrement "féroce".

Encerclé de policiers, Julien Lebon inspire bruyamment en attendant le début de son procès. Face à son avocate, l'individu d'au moins 1m85, muscles saillants, s'effondre en larme. La tension est palpable. Fait rare mais sage précaution, il reste menotté tout au long de l'audience.

Dimanche matin, une patrouille de police circule dans les rues du Port. Elle voit une femme se disputer avec un individu qui semble agressif. Leur simple passage se fait sous une pluie d'insultes. Julien Lebon, nerveux, se dirige ensuite vers la voiture de police. Il se penche vers le sol, prend une pierre et la lance à la tête d'un des policiers. Puis il enchaîne, un coup de pied dans la portière et un coup de poing au visage.

Lors de l'interpellation, qui nécessite des renforts, l'individu se débat et crache au visage des policiers. Les injures et les menaces continuent de plus belle : "Sales chiens". "Je vais te retrouver et en finir avec ta race", rapporte l'une des victimes. L'homme de 26 ans, sous emprise de l'alcool et potentiellement de stupéfiants, évoque le djihad. "J'ai des amis tunisiens et marocains. Je vais entrer dans le commissariat avec mon fusil à pompe !", avant de finir en criant "Allahou akbar". Des propos confirmés par l'ensemble des victimes. Deux d'entre elles s'en sortent avec deux jours d'interruption de travail, dont l'une pour rotation du poignet, après que l'agresseur lui a tiré sur le bras.

À la barre, Julien Lebon, s'excuse, il soumet lui-même sa peine au tribunal: "Donnez-moi un an de prison pour chaque policier." Pour autant, il ne se souvient de rien. "J'étais en colère, j'étais saoul à fond la caisse !". "Et les rappels au djihad ?", questionne la présidente, Valérie Lebreton. "Je ne me rappelle même pas avoir dit que j'allais faire exploser le commissariat", soutient-il.

Le prévenu n'est pas un enfant de chœur. Il comptabilise neuf mentions à son casier dont quatre pour vol avec violences et menaces. Revenu de métropole pour une convocation chez le juge de l'application des peines (JAP), cela ne l'avait pas empêché de jouer au "kamikaze" trois jours plus tard face aux policiers.
Pour Me Laurent Benoiton, un tel "déchaînement de violence" est à mettre sur le compte des stupéfiants. Il sollicite, parallèlement à une peine de prison, l'indemnisation des policiers pour les préjudices moraux et physiques subis.

"Vous avez été décrit comme une bête féroce", rappelle Véronique Maugendre, qui requiert une peine d'au moins un an de prison avec mise à l'épreuve, ainsi qu'une révocation d'un sursis antérieur et le maintien en détention.

Me Sarah Daverio, avocate de la défense, explique l'attitude "kamikaze" et "suicidaire" de son client à l'audience par la perte de tout ce qu'il possède. Soutenant que son client a tenté de s'en sortir, elle demande une peine de prison faible avec révocation du sursis.

Prenant en compte les arguments de chaque partie, le tribunal condamne Julien Lebon à trois mois de prison ferme avec révocation du sursis antérieur de neuf mois et obligation d'indemniser les victimes.

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Alain Vasseur

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