Suisse - Le burn-out des policiers, cette souffrance taboue en Suisse romande.

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Suisse - Le burn-out des policiers, cette souffrance taboue en Suisse romande.

Message  Alain Vasseur le Dim 18 Juin 2017 - 22:46

Publié à 20:50 - modifié à 21:56


Stress, insultes et sentiment d'inutilité touchent parfois les policiers romands. Une souffrance au travail qui est souvent taboue et mène certains agents à l'épuisement professionnel. Témoignages.


"C'était quelque chose d'incompréhensible... Je ne l'avais jamais envisagé, je pensais être à l'abri de ce genre de phénomène..." Policier à Neuchâtel, Michel gérait des urgences sur le terrain, nuits et week-ends compris. Jusqu'à l'épuisement. Jusqu'au burn-out qu'il n'a pas vu venir.


Les insultes à répétition l'ont eu à l'usure, raconte-t-il. Une violence qui vise couramment les policiers en Suisse. En 2016, plus de 2700 infractions de violence contre les fonctionnaires, dont les agents de police, ont été recensées dans le pays, selon l'Office fédéral de la statistique (OFS). Des violences qui avaient connu une forte hausse dans les années 2000.

Le tabou de la souffrance



Comme dans d'autres milieux professionnels, les horaires irréguliers, le stress et l'envie de bien faire favorisent le burn-out chez les policiers. Mais au sein des forces de l'ordre, l'employé se doit d'être solide.


"Le contexte policier fait qu'il est extrêmement difficile de parler de la souffrance, des faiblesses", explique dans Mise au point dimanche la psychologue Magdalena Burba. "Et effectivement, c'est davantage tabou dans le milieu policier que dans d'autres milieux."


La doctorante de l'Université de Lausanne a recueilli les confidences de quelque 900 policiers. Ce qui l'a surprise dans ses recherches, c'est la perte de sens que ressentent les agents dans leurs tâches.


"Un policier est souvent amené à répéter les mêmes interventions, à arrêter une personne qui a commis un délit", illustre-t-elle. "Cette personne sera parfois relâchée et le policier sera amené à l'arrêter de nouveau, avec pour finir, l'impression de travailler dans le vide!"


Un établissement de santé pour les patients policiers



Tabou en Suisse, le problème a été empoigné en France. L'établissement Le Courbat, près de Tours, dans l'ouest du pays, est dédié aux policiers et gardiens de prison qui souffrent de burn-out ou d'addictions.


Les patients séjournent dans ce château français de la Loire unique en son genre durant un ou deux mois. La prise en charge est centrée sur la pratique du sport afin de permettre aux agents de retrouver l'estime de soi. Et à terme, de reprendre le service.


"Ce qui nous rend unique, c'est notre section d'état d'épuisement professionnel. C'est important parce que cela nous permet d'avoir accès à un certain nombre d'informations. Et cela donne surtout l'occasion de médiatiser le fait que l'épuisement professionnel existe bel et bien", explique Frédérique Yonnet, directrice du centre de soins.


Une mise en lumière qui permet de sortir du déni et de travailler sur la prise en charge.


https://www.rts.ch/article/8706588
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Alain Vasseur

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Suisse - Malaise policier…

Message  Alain Vasseur le Mar 20 Juin 2017 - 18:59

20 juin 2017     Frédéric Maillard    L'OBSERVATOIRE DES POLICES  


… l’urgence de lieux de vidage libres, neutres et indépendants

« Vos petits malheurs, je m’assieds dessus » clamait haut et fort (à l’adresse de tous les policiers présents), il y a à peine dix ans, le chef d’une police romande lors de son bilan annuel. Autre lieu : la Police cantonale vaudoise; à en croire son commandant, qui s’exprimait dimanche soir 18 juin 2017 sur RTS – Mise au point (sujet de Marie Abbet), la prise en considération de l’épuisement professionnel a bien évolué.

(2 minutes de lecture – le féminin est compris dans le texte)

Le burn-out des policiers

Au moins cinq causes ont été identifiées par les services de psychologie de plusieurs polices suisses. L’ordre d’importance varie selon les cas.

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[*]Des processus d’enquête et administratifs toujours plus complexes.
[*]Un environnement institutionnel oppressant – hiérarchie et voies de service – qui empêche ou étouffe la remise en question.
[*]Les causes extérieures – souvent inhérentes à la fonction de policier – se traduisant par des violences ou incivilités. Y compris les évènements critiques, à petite ou grande échelle “… qui sont une part non négligeable du stress des professionnels à risques” dixit Martine Bourquin, psychologue et ancienne déléguée du CICR.
[*]Des situations familiales et personnelles instables et/ou changeantes.
[*]Le manque d’effectif (variable selon les organisations).


