Val-de-Marne - Les juges d’instruction de Créteil menacent de libérer des détenus.

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Val-de-Marne - Les juges d’instruction de Créteil menacent de libérer des détenus.

Message  Alain Vasseur le Mar 27 Juin 2017 - 2:33

26 juin 2017, 18h42 | MAJ : 26 juin 2017, 22h24



Excédés par la surcharge de travail liée au manque d’effectifs, ils répliquent.


Entre 50 et 100 détenus provisoires pourraient être libérés à la rentrée de septembre. C’est l’une des menaces que des juges d’instruction du tribunal de Créteil (Val-de-Marne) se disent prêts à mettre à exécution si le ministère de la Justice n’allège pas rapidement leur charge de travail.
 
Ce coup de colère est une «réplique» à la proposition de la direction des services judiciaires de faire partir un des juges d’instruction. Ils ne seraient alors plus que onze (dont un magistrat «volant») pour gérer des montagnes de dossiers. «J’ai près de 130 dossiers à moi toute seule, dénonce la représentante du syndicat de la magistrature (à l’origine du communiqué avec l’union syndicale des magistrats, NDLR). Je dois gérer 60 détenus. Cela devient courant de demander à des juges des libertés et de la détention de prolonger la détention pour pouvoir interroger plus tard.»
 

Près de 500 détenus provisoires à Fresnes

 
Chaque jour, des demandes de remise en liberté doivent être traitées par les juges d’instruction. Et il y a aujourd’hui près de 500 détenus provisoires à la prison de Fresnes. «Attention, on ne libérerait pas non plus n’importe qui, précise la représentante syndicale. On ciblerait des personnes impliquées dans des petites affaires de stupéfiants ou des atteintes aux biens».
 
Les instructions liées aux affaires de stupéfiants, nombreuses dans le Val-de-Marne, sont particulièrement chronophages. «Ce dimanche, j’ai passé 15 heures à lire des écoutes téléphoniques, soupire la juge d’instruction. Je me souviens aussi avoir fait le choix de ne pas lire des écoutes quand les faits étaient reconnus a minima.» Avec un risque d’erreur judiciaire ? «Bien sûr qu’il peut y avoir des erreurs, reconnaît la magistrate. Ce n’est pas encore le cas mais on est fatigués. On va viser la qualité.»
 

Davantage de comparution immédiate

 
Autre conséquence de la surcharge de travail : les «petits dossiers libres», c’est-à-dire principalement les instructions ouvertes après la plainte d’un particulier avec constitution de partie civile, se retrouvent au bas de la pile. «Aujourd’hui, on est au stade où on ne gère plus que le flux, résume la juge d’instruction. On ne peut plus se permette d’interroger quelqu’un deux fois. On travaille dans l’urgence, on subit».
 
Pour tenter de limiter la casse, l’assemblée générale du siège a voté le 9 juin des audiences de comparution immédiate supplémentaires «pour absorber quelques lourdes procédures de trafic de stupéfiants habituellement destinées à l’instruction». En clair, quand les faits ne sont pas vraiment contestés, on juge tout de suite. Depuis quelques mois, la procureure a décidé de n’ouvrir des informations judiciaires (et donc de nommer un juge d’instruction) «uniquement quand c’est vraiment nécessaire» pour «décharger les juges d’instruction et obtenir un jugement rapide», confirme le parquet.
 
«Le nombre de juges d’instruction est largement insuffisant pour pouvoir gérer les mises en examen, abonde la représentante FO des magistrats du siège. C’est l’une des conséquences du très bon travail de la sûreté (Le service de police qui démantèle les trafics de stupéfiants dans les cités, NDLR).» Contacté ce lundi, le ministère de la Justice n’a pas pour l’heure donné suite à notre appel.

  leparisien.fr

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Alain Vasseur

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