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« J’ai l’impression que parfois nous souffrons de schizophrénie. C’est mal vu dans le job de parler de nos problèmes alors on prend sur nous » « Les autres, les étrangers, les asociaux deviennent nos boucs émissaires… » « Depuis l’introduction du Brevet fédéral (en 2014 ndlr.), on nous a mis à disposition des intervenants extérieurs pour relayer nos critiques. Mais, le problème, c’est que lorsqu’ils se sont exprimés, on a tout renié… ch’ais pas… on ne veut pas se voir dans le miroir… on est trop fier… bon, on nous a aussi formaté comme ça… »

(Extraits de témoignages recueillis en analyse des pratiques professionnelles et en formation continue dans le cadre du Diplôme supérieur de policier (Brevet fédéral II) et en formations continues internes au sein de trois corporations romandes, l’une cantonale, l’autre municipale et la dernière régionale, de 2009 à 2014)

Les hostilités exogènes

Force est de constater que nous sommes impuissants face aux comportements indignes de certains groupuscules à l’encontre de nos représentants d’État, qu’ils soient urgentistes sanitaires, régulateurs téléphonistes ou agents de police. Je pourrais encore évoquer, ici, les conditions de travail des agents pénitentiaires qui agissent en milieu fermé mais qui subissent aussi des pressions. Toutes ces violences sont inacceptables. Néanmoins, nous devons les distinguer des formes de contestation (dans la limite égale) de l’autorité auxquelles nous assistons depuis deux ou trois décennies. Ces dernières, comme autant de revendications, sont, de manière générale, profitables à la société et préviennent, le cas échéant, certains abus des pouvoirs institutionnels.

“C’est le sujet qui fâche, le grand dilemme, l’ambiguïté parfaite…” me signalait l’autre jour un chef opérationnel alémanique. Il complétait : ” Un ambulancier, peut-il se plaindre des accidents ? Un policier, peut-il se plaindre des hostilités ? Quelle proportion ? Quelle limite ? Tant de nos jeunes (aspirants policiers ndlr.) n’attendent que la fin de leur formation pour batailler en rue…”

L’exemple du corps médical

Le corps médical profite aujourd’hui de l’augmentation des savoirs et des exigences de ses patients. Il profite de leurs revendications et de leur autonomie grandissante pour renforcer les liens relationnels et élaborer des diagnostics plus précis. Le directeur de l’institut universitaire de médecine de famille du CHUV s’exprimait sur les ondes de la RTS radio La Première le mardi 13 juin 2017. Il n’hésite pas à reconnaître une part de responsabilité et à trouver que son propre enseignement n’est pas assez bon. Ces remises en question sont rares dans les milieux policiers. La tendance est plutôt d’imputer les tiers.

La société est en pleine mutation pour tous et impacte tous les secteurs professionnels.

Il est donc nécessaire, selon moi, de critiquer les institutions, leur fonctionnement afin d’épargner autant que possible les membres individuels.

Briser le tabou !

Des lieux de vidage dans toutes les polices

De l’avis même des policiers praticiens que je croise jour après jour, la création de lieux de vidage représenterait un réel progrès.

De tels lieux pourraient offrir de nombreux avantages.

Voici cinq exemples :

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[*]Le policier pourrait sortir son « joker professionnel » et éviter, à terme, une erreur pouvant se dégrader jusqu’à la faute avec son risque de bavure.
[*]Le policier pourrait sortir son « joker » à l’abri du regard de ses collègues et des mesures de qualification de sa hiérarchie.
[*]Le policier pourrait mieux maîtriser son destin professionnel, renforcer son autonomie et développer ses propres résolutions… sans attendre, parfois des mois durant, l’aval d’une dizaine de chefs successifs.
[*]Le policier pourrait bénéficier d’un diagnostic psychosocial neutre et indépendant.
[*]L’institution pourrait, quant à elle – enfin -, compter sur d’objectives statistiques afin de prévenir sérieusement les discriminations, les incapacités et dysfonctionnements opérationnels consécutifs aux formes d’épuisement professionnel.
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https://blogs.letemps.ch/frederic-maillard/2017/06/20/malaise-policier/
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Alain Vasseur

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